Les centres de vaccination vont ouvrir plus longtemps et même le dimanche, nous dit-on.
Mais celles et ceux qui ne peuvent pas se déplacer vont attendre encore longtemps que leur médecin de famille les vaccine.
Début aujourd’hui de la vaccination des enfants de maternelle et de primaire. Début également pour les personnes de plus de 65 ans ayant une affection chronique. Des personnes dont on peut imaginer qu’elles ne vont pas se déplacer sur des kilomètres ni faire des heures de queue debout dans le froid !
On parle d’équipes « volantes » dédiées à ces situations. Quand on voit la pénurie de vaccinateurs et de médecins dans les centres, on imagine comme il sera facile de faire « décoller » ces équipes volantes.
Or, cette clientèle est celle que voit et suit régulièrement le médecin généraliste. Le seul acteur de santé auquel on n’a pas confié de vaccins, contrairement à ce qui se passe en Belgique, en Suisse, en Allemagne ou encore en Grande-Bretagne.
On sait les arguments ministériels : on a besoin des médecins pour soigner les malades. Mais les médecins voient aussi des patients qui n’ont pas de fièvre ni de courbatures et qui consultent pour un suivi régulier de leur santé, comme les hypertendus ou les diabétiques par exemple. Et rien n’empêcherait donc de vacciner ces patients, s’ils le souhaitent.
Oui mais on dispose seulement de flacons multidoses, disent les pouvoirs publics et si les 10 vaccins ne sont pas faits en 24 heures, le flacon est jeté.
Est-il si compliqué que cela, notamment en cabinet de groupe, de regrouper dix patients volontaires pour la vaccination en une journée ? Je ne le crois pas vraiment.
Alors pourquoi est-ce que pour la première fois dans une campagne de santé publique on exclut l’intervenant le plus près des patients, le médecin de famille.
Parce que cela coûterait trop cher à l’Assurance-maladie, murmure-t-on dans certains milieux. François Chérèque, le leader de la CFDT dit carrément que les médecins veulent se faire de l’argent sur le dos de la Sécu en réclamant les précieuses seringues.
Et les médecins généralistes dans tout cela ? Et bien, dans une tradition bien française, ils font entendre leurs dissensions et ne profitent pas de l’occasion pour montrer qu’ils pourraient jouer un rôle important notamment vis-à-vis des plus vulnérables et des plus isolés.
Que voit-on ? Trois syndicats afficher trois positions différentes.
Il y a d’abord la Confédération des syndicats médicaux français, qui regroupe généralistes et spécialistes. La CSMF est actuellement présidée par un généraliste, le Dr Michel Chassang.
Ce syndicat propose de mettre en place des heures de consultations dédiées à la vaccination au tarif équivalent de ce que perçoivent les médecins affectés aux centres de vaccination, soit 66 euros de l’heure, quel que soit le nombre de personnes vaccinées pendant cette durée.
Le syndicat MG –France, majoritaire chez les généralistes veut aussi vacciner. Mais ses adhérents estiment qu’ils doivent pratiquer ce geste au cours d’une consultation normale, pas créer des créneaux horaires spéciaux et ils veulent donc percevoir 22 euros par « consultation-vaccination ».
Enfin le Syndicat de la médecine libérale, le SML, minoritaire, trouve parfait que des médecins militaires et des médecins du travail s’y collent. Le SML ne veut pas vacciner !
Cette jolie cacophonie doit, on l’imagine, conforter les pouvoirs publics dans l’idée que la vaccination est une chose trop sérieuse pour être confiée à des médecins de terrain !
Ce qui est bien triste c’est que, justement, ces médecins de terrain sont ceux qui ont toute leur place et toute la légitimité pour prendre en charge les patients fragiles, ces femmes et ces hommes qui vivent loin des centres, qui ne conduisent plus et qui ne peuvent passer des heures à attendre. Prendre en charge aussi les jeunes mères et leurs enfants qu’on ne peut changer en pleine rue au milieu d’une file d’attente.
La France n’a jamais été très brillante en matière de prévention et ces querelles dérisoires l’illustrent une fois de plus.
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DEPECHE AFP DU 01/12/2009 à 13h115
H1N1: « pas de vaccination par les médecins libéraux » (Fillon)
PARIS, 1 déc 2009 (AFP) – François Fillon a annoncé mardi que les médecins libéraux n’effectueraient « pas de vaccination » contre la grippe H1N1 pour des « raisons logistiques » et pour leur permettre de faire face à l’épidémie de grippe saisonnière.
« Il n’y aura pas de vaccination par les médecins libéraux pour des raisons qui sont évidentes », a déclaré le Premier ministre, à l’issue d’une réunion interministérielle à Matignon.
M. Fillon a d’abord invoqué des « raisons logistiques ». « Les vaccins sont des vaccins multidose, ils ne peuvent pas être répartis dans n’importe quelles conditions », a-t-il fait valoir.
Par ailleurs, « les médecins libéraux ont à faire face à une considérable épidémie de grippe qui doit les mobiliser complètement », a souligné le Premier ministre.