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Archives mensuelles : décembre 2009
Grippe A(H1N1) : Le bilan des effets indésirables après 5 millions de vaccinations.
Au moment où s’amorce la décroissance de la première vague épidémique, l’Agence française de sécurité sanitaire, l’Afssaps, publie un premier long état des lieux sur les effets indésirables constatés dans le cadre de la vaccination contre la grippe.
Près de 5 millions de personnes ont déjà été vaccinées, principalement avec le vaccin Pandemrix adjuvanté, et le Panenza. Il y a eu également des vaccinations en moindre quantité avec le Focetria et le Celvapan.
Entre le 21 octobre et le 27 décembre 2009, il y a eu 2390 effets indésirables signalés.
Il s’agit d’événements survenant dans le contexte de la vaccination, dans les suites immédiates ou les jours qui suivent.
Ces signalements n’impliquent pas un lien de cause à effet obligatoire.
La majorité des effets signalés, 96,5 % exactement concernait des effets bénins et modérés.
Les plus de 18 ans représentent 83 % des signalements, les 10-18 ans représentent environ 10 %, les nourrissons de 6 à 23 mois 04% et les 2 à 9 ans 5,4 %
La douleur au point d’injection, une inflammation, des maux de tête constituaient les effets les plus souvent signalés et ont été considérés comme bénins.
Chez l’adulte six cas graves peuvent être liés à la vaccination ont été notifiés :
- 2cas de syndromes grippaux d’évolution favorable.
- 1 cas de crise d’épilepsie généralisée dans un contexte fébrile post-vaccinal chez un sujet ayant des antécédents d’épilepsie. Les suites, sous traitement, ont été simples.
- 1 cas de spasme bronchique chez un patient obèse aux antécédents de bronchique chronique obstructive. Là encore les suites ont été favorables sous traitement adapté.
- 2 cas de purpura thrombopénique, c’est-à-dire des lésions cutanées liées à la destruction de plaquettes sanguines, en cours de guérison.
Il y a, par ailleurs, 7 cas graves pour lesquels les investigations sont en cours et dont on ne peut dire pour l’instant s’ils sont en lien avec la vaccination.
Il y a eu six cas graves pour lesquels la responsabilité du vaccin a été exonérée.
On pourra consulter le document complet sur le site de l’AFSSAPS
On notera, au passage, que le taux d’effets indésirables et de 6,4 pour 10000 et que 96,4 % des effets sont bénins.
Je rappelle qu’avant le début de la vaccination, le réseau Internet pullulait de sites et de vidéos citant un « expert » pourfendeur de la vaccination.
Cet « expert » expliquait qu’il fallait s’attendre à un effet indésirable grave, notamment neurologique pour mille personnes vaccinées.
L’état actuel montre que ces effets graves sont 200 fois moins fréquents que ceuxprédits par cet « expert ».
Mais nul n’est infaillible, bien sûr !
Grippe A(H1N1) : Un virus très actif, très discret et parfois très méchant.
Un virus très actif, plutôt discret et toujours très dangereux pour certains. Nos connaissances sur le virus de la grippe A-H1N1) s’affinent.
Ce sont deux mille femmes enceintes venues subir une prise de sang pour les sérodiagnostics de toxoplasmose et de rubéole qui ont aidé à obtenir une première photographie de la prévalence de l’infection grippale en France.
Avec leur consentement, un échantillon sanguin a été adressé au laboratoire des virus émergents de la faculté de médecine de Marseille afin de rechercher la présence de marqueurs sanguins du virus A(H1N1) chez ces femmes.
On a ainsi constaté que 10,6 % d’entre elles présentaient des anticorps contre le virus, aucune n’ayant, bien sûr, été vaccinée.
Par une extrapolation statistique, les auteurs de l’étude publiée en ligne sur PLoS Current estiment que lors de la première semaine de décembre 2009, dans la population des femmes et des hommes entre 20 et 39 ans, le nombre de nouveaux cas de grippe A a été de 1,72 million.
