Archives mensuelles : décembre 2009

GRIPPE A(H1N1) : Nouvelle recommandation concernant les antiviraux.

La prescription des médicaments antiviraux, oseltamivir et zanamivir (Tamiflu et Relenza) va devenir sans doute plus fréquente.

Voici la note d’information que chaque médecin a reçu de la part de la Direction générale de la santé :

Compte tenu de la progression de la pandémie sur le territoire et de l’augmentation des hospitalisations et formes graves, les recommandations de prescription des antiviraux ont évolué.
Les nouvelles recommandations sont les suivantes et prendront effet le 10 décembre :
-   La prescription du traitement antiviral est systématique chez le patient présentant une grippe clinique.
-   Le prélèvement naso-pharyngé à visée diagnostique préalablement à la mise sous traitement antiviral curatif n’est pas systématique. Ses indications sont restreintes à des cas particuliers comme les formes graves.
-   Il convient de surveiller l’apparition de tout signe d’aggravation et en particulier d’une dyspnée et de recommander, dans ce cas, l’appel au centre 15.
-   Pour une personne non malade et présentant des facteurs de risque (dont les femmes enceintes et les enfants de moins de 1 an) qui a été en contact étroit avec une personne grippée, un traitement antiviral post exposition est recommandé. Le traitement est dit préemptif (à dose curative et pendant 5 jours)
Pour faciliter l’accès aux traitements, le stock d’Etat d’antiviraux va être livré dans les officines de métropole à partir du 21 décembre. Ce stock est composé de deux formes galéniques d’oseltamivir (le Tamiflu 75 mg, sous forme de gélule, à usage adulte et l’oseltamivir PG 30, sous forme de comprimé sécable dispersible, adapté à l’enfant) et de Relenza qui peut être utilisé en traitement post exposition.
Ces produits seront délivrés gratuitement en officine, uniquement sur prescription médicale.
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GRIPPE A (H1N1) : L’obésité fait courir un gros risque de décès.

Même si la grippe pandémique tue beaucoup moins que la version saisonnière, il est important de savoir qui et comment elle tue. C’est à ces questions que répond une étude américaine qui a étudié les lésions pulmonaires de trente-quatre victimes de la grippe A(H1N1).
 
Ce sont donc 34 décès survenus entre le 15 mai et le9 juillet 2009 que les services de médecine légale de la Ville de New-York ont étudiés.
Première information, l’âge des victimes : 62 % des 34 morts avaient entre 25 et 49 ans. Un seul cas concernait un homme de plus de 60 ans.
 
Deuxième information : une coinfection bactérienne a été retrouvée dans 55 % des cas, le pneumocoque étant le germe le plus souvent retrouvé.
 
Les résultats des autopsies montrent également que les lésions de l’arbre respiratoire allaient du haut en bas de cet ensemble. On retrouve principalement des lésions de trachéo-bronchite avec des atteintes des couches superficielles de ces zones, notamment des ulcérations de l’épithélium, la couche superficielle de cellules tapissant ces bronches.
 
Mais on retrouve également des lésions diffuses des alvéoles pulmonaires, ces petits sacs où se font les échanges gazeux entre l’air inspiré et les vaisseaux sanguins.
 
Cette étude souligne également que 37 % des sujets avaient des facteurs de risque, le plus commun, dans 72 % des cas étant l’obésité.
Cette notion était connue car déjà notée dans les pandémies précédentes de 1918 et de 1957, liées elles aussi à un virus AH1N3.
 
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On apprend également, grâce à ce travail, que les images obtenues par tomodensitométrie, ce qu’on appelle couramment le scanner, permettent chez les patients avec des manifestations respiratoires, d’identifier ceux qui vont nécessiter un placement rapide en soins intensifs.
Une notion importante quand on sait que pour 50 % de  ces patients new-yorkais il ne s’est écoulé que 7 jours entre l’apparition des symptômes et le décès.
 
 
Référence de l’étude :
 
James R. Gill et al.
 
Pulmonary Pathologic Findings of Fatal 2009 Pandemic Influenza A/H1N1 Viral Infections
Arch Pathol Lab Med. 2010;134:E1–E9
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ASH 2009- Phlébite et anticoagulants : l’INR pourrait bientôt ne plus porter sur les nerfs.

