Archives mensuelles : novembre 2009

GRIPPE A(H1N1) : la cacophonie généralisée des médecins généralistes.

Les centres de vaccination vont ouvrir plus longtemps et même le dimanche, nous dit-on.
Mais celles et ceux qui ne peuvent pas se déplacer vont attendre encore longtemps que leur médecin de famille les vaccine.
 
Début aujourd’hui de la vaccination des enfants de maternelle et de primaire. Début également pour les personnes de plus de 65 ans ayant une affection chronique. Des personnes dont on peut imaginer qu’elles ne vont pas se déplacer sur des kilomètres ni faire des heures de queue debout dans le froid !
 
On parle d’équipes « volantes » dédiées à ces situations. Quand on voit la pénurie de vaccinateurs et de médecins dans les centres, on imagine comme il sera facile de faire « décoller » ces équipes volantes.
 
Or, cette clientèle est celle que voit et suit régulièrement le médecin généraliste. Le seul acteur de santé auquel on n’a pas confié de vaccins, contrairement à ce qui se passe en Belgique, en Suisse, en Allemagne ou encore en Grande-Bretagne.
 
On sait les arguments ministériels : on a besoin des médecins pour soigner les malades. Mais les médecins voient aussi des patients qui n’ont pas de fièvre ni de courbatures et qui consultent pour un suivi régulier de leur santé, comme les hypertendus ou les diabétiques par exemple. Et rien n’empêcherait donc de vacciner ces patients, s’ils le souhaitent.
 
Oui mais on dispose seulement de flacons multidoses, disent les pouvoirs publics et si les 10 vaccins ne sont pas faits en 24 heures, le flacon est jeté.
 
Est-il si compliqué que cela, notamment en cabinet de groupe, de regrouper dix patients volontaires pour la vaccination en une journée ? Je ne le crois pas vraiment.
 
Alors pourquoi est-ce que pour la première fois dans une campagne de santé publique on exclut l’intervenant le plus près des patients, le médecin de famille.
Parce que cela coûterait trop cher à l’Assurance-maladie, murmure-t-on dans certains milieux. François Chérèque, le leader de la CFDT dit carrément que les médecins veulent se faire de l’argent sur le dos de la Sécu en réclamant les précieuses seringues.
 
Et les médecins généralistes dans tout cela ? Et bien, dans une tradition bien française, ils font entendre leurs dissensions et ne profitent pas de l’occasion pour montrer qu’ils pourraient jouer un rôle important notamment vis-à-vis des plus vulnérables et des plus isolés.
 
Que voit-on ? Trois syndicats afficher trois positions différentes.
Il y a d’abord la Confédération des syndicats médicaux français, qui regroupe généralistes et spécialistes. La CSMF est actuellement présidée par un généraliste, le Dr Michel Chassang.
Ce syndicat propose de mettre en place des heures de consultations dédiées à la vaccination au tarif équivalent de ce que perçoivent les médecins affectés aux centres de vaccination, soit 66 euros de l’heure, quel que soit le nombre de personnes vaccinées pendant cette durée.
 
Le syndicat MG –France, majoritaire chez les généralistes veut aussi vacciner. Mais ses adhérents estiment qu’ils doivent pratiquer ce geste au cours d’une consultation normale, pas créer des créneaux horaires spéciaux et ils veulent donc percevoir 22 euros par « consultation-vaccination ».
Enfin le Syndicat de la médecine libérale, le SML, minoritaire, trouve parfait que des médecins militaires et des médecins du travail s’y collent. Le SML ne veut pas vacciner !
 
Cette jolie cacophonie doit, on l’imagine, conforter les pouvoirs publics dans l’idée que la vaccination est une chose trop sérieuse pour être confiée à des médecins de terrain !
 
Ce qui est bien triste c’est que, justement, ces médecins de terrain sont ceux qui ont toute leur place et toute la légitimité pour prendre en charge les patients fragiles, ces femmes et ces hommes qui vivent loin des centres, qui ne conduisent plus et qui ne peuvent passer des heures à attendre. Prendre en charge aussi les jeunes mères et leurs enfants qu’on ne peut changer en pleine rue au milieu d’une file d’attente.
 
La France n’a jamais été très brillante en matière de prévention et ces querelles dérisoires l’illustrent une fois de plus.
 