Or, à cette même époque, et si on se reporte aux données du réseau Sentinelles, les médecins ont vu en consultation 336000 grippes symptomatiques, c’est-à-dire des personnes ayant une fièvre supérieure à 39 °C, des signes respiratoires et des douleurs musculaires.
Les tableaux symptomatiques représentaient un peu moins de 20 %, 19,6 % exactement, et la majorité des cas était soit asymptomatique soit pauci symptomatique.
Bien entendu, il s’agit d’extrapolations et ces chiffres ne sont pas coulés dans le bronze.
Ils ont été, en outre, obtenus au milieu du pic épidémique.
Ils viennent cependant confirmer deux notions :
La première c’est que, même en période de grippe saisonnière, il y a entre 30 et 40 % de cas de grippe qui peuvent passer inaperçus ou être suffisamment anodins pour ne pas justifier d’une consultation.
La seconde c’est que cette grippe pandémique revêt sans doute des formes asymptomatiques dans au moins la moitié des cas, voire jusqu’à 80 % dans certaines tranches de la population.
Mais il ne faut pas non plus oublier que le nombre de formes graves constatées depuis le début de l’épidémie, près de mille patients en unités de soins intensifs, est beaucoup plus élevé avec la grippe A(H1N1) qu’avec la grippe saisonnière et que les victimes sont des personnes jeunes qui, dans un quart des cas, n’avaient aucun facteur de risque.
Cette étude dont les auteurs soulignent qu’elle ne doit pas donner lieu à des conclusions trop hâtives, devra être poursuivie et répétée jusqu’à la fin de l’épisode grippal afin d’en apprendre encore plus.
Evaluer précisément le nombre de cas pauci ou asymptomatiques. Voir si ces personnes sont protégées contre la grippe et voir quelle peut avoir été leur contagiosité vis-à-vis des autres.
L’addition des personnes ayant eu une grippe symptomatique, de celles qui ont été vaccinées et des cas asymptomatiques pourrait atteindre actuellement en France entre 11 et 15 millions .
Mais toutes n’ont pas forcément le même niveau d’immunisation.
L’obtention de ces données pourra permettre de dessiner les futurs plans de vaccination afin de définir les priorités et pour pouvoir protéger en priorité les groupes les plus exposés aux graves complications que peut générer ce virus.
Référence de la publication:
Antoine Flahault et al.
Symptomatic infections less frequent with H1N1pdm than with seasonal strains
Johnny Hallyday : la mission des experts va au delà de ce qui s’est passé lors de l’intervention.
La mission confiée aux experts commis par la justice pour examiner le cas Hallyday va couvrir un large domaine. Il n’est pas certain que ce qu’est ce que l’entourage souhaitait.
Les deux experts désignés par le juge sont le Pr Marc Tadié, neurochirurgien au CHU Bicêtre et le Dr Bertrand Gachot, un spécialiste en maladies infectieuses et qui exerce à l’Institut Gustave Roussy, à Villejuif. Il a publié récemment un ouvrage sur les infections nosocomiales.
On sait que la famille Hallyday et son entourage mettent en cause le Dr Stéphane Delajoux, le neurochirurgien qui a opéré le chanteur. Comme je l’ai dit il y a quelques jours, l’intervention n’a pas été une cure de hernie discale. Il s’est agi d’une cure de « canal lombaire étroit », c’est-à-dire un geste pour élargir le canal contenant la moelle épinière.
Le chirurgien a enlevé une partie de l’arc postérieur d’une vertèbre lombaire.
Comme on peut l’imaginer, la justice veut savoir ce qui s’est passé. Savoir pourquoi, par exemple, une infection est survenue et pourquoi elle a pris un tour aussi dramatique.
Car les choses pourraient être moins simples que ce qui a été dit par l’entourage du chanteur.
La justice souhaite, en effet, élargir la période d’investigation.