 
 
  Pour connaître les règles de publication des commenatires, merci de consulter l’article « Commentaires :les règles du jeu » dans la rubrique INFOS BLOG
 

DEPECHE AFP DU 01/12/2009 à 13h115

 H1N1: « pas de vaccination par les médecins libéraux » (Fillon)
   
    PARIS, 1 déc 2009 (AFP) – François Fillon a annoncé mardi que les médecins  libéraux n’effectueraient « pas de vaccination » contre la grippe H1N1 pour des  « raisons logistiques » et pour leur permettre de faire face à l’épidémie de  grippe saisonnière.
    « Il n’y aura pas de vaccination par les médecins libéraux pour des raisons  qui sont évidentes », a déclaré le Premier ministre, à l’issue d’une réunion  interministérielle à Matignon.
    M. Fillon a d’abord invoqué des « raisons logistiques ». « Les vaccins sont des  vaccins multidose, ils ne peuvent pas être répartis dans n’importe quelles  conditions », a-t-il fait valoir.
    Par ailleurs, « les médecins libéraux ont à faire face à une considérable  épidémie de grippe qui doit les mobiliser complètement », a souligné le Premier  ministre.

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Vous êtes très nombreux à laisser un commentaire sur ce blog et je vous en remercie.

Mais, comme pour tous les blogs certifiés « HON », il y a des règles concernant les commentaires publiables.

Je ne peux, en particulier, donner d’avis médical personnel.

D’autre part, j’ai également fixé certaines limites à ce que j’estime devoir accepter . Certaines manifestations pathologiques relèvent d’uatres prises en charge que de la publication des commentaires de leurs auteurs.

Je vous demande donc de bien vouloir consulter la rubrique « INFOS BLOG » et plus précisément l’article consacré à la règle du jeu des commentaires.

Cela nous fera gagner mutuellement du temps !

Merci et à bientôt de vous lire. 

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Grippe A(H1N1) : Une dose de vaccin pour les grands et les ados. Deux doses, mais sans adjuvant,pour les enfants.

Roselyne Bachelot-Narquin a annoncé quelques modifications du schéma vaccinal.
 
La vaccination des 2-9 ans inclus se fera selon une modalité de deux injections à trois semaines d’intervalle.
Cette vaccination se fera avec un vaccin sans adjuvant, puisque Sanofi-Pasteur a avancé la livraison de son vaccin Panenza.C’est le schéma qui prévaut aussi pour les 6-23 mois.
 
Pour les autres tranches d’âge, et hors cas particulier notamment l’existence de certaines pathologies touchant l’immunité, la vaccination se fera désormais sur un schéma à une injection.
 
Le suivi de la réponse immunitaire permettra de mesurer l’intensité et la durée de la réponse de l’organisme et de pérenniser ou, au contraire, de modifier ce schéma.
 
A celles et ceux qui s’inquiètent de l’absence de la prescription de tests diagnostiques, voici les résultats de la surveillance des réseaux Sentinelle.
 
 
SURVEILLANCE VIROLOGIQUE
En semaine 46 (du 9 au 15 novembre 2009), 4 409 prélèvements ont été reçus par les Centres
nationaux de référence. Parmi eux, 1 679 sont positifs pour la grippe :
- 1 584 virus grippaux A (H1N1) 2009 ;
- 95 virus grippaux A non typés.
Le virus A (H1N1) 2009 représente la quasi-totalité des virus grippaux isolés.
 
On en conclut donc qu’il n’y a pas que des virus grippaux qui circulent, il y a d’autres virus respiratoires mais que lorsqu’on regarde quels sont les virus grippaux rencontrés, on voit une fois encore que le virus de la grippe A(H1N1) occupe une position hégémonique.