Ainsi, dans l’ordonnance fixant la mission des experts des experts, il est précisé qu’ils devront étudier tous les facteurs pouvant être intervenus dans la survenue de l’infection et avoir accès aux prescriptions médicales faites au chanteur avant et après l’intervention.
Les Hallyday doivent leur remettre immédiatement les documents médicaux et paramédicaux relatifs aux soins reçus aux Etats-Unis.
De même, ils devront pouvoir avoir accès à tous les actes médicaux, chirurgicaux et radiologiques remontant au 1er janvier 2008.
Cela inclut donc l’intervention subie en juillet dernier par Johnny Hallyday à l’hôpital Américain de Neuilly. Il s’agissait, selon la version officielle, de procéder à l’ablation d’un polype colique cancéreux.
Les experts pourront alors constater si telle est bien la réalité. Une pathologie plus importante ayant pu entraîner un geste plus lourd pourrait expliquer, par exemple, que les défenses immunitaires du chanteur soient altérées.
Le juge demande également aux experts, s’ils estiment cela pertinent, de se pencher sur les modes de vie et habitudes de Johnny Hallyday avant et après l’intervention.
En termes polis et pesés, cela recouvre l’hygiène de vie de la rock star. Plus précisément son problème avec l’alcool dont sa femme disait dans le magazine « Elle » du 11 décembre 2009 qu’il faisait partie des « démons » qu’elle n’avait pu l’aider à « dompter ».
Les experts ont jusqu’au mois de juillet pour rendre leur rapport dont on imagine qu’il sera attendu par les deux parties avec impatience, notamment du côté des Hallyday étant donné le montant des sommes en jeu à la suite des annulations de la tournée.
Grippe A (H1N1) : les femmes enceintes et les enfants d’abord, comme cibles du virus.
Au moment où le virus de la grippe A (H1N1) semble vouloir respecter la trêve des confiseurs, deux études concernant les enfants et les femmes enceintes viennent nous rappeler le danger de ce virus sur ces populations.
La première étude concerne l’Argentine, pays de l’hémisphère Sud, qui a donc connu sa saison de grippe six mois plus tôt que nous.
Dans l’édition de cette semaine du New England Journal of Medicine, le NEJM, des équipes de six hôpitaux pédiatriques de Buenos- Aires, ont étudié les cas pédiatriques de grippe A(H1N1) qui ont nécessité une hospitalisation.
La zone géographique étudiée dessert une population de 1,2 millions d’enfants.
Il y a eu, au total, 251 enfants hospitalisés à cause de symptômes respiratoires liés au virus, soit deux fois plus que ce qui avait été constaté un an plus tôt avec la grippe saisonnière.
Le transfert en unité de soins intensifs a concerné 19 % de ces enfants, 17 % nécessitant la mise sous ventilation artificielle.
Treize enfants sont morts, alors que la grippe saisonnière n’avait entrainé aucun décès l’année précédente et un seul décès en 2007.
Pour la seule zone urbaine concernée, donc, on a constaté une mortalité dix fois plus élevée que pour la grippe saisonnière.
La seconde étude concerne les femmes enceintes et les jeunes accouchées, deux semaines ou moins, de Californie.
L’étude, également publiée dans le NEJM, s’étend du 23 avril au 11 août 2009.
Au total, les hospitalisations pour forme sévère de grippe ont concerné 94 femmes enceintes et 8 jeunes accouchées.
89 des 94 femmes enceintes étaient dans le deuxième ou le troisième trimestre de grossesse.
Parmi ce groupe de 102 femmes (94+8), 34 % avaient une pathologie sous-jacente, comme un asthme, un diabète de type 1, un diabète gestationnel ou une pathologie rénale.
Plus d’une femme sur cinq, 22 % exactement, a du être admise en réanimation.
Il y a eu 8 décès, six femmes enceintes et deux femmes en post-partum.
Six accouchements ont eu lieu durant le séjour hospitalier dont quatre naissances avec césarienne en urgence.