COMMUNIQUE DU MINISTERE DE LA SANTE DU 27/11/2009

 

 

Le ministère de la santé et des sports rappelle les indications des vaccins contre la grippe A(H1N1)

Jusqu’à présent, le vaccin Pandemrix du laboratoire GSK était le principal vaccin utilisé. L’approvisionnement est complété par de nouvelles livraisons de Panenza, le vaccin sans adjuvant du laboratoire Sanofi-Pasteur.
Sur la base des recommandations du Haut conseil de la santé publique (HCSP), les premières quantités de Panenza livrées ont permis d’inviter à se faire vacciner les femmes enceintes, les nourrissons âgés de 6 à 24 mois, les personnes présentant des troubles de la coagulation et celles qui souffrent de dysfonctionnement immunitaire.
 Les deux vaccins ont démontré leur efficacité en matière de protection contre le virux A(H1N1) qui circule actuellement et leur sécurité d’emploi. 5 millions de doses de vaccins avec adjuvant ont déjà été utilisés en Europe à la date du 20 décembre.
Le Pandemrix, vaccin dont les stocks sont les plus importants, continuera à être utilisé de façon préférentielle.
Le Panenza sera réservé aux populations pour lesquelles une recommandation a été définie par le HCSP. Dès qu’il sera disponible en quantité plus importante (dans les premiers jours de décembre), il sera en outre utilisé pour la vaccination des enfants de moins de 10 ans. En effet, l’utilisation de Panenza diminue le risque de douleur au point d’injection, ce qui est important pour les jeunes enfants.
Les enfants qui ont reçu une première injection de Pandemrix, vaccin avec adjuvant, parce qu’ils étaient prioritaires pour la vaccination dans les premières populations appelées, doivent impérativement recevoir une deuxième injection de Pandemrix.
 

NOTE D’ACTUALITE DU 03/12/2009

Les autorités canadiennes ont publié leurs dernières recommandations en matière de vaccination.

Pour les enfants de 3 à 9 ans, elles préconisent l’utilisation d’un vaccin AVEC adjuvant.

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Grippe A(H1N1) : un lot de vaccins mis en quarantaine au Canada.

GSK a décidé de mettre en quarantaine un lot de son vaccin Arepandrix.

Cela concerne un lot de vaccin, 170000 doses sur 7,5 millions de vaccins.. Un peu comme quand un constructeur rappelle des véhicules sortis par exemple en juin 2008 mais ne retire pas tous les véhicules du même type.
 
Cette mise en quarantaine est due à la survenue de 6 réactions allergiques sévères, trois plus que ce qui est escompté.
 
Maintenant il va falloir examiner chacun des constituants car outre l’antigène viral et l’adjuvant il y a une dizaine de substances dans un flacon. Notamment des protéines d’œuf car le virus du vaccin pousse sur des œufs et on peut imaginer une purification défaillante qui aurait laissé passer trop de protéines par exemple.
Mais ce peut être une cause tout à fait autre.
 
 
Information importante :
 
Ce vaccin est exclusivement utilisé au canada où il est produit.
Il n’est pas exporté en Europe et donc en France où il n’ a pas d’autorisation de mise sur le marché, contrairement au PANDEMRIX du même laboratoire.
Cela tient au fait que la méthode d’inactivation du virus canadien est différente de celle employée par GSK pour le Pandemrix et que les experts européens veulent en savoir plus sur cette méthode.
A LIRE AVANT D’AJOUTER UN COMMENTAIRE
 
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Merci de consulter la rubrique « INFOS BLOG » et de se reporter au chapitre : « Commentaires: les règles du jeu
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GRIPPE A(H1N1) : Un virus norvégien qui colonise mieux les poumons gràce à une mutation.

Des mutations du virus pandémiques ont été signalées à l’Organisation mondiale de la santé par les autorités sanitaires norvégiennes.
Ces mutations ont été découvertes chez deux patients décédés un chez un patient dans un état grave.
 
En fait, il s’agit de modifications touchant l’hémagglutinine, le fameux H de H1N1.
Cette glycoprotéine qui est à la surface du virus lui sert à entrer dans les cellules qu’il va infecter pour se multiplier.
 
La modification constatée rend donc le virus plus « performant » dans sa façon d’attaquer les cellules pulmonaires et donc de provoquer des atteintes sévères avec risque de détresse respiratoire aiguë.
 
Mais ces mutations n’entravent en rien l’action du vaccin pas plus qu’elles ne génèrent de résistance aux médicaments antiviraux dont disposent les médecins.
 
On n’a pas constaté de circulation massive de ce virus ainsi modifié mais il est certain qu’il faudra être vigilant lors des formes respiratoires compliquées et rechercher cette nouvelle forme de virus, facteur d’un moins bon pronostic.

 

NOTE D’ACTUALITE DU 20/11/2009
 
Le ministère de la santé a annoncé, hier, qu’une jeune femme enceinte qui avait été vaccinée à, quarante-huit heures plus tard perdu l’enfant qu’elle portait. Elle était enceinte de huit mois (38 semaines d’aménorrhée)
 
Face à cet événement dramatique, il faut retenir trois choses :
 
Le virus de la grippe ne traverse pas le placenta et le virus inactivé utilisé dans les vaccins non plus. Ce ne peut donc pas être une cause liée à ces virus.
Le vaccin reçu contenait de l’adjuvant, qui est une émulsion de graisse dans l’eau. A ce jour des dizaines de milliers de femmes enceintes ont été vaccinées ainsi de par le monde sans que de tels accidents soient constatés.
La mort d’un enfant dans le ventre de sa mère est un événement rare en fin de grossesse mais tout à fait possible, hélas!
Il se peut donc qu’il y ait une simple concomitance entre la vaccination et le décès de l’enfant à naître.
Une autopsie du fœtus et des examens toxicologiques sont en cours.
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Grippe A(H1N1) : une aiguille plus courte et comment rester sain dans les Lieux Saints.

NOTE D’ACTUALITE DU 20/11/2009
 
Le ministère de la santé a annoncé, hier, qu’une jeune femme enceinte qui avait été vaccinée à, quarante-huit heures plus tard perdu l’enfant qu’elle portait. Elle était enceinte de huit mois (38 semaines d’aménorrhée)
 
Face à cet événement dramatique, il faut retenir trois choses :
 
Le virus de la grippe ne traverse pas le placenta et le virus inactivé utilisé dans les vaccins non plus. Ce ne peut donc pas être une cause liée à ces virus.
Le vaccin reçu contenait de l’adjuvant, qui est une émulsion de graisse dans l’eau. A ce jour des dizaines de milliers de femmes enceintes ont été vaccinées ainsi de par le monde sans que de tels accidents soient constatés.
La mort d’un enfant dans le ventre de sa mère est un événement rare en fin de grossesse mais tout à fait possible, hélas!
Il se peut donc qu’il y ait une simple concomitance entre la vaccination et le décès de l’enfant à naître.
Une autopsie du fœtus et des examens toxicologiques sont en cours.

 
 
Un vaccin injectable par voie sous-cutanée et non pas intramusculaire va bientôt être disponible en France.
Cela concerne les centaines de milliers de personnes, enfants et adultes, qui sont astreintes à un traitement anticoagulant au long cours.
Chez ces patients, les injections intramusculaires sont contre-indiquées en raison du risque de survenue d’un hématome lors de l’injection profonde.
 
Cette solution est donc la bienvenue puisque la France et l’Europe n’ont pas homologué le vaccin sous forme de spray nasal, contenant du virus vivant atténué.
 
 
 
 
Cette fin de semaine marque la fin des départs des pèlerins musulmans vers La Mecque pour le Hadj, le pèlerinage qui constitue l’un des cinq piliers de l’Islam.
Ce sont près de deux millions de femmes et d’hommes qui vont ainsi passer des jours et des jours ensemble.
La règle veut qu’on prie épaule contre épaule vêtu d’une étoffe sans agrafe.
En période de pandémie grippale, les autorités sanitaires saoudiennes sont, bien évidemment inquiètes.
Elles ont d’ores et déjà refusé d’accorder des visas aux femmes enceintes et aux personnes atteintes de maladies chroniques.
Les autorités religieuses du pays ont également publié des fatwas, c’est-à-dire un avis juridique sur la loi coranique, autorisant l’utilisation de solutions hydro-alcooliques pour le lavage des mains.
 
Certains groupes religieux voulaient, en effet, proscrire ces solutions de lavage en raison de la présence d’alcool dans la préparation.
 
De même, si le besoin s’en faisait sentir, les autorités autoriseraient le port de masques, bien que la règle veuille qu’on prie à visage découvert, en particulier pour les femmes.
 
Les candidats au pèlerinage ont pu disposer de brochures bilingues dans les lieux de culte, les agences de voyages et certains commerces en France.
L’antenne du consulat français sera renforcée à Djeddah le temps du pèlerinage.
 
La question est de savoir si les contrats d’assurance signés chez les voyagistes prévoient le rapatriement en cas de grippe A(H1N1) contractée sur place.
Beaucoup de sociétés d’assistance excluent ce risque de leur contrat.
 