Le taux de mortalité maternelle directement liée à cette grippe est de 4,3 pour cent mille enfants nés vivants. Cela équivaut au quart des causes de décès maternels en Californie, un résultat anormalement élevé.
Lors du suivi, par exemple, de 4000 femmes enceintes entre 1974 et 1993 dans le Tennessee, il y a eu 104 décès liés à des problèmes cardio-pulmonaires pendant les saisons grippales.
Aucun de ces décès n’a été imputé au virus saisonnier.
L’étude californienne a montré également que le fait de donner des antiviraux au maximum deux jours après le début des symptômes réduisait le risque de voir la femme enceinte admise en unité de soins intensifs.
Les auteurs plaident donc pour une prise en charge rapide de ces femmes et, bien sûr, pour une vaccination préventive.
Références des études :
Romina Libster et al.
Pediatric hospitalizations associated with 2009 pandemic influenza A (H1N1) in Argentina
Published on 23 December, 2009, at NEJM.org
doi :10.1056/NEJMoa0907673
Janice K Louie et al.
Severe 2009 H1N1 influenza in pregnant and postpartum women in California
Published on 23 December, 2009, at NEJM.org
doi :10.1056/NEJMoa0910444
Grippe A(H1N1): Pour les enfants, une seule dose de vaccin devrait suffire.
Les enfants de 6 mois à 9 ans peuvent être vaccinés contre la grippe A(H1N1) avec une seule dose de vaccin contenant 15 microgrammes d’antigène viral. C’est la conclusion à laquelle aboutit une équipe australienne qui a suivi 370 enfants de la tranche d’âge allant de 6 mois à 8 ans révolus.
Ces enfants ont été vaccinés avec le vaccin australien de la société CSL, non homologué en Europe. L’étude est publiée en ligne sur le site du JAMA
Ce vaccin, sans adjuvant, a été administré à deux reprises et à trois semaines d’intervalle en injection intramusculaire. Les enfants recevaient soit 15 microgrammes, soit trente microgrammes à chaque injection.
On considère un taux d’anticorps anti-hémagglutinine de 1:40 comme protecteur.
Ce taux a été atteint dès la première injection chez 92,5 % des enfants recevant le vaccin à 15μg et 97,7 % des enfants recevant le dosage à 30 µg.
Après la seconde injection, tous les enfants ont présenté un taux égal ou supérieur à 1 :40.
La majorité des effets secondaires a consisté en des douleurs modérées au point d’injection.
Il y a eu quelques rares épisodes plus intenses, notamment des réactions fébriles intenses dans deux cas, l’un accompagné d’une gastro-entérite.
La taille de l’étude est assez réduite, certes, mais elle va dans le même sens que plusieurs autres qui montrent que ce vaccin est très immunogène.
Limiter à une injection la vaccination à plusieurs intérêts, notamment éviter des déplacements longs et pénibles, éviter la douleur au point d’injection et permettre de disposer de quantités de vaccins plus importantes pour le reste de la population.
Actuellement en France, seuls les enfants ayant reçu du vaccin Pandemrix sont dispensés d’une seconde injection.
Référence de l’étude :
Terry Nolan et al.
Vaccine in Infants and Children: A Randomized Trial Immunogenicity of a Monovalent 2009 Influenza A(H1N1)
JAMA. 2010;303(1):(doi:10.1001/jama.2009.1911)
Accès gratuit
Affaire Hallyday : Qui va payer ? Vous, peut-être !
La justice décidera le 28 décembre de l’éventuelle nomination d’experts à la requête des époux Hallyday. Elément important, il s’agit d’une procédure civile, pas pénale. Cela signifie qu’il n’y a, actuellement aucune plainte contre le Dr Delajoux ou la clinique Monceau.
Autre curiosité: il n’est pas impossible, théoriquement, que ce soit chacun d’entre nous qui indemnise le chanteur.
A quoi donc peut servir une telle demande ? En gros à rechercher une transaction !