Le retour du pèlerinage sera particulièrement surveillé car on peut imaginer qu’un tel brassage de population n’est pas sans risque.
On sait, ainsi, qu’un forme particulière de méningite cérébrospinale, liée au méningocoque W135, et amenée par des pèlerins venus du Nigéria avait fait des ravages parmi les pèlerins occidentaux.
Désormais le vaccin contre cette méningite est obligatoire pour celles et ceux qui veulent faire le Hadj.
 
Cette année, les autorités saoudiennes ont exigé également la vaccination contre la grippe saisonnière et contre la grippe A(H1N1) quand ce vaccin était disponible dans les pays concernés.
 
Je signale aux rares mauvais esprits qui trainent sur Internet qu’il n’y a eu aucun passe-droit ni aucune priorité pour les pèlerins partant à La Mecque.
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Cancer du sein : les USA disent "no" au dépistage de masse avant 50 ans.

Non au  dépistage systématique du cancer du sein entre 40 et 49 ans. C’est ce que vient de recommander l’organisme en charge des politiques de prévention aux Etats-Unis. Et pour une bonne raison : trop de résultats faussement positifs générateurs d’examens inutiles et stressants.
 
Il faut croire que les Américains ne lisent pas Marie-Claire. Ce magazine avait lancé, il y a quelques semaines, une campagne à l’aide de quadragénaires offrant une vision de leur poitrine dénudée. Une action pour forcer la France à abaisser l’âge du dépistage systématique du cancer du sein à 40 ans plutôt que 50 ans actuellement. Et on alla même jusqu’à solliciter l’aide et le renfort de Carla Bruni-Sarkozy dans cette demande.
 
Seuls quatre pays au monde avaient une politique de dépistage débutant à 40 ans. Ils ne devraient bientôt n’être plus que trois, Les Etats-Unis vont, sans doute, abandonner, en effet, cette politique après que l’organisme en charge de la définition et de l’évaluation des politiques de prévention a rendu hier ses recommandations.
 
La US Preventive Services Task Force (USPSTF)  a examine cinq modalités censées réduire le risqué de cancer du sein.
Ces cinq modalités sont : la mammographie, l’examen clinique des seins par un médecin, l’autopalpation, la radiographie numérisée et l’imagerie par résonance magnétique ou IRM.
 
Alors que les Etats-Unis avaient jusque là admis un dépistage débutant à 40 ans et à un rythme annuel, l’organisme vient de réviser ses positions prises en 2002.
 
Il préconise, à l’instar de ce qui se fait chez nous, un dépistage systématique entre 50 et 74 ans et selon un rythme biennal et non plus annuel.
 
Mais ce qui frappe le plus outre-Atlantique c’est la recommandation de l’USPSTF de ne pas pratiquer de dépistage entre 40 et 49 ans.
 
Après avoir revu moult données et analysé les avantages et les inconvénients de ce dépistage systématique, l’organisme américain conclut que cette politique de dépistage précoce conduit entraine un nombre élevé d’examens faussement positifs générant des tests supplémentaires inutiles. Des tests qui génèrent une anxiété voire une angoisse, surtout lorsqu’il faut attendre le résultat d’une biopsie qui aura été pratiquée inutilement.
 
Plus encore, les auteurs soulignent le risque de « surdiagnostic », terme qui signifie qu’on va traiter des cancers qui n’auraient sans doute jamais fait parler d’eux ou des cancers peu évolutifs sans retentissement sur l’espérance de vie de la patiente.
 
Autant d’arguments que nombre de spécialistes du dépistage ont avancé de par le monde depuis des années mais qui a échappé à la rédactrice en chef de Marie-Claire et à ses amies « people », ainsi qu’à divers médias, France 2 y compris, qui ont donné à la campagne de ce mensuel un écho totalement injustifié.
 
Comme je l’ai dit précédemment et pour qu’on ne se méprenne pas sur les termes, il n’est pas inutile de dépister le cancer du sein chez des femmes avant 560 ans, mais de façon individuelle et non pas dans un programme de masse comme celui destiné aux femmes de 50 à 74 ans.
Celles qui sont porteuses d’une mutation génétique, BRCA1 ou BRCA2, qui ont une histoire familiale de cancer du sein ou une mastopathie qui a été classée comme bénigne mais avec des caractères considérés comme atypiques, doivent bénéficier d’une surveillance rapprochée,
 
Cette surveillance sera non seulement faite par la radiographie numérisée de préférence, mais aussi par l’échographie, indispensable sur des seins denses comme le sont ceux des femmes avant la ménopause. Et parfois le recours à l’IRM peut s’avérer nécessaire.
 
Il n’est pas impossible que l’évolution des techniques d’imagerie fasse que, bientôt, on dispose d’éléments fiables et rentables permettant de proposer des modifications des politiques de dépistage.
Mais pour l’instant, les campagnes telles que celle de Marie-Claire ont pour effet de paniquer certaines femmes qui vont aller dépenser des sommes élevées dans des cabinets de radiologie sans réelle raison médicale.
 
Un exemple de plus d’inégalités en matière de santé car ce genre de dépistage « sauvage » est l’apanage de celles qui peuvent se l’offrir, les plus démunies vivant avec une angoisse et une crainte qui leur ont été suggérées par des « people » dont les compétences médicales et scientifiques sont bien connues.
 
Des « people » qui auraient d’ailleurs parfois du signaler combien il est difficile de lire une mammographie quand les tissus ont été remplacés par des poches de silicone.
 
Référence des recommendations:
 
U.S. Preventive Services Task Force
 Screening for Breast Cancer: U.S. Preventive Services Task ForceRecommendation Statement
Ann Intern Med. 2009;151:716-726.
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Cancer : On ne peut pas soigner tout n’importe où.

Un classement des centres publics et privés opérant des tumeurs du sein, de l’appareil digestif, de la prostate et de la sphère ORL a été réalisé par Santeclair, société spécialisée dans la gestion du risque santé.
Un éclairage intéressant au moment où se pose la question des autorisations d’activité en matière de cancérologie.
 
L’enquête de Santéclair, société qui travaille pour les complémentaires santé, est une démarche à l’américaine, mais dans le bon sens du terme.
Aux Etats-Unis, les principaux assureurs mutualistes, de type Blue Cross-Blue Shield, dressent des états des lieux des établissements de santé.
Ainsi, en dessous d’un certain nombre d’actes et de certains critères de qualité, ces établissements informent leurs assurés qu’ils ne prendront pas en charge les frais inhérents à des traitements dans les établissements jugés en deçà des normes.
 
En France, le premier Plan Cancer a prévu, en 2007, de labelliser les établissements publics et privés dans les domaines de la chirurgie carcinologique, de la radiothérapie externe et de la chimiothérapie.
 
Un seuil a été fixé pour un certain nombre de pratiques, seuil en deçà duquel, à l’horizon fin 2010, des cessations d’activité et des redéploiements sont prévus en cas de non atteinte des seuils.
 
Mais la mesure traine et les établissements sont plutôt réticents.
Pourtant il y a du pain sur la planche. Ainsi, le seuil retenu pour les cancers du sein est de 30 interventions par an, comme pour la chirurgie digestive et thoracique.
Quand on regarde ce qui s’est passé au cours des années 2005 à 2007 sur un nombre conséquent d’établissements, on constate que 39 % de ces entités n’atteignaient même pas les 80 % de ce seuil pour le sein. En clair ils opéraient moins de 24 cancers  du sein par an.
 
Pour la chirurgie thoracique, le seuil n’est pas atteint par 65 % des centres.
Et quand on s’intéresse aux cancers de la sphère ORL, le seuil de 20 interventions annuelles n’est pas atteint par 56 % des établissements.
 
Or, on ne fait bien que ce qu’on fait souvent. De plus les techniques évoluent, le matériel se perfectionnent, les connaissances ont besoin d’être mises à jour. Tout cela n’est possible que lorsque les établissements ont une taille critique avec assez un nombre de spécialistes suffisant et des équipes pluridisciplinaires.
 
On ne devrait plus voir par exemple, un chirurgien opérer seul dans sa clinique un patient et décider seul du traitement.
 
Cela va entraîner inévitablement des fermetures de services dans des hôpitaux publics et privés. Mais l’ego des médecins et des directeurs est beaucoup moins important que la qualité des soins proposés aux patients.
 