La procédure civile n’est pas aussi coercitive qu’une procédure pénale. Il n’y a pas, par exemple, de commission rogatoire avec saisie du dossier.
Ce sont les diverses parties qui fournissent, de leur plein gré, les informations demandées.
Pas moyen, en particulier, d’imposer aux médecins américains la communication de leur dossier. Tout cela ne peut se faire que sur la base de bonnes volontés réciproques.
Les experts peuvent néanmoins demander au juge d’intervenir si l’une des parties traine des pieds et semble de mauvaise foi.
De même, ils peuvent demander à aller plus loin et consulter le dossier du patient sur des actes antérieurs à l’opération
Ils pourront ainsi, s’ils le jugent utile, demander à consulter le dossier de l’Hôpital américain, établissement où le chanteur a été opéré cet été d’un cancer du colon. Consulter également le dossier de la consultation d’anesthésie qui a précédé les interventions, et au cours de laquelle un interrogatoire médical précis est mené par les anesthésistes.
Ils auront bien évidemment accès au compte-rendu opératoire ainsi qu’au « cahier de bloc » où sont consignées toutes les informations relatives à l’intervention et au matériel utilisé.
Leur mission sera donc de déterminer autant que possible quelle peut être la part de responsabilité éventuelle de la clinique ou du médecin dans l’interruption de la tournée de Johnny Hallyday.
Si l’hypothèse d’une infection nosocomiale est retenue, elle ne justifie pas à elle seule l’ampleur des soins médicaux qui ont été mis en œuvre aux Etats-Unis, surtout s’il s’agit d’un abcès de paroi.
Au cas où cette infection nosocomiale est retenue pour partie, la responsabilité de la clinique sera sûrement avancée car, au plan légal, il est plus facile de mettre en cause un établissement de soins qu’un praticien. Pour ce dernier, il faut prouver qu’il y a eu faute de sa part alors que pour l’établissement, la présomption suffit.
Mais il faut se rappeler que la clinique Monceau est l’un des établissements les plus actifs en France en matière de prévention de ce genre d’infection.
Et puis il y a le Dr Delajoux. Il a fait l’objet d’accusations graves et d’un véritable lynchage médiatique.
Cette expertise permettra peut-être de faire la part des choses, de le « blanchir » ou pas. Mais si c’est une infection nosocomiale qui est retenue, son geste opératoire ne sera pas remis en cause, sauf à démontrer qu’il a travaillé « salement ».
En tout état de cause, il est évident que du côté des intérêts du chanteur, on s’orientera vers une demande de transaction en cherchant à faire prendre en charge une partie des frais d’annulation de la tournée par les assurances de la clinique ou du médecin.
Mais la partie n’est pas gagnée d’avance.
Il n’est pas impossible, non plus, que d’autres parties soient mises dans la cause, comme dit le jargon juridique. Ainsi, le producteur pourrait être inclus au dossier.
Il faut également s’attendre à l’inclusion à la cause de l’ONIAM, l’Office national d’indemnisation des accidents médicaux.
Cet office a pour but d’indemniser les victimes d’aleas thérapeutiques, c’est à dire les victimes d’accidents médicaux dans lesquels aucune faute n’a été retenue à l’encontre des praticiens ou des établissements.
Il faut pour cela que le taux d’invalidité partielle permanente, l’IPP, atteigne plus de 25 %.
Théoriquement donc, on peut imaginer que la solidarité nationale joue pour indemniser Johnny Hallyday pour son problème de santé.
La solidarité nationale, c’est à dire l’argent du contribuable. Assez cocasse quand on songe au statut de non-résident fiscal du chanteur !
De quoi allumer le feu !
PETITE INFORMATION TECHNIQUE
L’intervention pratiquée sur Johnny Hallyday ne consistait pas en une cure de hernie discale. Il a subi une hemi-lamectomie droite, comme disent les techniciens. On parle également de cure de « canal lombaire étroit ».