Des patients qui devront comprendre qu’il peut être important de faire 50 ou 100 kilomètres de plus pour se faire opérer quand c’est sa propre vie qui est en jeu.
 
Hormis la chirurgie, les nouvelles règles vont concerner les centres de radiothérapie qui devront traiter au moins 600 patients par an.
De même pour la chimiothérapie où les centres auront l’obligation de traiter 80 patients par an, dont au moins 50 en ambulatoire
 
Les mutuelles ont, en France, une force de frappe potentielle énorme quand on voit le nombre d’adhérents qu’elles rassemblent.
 
On peut donc imaginer qu’elles vont aider à mettre un coup de pied salutaire dans la fourmilière d’autant qu’on leur demande de payer toujours plus.

Les résultats sont consultables sur le site du journal « Le Parisien« .

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GRIPPE A(H1N1) : Un premier cas suspect de syndrome de Guillain-Barré et un nouveau décès chez une personne jeune sans facteurs de risque.

Le Ministère de la Santé a annoncé ce soir jeudi la survenue d’un « cas probable de syndrome de Guillain-Barré » (SGB),  chez une personne qui avait été vaccinée quelques temps auparavant.
 
Cette information appelle quelques remarques.
 
La première est que le cas n’est pas avéré. Il faut en effet s’assurer que le diagnostic est le bon. Le patient a souffert de troubles sensitifs uniquement, sans aucune forme de paralysie. Le syndrome a été totalement régressif.
Les spécialistes de pharmacovigilance et les neurologues devront s’attacher à déterminer le délai entre la vaccination et la survenue du syndrome sensitif. Vérifier également l’existence éventuelle d’un contexte infectieux avant la vaccination
 
Car, si le risque de survenue d’un SGB est possible dans un contexte vaccinal, il est cependant très faible, de l’ordre de un cas sur un million. Il faut donc ne pas négliger d’autres pistes.
 
Ma deuxième remarque en découle .Comme je l’ai dit dans un article précédent, la cause première de ce syndrome n’est pas la vaccination. Ce sont des pathologies bactériennes et virales qui sont au premier plan, parfois également des cancers.
Chaque année, en France, il y a plus de 1500 personnes hospitalisées pour un tel syndrome, hors de tout contexte vaccinal.
Dans 80 à 90 % des cas, la guérison se fait sans séquelles.
 
Les virus les plus souvent en cause sont les virus grippaux et la bactérie principalement incriminée et le Campylobacter jejuni, à l’origine de gastro-entérites.
 
La troisième remarque est que ce phénomène assez mystérieux ne remet pas en cause la balance « bénéfices-risques » des vaccins. Les complications graves, voire mortelles, des syndromes grippaux sont des centaines de fois plus probables que la survenue d’un syndrome de Guillain-Barré.
 
NOTE D’ACTUALITE DU 13/11/2009
 
On apprend que la jeune femme a eu des troubles uniquement sensitifs à type de fourmillements et qui ont régressé au point que son hospitalisation a duré seulement quelques heures. On dit également qu’elle avait eu un tableau infectieux les jours précédant la vaccination .
Dans ces conditions, il est impossible actuellement de parler de syndrome de Guillain-Barré de façon absolue. Et encore plus inexact de parler de lien de causalité.
Il faudra donc attendre les conclusions des investigations, au cas où l’enquête permet de trancher, ce qui n’est pas évident du tout.
 
 
DEPECHE AFP DU 13/11/2009 à 13h51
Une femme de 27 ans décède de la grippe A à Viry-Chatillon

EVRY, 13 nov 2009 (AFP) – Une femme, âgée de 27 ans, sans aucun antécédent
médicaux particuliers, est décédée mardi de la grippe A(H1N1) à Viry-Chatillon
(Essonne), a-t-on appris vendredi auprès de la préfecture de l’Essonne.
L’autopsie se poursuit et de nouveaux prélèvements sont en cours pour
déterminer les causes exactes du décès, indique la préfecture qui parle d’une
grippe « foudroyante ».
La victime, soignée à son domicile, était sous Tamiflu depuis un ou
plusieurs jours et suivie par son médecin traitant, comme le révèle jeudi le
Parisien de l’Essonne, lorsque son état s’est aggravé et qu’elle a prévenu les
sapeurs-pompiers.
Elle serait morte durant son transport à l’hôpital.
 