Il s’agit de faire un peu de place à la moelle épinière et aux racines nerveuses qui peuvent être comprimées par des lésions arthrosiques. On enlève une facette de l’arc vertébral postérieur.
Un repos de plusieurs jours est recommandé.
Johnny Hallyday, suite et pas fin : un show médiatique qui procure un certain effroi.
Le lynchage médiatique infligé au chirurgien qui a opéré Johnny Hallyday pose quelques questions auxquelles on espère qu’une expertise pourra répondre. A l’approche de Noël, on peut rêver.
Il y a des monuments auxquels on ne touche pas et Johnny fait partie de ce patrimoine à sauvegarder à tout prix.
Le voir malade, dans un lit, à Los Angeles a déclenché l’ire, que dis-je, la fureur, de millions de fans.
Fureur contre le neurochirurgien qui l’a opéré Stéphane Delajoux.
Je ne connais pas ce chirurgien, je ne suis pas un de ses amis. Je ne suis donc pas son avocat, il en a, par ailleurs deux excellents !
Je ne suis pas procureur non plus, ni accusateur public pour la bonne raison que je ne connais pas l’ensemble du dossier, je l’ai déjà dit ici.
Ce qui m’étonne, cependant, dans cette affaire, c’est la façon dont ce médecin a été traité.
Le monde journalistique a, comme d’habitude, et de façon grégaire, tapé à bras raccourcis sur un personnage sulfureux, certes, mais qui, en l’espèce, n’est pas forcément en cause.
Mais qu’importe ! On lui fait payer un passé il est vrai peu glorieux, comme cette tentative d’escroquerie à l’assurance en 1994. Il a été condamné, incarcéré et cela n’en fait pas, pour autant, un chirurgien incompétent même si on peut penser qu’il a manqué à l’honneur et à la probité que le Code de déontologie médicale impose à chaque médecin.
Ce qui me trouble un peu, par exemple, c’est la très violente charge émanant d’un célèbre avocat qui parlait au nom du Conseil de l’Ordre.
L’Ordre des médecins a des niveaux différents : un échelon départemental auquel s’inscrit le médecin exerçant dans une commune de ce département, un échelon régional et un échelon national, le fameux conseil national de L’ordre des médecins, ou CNOM.
Ceux qui ont vu la charge de l’avocat contre Delajoux, le qualifiant de divers noms d’oiseaux et s’étonnant qu’il continuât à exercer ont pu, de bonne foi, croire que ce ténor du barreau parlait au nom de l’Ordre national, l’instance disciplinaire majeure.
Or, renseignements pris, ce n’est absolument pas le cas ! Cet avocat n’est nullement mandaté par le conseil national de l’Ordre des médecins qui, nous dit-on en « off », sait parfaitement s’exprimer seul et ne fait jamais « donner » ses avocats.
La diatribe contre Delajoux n’émane donc pas de tout en haut, mais de l’échelon départemental.
Ce qui est dérangeant dans cette affaire, c’est que l’avocat qui tire ainsi à boulets rouges contre lé chirurgien de Johnny a déjà eu l’occasion de croiser sa route.
Delajoux est, en effet, allé à Vilnius, en Lituanie, à la demande de la famille Trintignant pour tenter ce qu’on qualifia d’opération « de la dernière chance » sur Marie Trintignant.
Un voyage hautement controversé dans le monde médical car la jeune femme était déjà dans un coma dépassé. Le cirque médiatique qui entoura le voyage du chirurgien puis le rapatriement de l’actrice et son décès dans une clinique parisienne n’ont pas aidé ses confrères à apprécier la démarche du Dr Stéphane Delajoux.
Mais si j’évoque ce fait, c’est qu’il faut se rappeler que la mort de Marie Trintignant est secondaire aux coups que lui infligea son compagnon Bertrand Cantat. Un meurtre qui valut au chanteur de Noir Désir une condamnation à huit ans de prison.
Et qui était l’avocat de Cantat ? Le même qui s’en est pris récemment au Dr Delajoux. Une proximité qui n’a pas été beaucoup relevée dans la presse, me semble-t-il !