 
 
Vous avez dit « grippette »?
 
 
A LIRE AVANT D’AJOUTER UN COMMENTAIRE
 
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Travail des seniors : l’année avant la retraite est néfaste pour la santé.

Travailler plus vieux au risque de se sentir encore plus mal. C’est le danger que souligne une étude publiée dans la revue The Lancet. Un travail interprété complètement à l’envers par une partie de la presse.
 
Youpi la retraite heureuse avec yoga, poterie et macramé ! Depuis hier, une étude sur la perception de leur état de santé par des retraités d’EDF-GDF donne lieu à un énorme contresens.
 
Cette étude met, en fait, en évidence la pénibilité des dernières années d’activité professionnelle et le soulagement qui apparait dans l’année qui suit.
 
Depuis de longues années, un groupe de salariés d’EDF-GDF est inclus dans une cohorte appelée GAZEL.
Pour cette étude, menée principalement par une équipe suédoise, on s’est intéressé à la perception que les employés des deux entités avaient de leur santé, aussi bien physique que mentale, sur une période d’environ 15 ans, c’est-à-dire sept ans avant et sept ans après l’année qui a conduit à la cessation d’activité.
 
Ce groupe était un peu particulier, puisque l’âge moyen de départ en retraite était de 54,6 ans avec une variation de 2,9 ans autour de cette moyenne.
D’autre part, le système de protection sociale des deux sociétés est réputé pour sa solidité.
 
Sur les 14734 personnes suivies, on a constaté dans les 3 ans précédant le départ en retraite un taux de 11 % de dépression, 29 % de troubles musculosquelettiques, comme des tendinites par exemple. Les arrêts de travail maladie de plus de 21 jours concernaient 32 % des salariés.
 
Quand on examine chez ces salariés leur propre perception de leur état de santé, on voit que la dégradation va croissant jusqu’à l’année précédant la cessation d’activité, 19,2 % des salariés estimant ne pas être en bonne santé. Puis cette proportion descend rapidement et dans l’année qui suit la retraite, cette perception est à son plus bas, 14,3 %.
 
Cette chute du mal-être correspond donc à un soulagement d’être débarrassé de toutes les tensions physiques et psychiques qui polluaient ces dernières années d’activité.
 
Cette sensation de soulagement ramène les salariés 8 à 10 ans en arrière en matière de perception de leur état de santé.
 
Pratiquement tous les emplois étaient concernés par cette variation de perception de l’état de santé, sauf les personnes ayant un emploi hautement valorisé, leur apportant une satisfaction certaine et une reconnaissance professionnelle.
 
Cette étude montre donc l’importance de se pencher sur les conditions de travail des salariés seniors dans leur fin de carrière. La différence entre la charge de travail, les exigences du poste et le manque de reconnaissance et de considération jouent un rôle certain sur la perception que les salariés ont de leur état de santé.
 
Les auteurs de l’étude plaident donc pour une redéfinition du travail des seniors en fin de carrière, pour une revalorisation des taches et de la considération portée à ces salariés.
Et, pour eux, il ne s’agit pas uniquement de questions salariales.
 
Ainsi, des pays voisins comme la Pologne et la République tchèque vivent des situations diamétralement opposées. Les conditions de travail en Pologne incitent les travailleurs à vouloir partir plus tôt alors que c’est l’inverse en Tchéquie.
 
Au moment où, pour des raisons démographiques et économiques on va vers un recul de l’âge de la retraite, il parait nécessaire de se pencher donc rapidement sur cette période conduisant à la fin de l’activité.
 
Voir des retraités heureux et soulagés quand on est soi-même malheureux au travail n’améliore sûrement pas la productivité et cela fait courir des risques à la fois physiques et mentaux à ceux qui se sentent ainsi déconsidérés.
 
 
Référence de l’étude :
 
 Hugo Westerlund et al.
 Self-rated health before and after retirement in France (GAZEL): a cohort study
The Lancet
 Published OnlineNovember 9, 2009 DOI:10.1016/S0140-6736(09)61570-1
 
Référence de l’éditorial :
Johannes Siegrist, Morten Wahrendorf
Quality of work, health, and retirement
The Lancet
Published online November 9, 2009 DOI:10.1016/S0140-6736(09)61666-4
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