De la même façon, on a vu naître des vocations de procureur, comme celle du manager de Johnny, et de grands talents d’experts médicaux, comme ceux de Nikos Aliagas ou de Line Renaud.
Si, comme on le dit, le chanteur était en coma artificiel, donc sous assistance respiratoire, j’ai un peu de mal à comprendre vu la taille de l’appareillage comment cette délicieuse femme a pu le trouver « beau » sur son lit.
On a entendu un producteur parler de « massacre », selon ce qu’auraient dit les médecins, puis ce même producteur nous expliquer que n’étant pas médecin lui-même, il n’avait pas d’opinion mais répétait ce que les médecins auraient dit à la famille.
Quand on connaît le genre d’établissement dans lequel est notre Jojo national, une sorte d’hôpital de luxe, coffre-fort, où chaque mot est compté par peur du procès, je vois mal des médecins aller confier ainsi leurs états d’âme au premier venu.
Massacre chirurgical, puis grave infection, le diagnostic a aussi évolué u cours des jours, au fur et à mesure que l’annulation de la tournée devenait évidente.
Il va donc falloir attendre maintenant que des experts médico-judicaires soit commis par le juge. On peut espérer qu’il choisira les meilleurs de sa liste et qu’ils s’attacheront à travailler en toute objectivité.
Leur tâche ne sera pas simple. La clinique Monceau est classée parmi les toutes premières en matière de lutte contre les infections nosocomiales et le chirurgien est dûment diplômé pour cette chirurgie. Il a, certes, été condamné par le passé pour des actes médicaux mais rares sont les chirurgiens, surtout lorsqu’on fait de la chirurgie du dos, qui finissent leur carrière sans avoir eu à être confrontés à des plaintes de patients.
Je le dis et le répète, je n’ai aucune raison de défendre le chirurgien.
Mais je n’ai aucune raison, non plus, de l’enterrer si rapidement.
Je me dis simplement que, connaissant son client, il aurait dû exiger que ce dernier s’engage à ne pas bouger et à entreprendre certains ajustements « alimentaires » afin d’éviter des conséquences potentiellement sévères liées à un choc postopératoire.
Mais je ne suis pas « chirurgien des stars » et je ne n’aurais sans doute pas su dire non à Johnny, en souvenir des boums où j’espérais conclure sur « Retiens la nuit ».
En vain !
PETITE NOTE DE BAS DE PAGE :
L’un des premiers assureurs médicaux a expliqué à une de mes consoeurs de France 2 qu’en moyenne un chirurgien ou un neurochirurgien était « mis en cause » une fois tous les deux ans. La chirurgie de la colonne vertébrale est une grande pourvoyeuse d’actions contre les praticiens.
Quand ces affaires arrivent devant la justice, le médecin est condamné dans 68 % des cas.
Johnny Hallyday : un coupable idéal ?
Les problèmes rencontrés actuellement par Johnny Hallyday ne sont pas forcément liés directement au geste chirurgical.
Selon une source proche du dossier, comme il est coutume de dire,et certains éléments que nous avons pu obtenir, les suites opératoires du chanteur ont été normales jusqu’à son départ.
Il a été vu la veille de son départ à la clinique où il a été opéré. La plaie opératoire était propre et il n’y avait pas, selon cette même source, de signe d’infection.
Johnny Hallyday était particulièrement « en forme » selon les témoins de sa visite en compagnie d’un acteur.
D’autre part, des examens biologiques faits quelques heures avant son départ pour Los Angeles n’ont montré aucun stigmate infectieux.
La numération formule sanguine et, en particulier, le taux de polynucléaires étaient normaux.
Le taux de CRP, protéine C-réactive, un excellent témoin d’inflammation et d’infection était également normal, plusieurs jours donc après le geste chirurgical.
La probabilité d’une infection cutanée à distance est parfaitement plausible malgré tout. Des difficultés de cicatrisation auraient déjà été rencontrées, dit on, cet été suite à l’intervention sur le cancer du colon.
La prise en charge de cette infection, simple au demeurant, aurait cependant nécessité pour des raisons autres, la mise du chanteur sous sédation, c’est-à-dire notamment des doses élevées de tranquillisants associée à une importante réhydratation.
Un protocole qui devrait évoquer sans doute une pathologie précise au Dr House qui sommeille en plusieurs d’entre nous
Le froid et ses dangers et des généralistes en froid avec leur ministre à cause de la grippe..
Vous pouvez retrouver l’étude sur la surmortalité liée au froid en cliquant ICI.
D’autre part, la zizanie entre pouvoirs publics et médecins généralistes n’est pas en voie d’extinction !
Le Collège national des généralistes enseignants, le CNGE, refuse de suivre à la lettre les dernières recommandations de la Direction générale de la santé qu’on peut consulter ICI.
Ces médecins sont des généralistes qui participent à la formation des étudiants en médecine aussi bien dnas les services hospitaliers qu’en les accueillant en stage dans leurs cabinets.
Le Collège National des Généralistes Enseignants (CNGE) ne recommande pas
l’utilisation systématique de médicaments antiviraux en cas de suspicion de grippe
A/H1N1 2009.
Les données disponibles pour la grippe saisonnière ne sont pas en faveur de l’utilisation systématique
des inhibiteurs de la neuraminidase (IN) pour les patients présentant des signes cliniques de grippe.
Les dernières publications confirment et précisent les données antérieures :
- Selon les preuves disponibles actuellement, les IN ne permettent pas de prévenir les
complications et les formes graves de la grippe chez les patients avec ou sans facteur de
risque.
- L’utilisation précoce d’IN (avant 48 heures d’évolution et de préférence dans les premières
heures suivant l’apparition des symptômes) permet une réduction de moins d’une journée de
la durée des symptômes.
- La tolérance des IN est globalement acceptable, mais ils provoquent un nombre significatif de
cas d’effets secondaires, notamment des nausées/vomissements, avec l’oseltamivir.
Pour la grippe A/H1N1, les données actuelles sont trop fragmentaires et de très faible niveau de
preuve. Il n’y a pas de donnée plaidant en faveur d’une efficacité supplémentaire des IN sur le virus
A/H1N1 2009. Par ailleurs, l’impact d’une diffusion massive des IN sur la souche virale pandémique est
inconnu.
La nouvelle directive de la Direction Générale de la Santé recommandant l’utilisation systématique des
IN pour tous les cas de grippe sans autre précision ni arguments est donc pour le moins contradictoire
avec l’ensemble des données scientifiques publiées. Le CNGE demande à la DGS d’indiquer les
arguments scientifiques et les niveaux de preuve sur lesquels s’appuie ce changement soudain de
recommandation.
Dans l’immédiat, compte tenu du risque très faible de complication pour les sujets en bonne santé, de
l’absence de preuve de bénéfice des IN dans cette situation, du risque tangible de mauvaise tolérance
notamment digestive, le CNGE recommande de ne pas prescrire systématiquement les IN en cas de
suspicion clinique de grippe.
Compte tenu des informations scientifiques disponibles, le CNGE ne voit aucune raison de modifier
les recommandations existantes.
Même si aucune donnée solide ne permet de recommander l’utilisation des IN chez les patients à
risque, les réserver aux situations à risque, aux femmes enceintes et aux sujets à risque est recevable.
Dans ces cas, les IN doivent être prescrits le plus précocement possible, de préférence dans les 24
heures après le début des symptômes. Ils peuvent aussi être prescrits dans les formes graves en
l’absence d’alternative thérapeutique.
Le CNGE rappelle que la vaccination anti A/H1N1 reste le meilleur moyen pour éviter la grippe et
donc les formes graves, en particulier pour les sujets à risque.
Ils ont, en outre, publié un long argumentaire pour défendre leur position.
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