 
C’est une angoisse que vivent plusieurs centaines de milliers de personnes. Elles se font du mauvais sang parce qu’elles ne savent pas si leur anticoagulant est efficace ou non. Il faut donc avoir recours régulièrement à des examens sanguins pour savoir si l’on est entre les dents de la bonne fourchette.
Mais de nouveaux médicaments arrivent qui pourraient rendre la vie de ces patients plus simple.
 
Le congrès américain d’hématologie, ASH qui se déroule jusqu’à demain à la Nouvelle-Orléans a de nouveau évoqué une molécule qui suscite un grand intérêt chez les médecins et les patients, le dabigatran.
 
Cette molécule est évaluée actuellement dans les mêmes indications que la warfarine, un médicament dit anti-vitamine K ou AVK. Ces AVK, en intervenant comme l’indique leur nom sur la vitamine K, perturbent les mécanismes de coagulation, rendant ainsi le sang plus « fluide ».
 
Ces traitements sont donnés à titre de prévention chez des personnes ayant, par exemple, des troubles du rythme cardiaque, comme une fibrillation auriculaire. Dans cette pathologie, le mauvais fonctionnement du cœur peut entrainer la formation de caillots qui risquent, dans un deuxième temps, de migrer dans une artère cérébrale et de provoquer un accident vasculaire cérébral ou AVC.
 
Ces médicaments sont aussi utilisés chez les personnes ayant fait une phlébite afin d’éviter une récidive.
 
Seul problème, et de taille, il faut régulièrement faire une prise de sang pour mesurer un paramètre appelé INR, un rapport international normalisé.
Cet INR doit être comprise entre 2 et 3 pour que l’effet anticoagulant soit jugé satisfaisant.
Mais en fonction de l’alimentation ou d’une prise médicamenteuse associée, on peut se retrouver au dessus de 3, c’est-à-dire dans une zone où l’effet anticoagulant est trop élevé et expose à des risques hémorragiques. L’INR peut aussi être en deçà de 2, rendant inefficace l’effet anticoagulant.
 
Et pour compliquer les choses, il n’y a pas, comme pour le diabète, d’instruments d’automesure permettant de vérifier son taux à la maison.
 
L’idéal serait donc de disposer d’un traitement oral dispensant de la réalisation de l’INR, un médicament moins sensible aux variations que ne le sont les AVK.
C’est ce créneau que vise le dabigatran.
 
Cela fait déjà quelques mois que cette molécule est l’objet de publications scientifiques lors de grands congrès. En septembre dernier, par exemple, une étude présentée à la Société européenne de cardiologie dans le cadre de la prévention de la récidive des AVC.
Le médicament avait montré une légère  supériorité aux AVK, mais imposait deux prises par jour ce qui complique l’observance. En outre la tolérance digestive posait quelques problèmes.
 
Deuxième grande étude donc, baptisée RE-COVER, cette fois dans la prévention de la récidive des thromboses veineuses profondes (TVP), ce qu’on nomme également phlébite.
 
L’étude a comparé deux groupes de patients victime d’une TVP. Le premier groupe de 1274 patients a reçu, pendant six mois, le dabigatran à la dose de 150 mg deux fois par jour.
Le deuxième groupe, 1265 personnes, a reçu de la warfarine, un AVK, une fois par jour, le dosage étant ajusté afin de maintenir la valeur de l’INR entre 2 et 3.
 
Au bout des six mois, l’étude a montré que le dabigatran n’était pas inférieur à la warfarine dans la prévention de la récidive des TVP. 0 patients sous dabigatran (2,4 %) et 27 sous warfarine (2,2 %) avaient récidivé.
 
En termes de saignements, cet effet indésirable a été moins retrouvé dans le groupe recevant le dabigatran, 207 contre 280. Les saignements majeurs ont été également moins fréquents, 20 contre 24.
Les autres effets secondaires et les modifications des paramètres biologiques, notamment concernant les enzymes hépatiques, ont été semblables dans les deux groupes.
 
Mais, comme lors de l’essai RE-LY (fibrillation auriculaire), les troubles digestifs ont été cinq fois plus élevés pour les patients recevant la nouvelle molécule, 2,9 % contre 0,6 %.
 
Apparemment donc, le dabigatran s’avère aussi efficace que les AVK, sans la contrainte et la hantise du dosage de l’INR.
 
Mais le médicament impose deux prises quotidiennes au lieu d’une. D’autre part, l’étude a été faite avec un dosage de 150 mg par comprimé. Dans l’étude RE-LY, ce dosage avait été bien moins toléré que le dosage à 110mg.
 
Il faudra donc voir dans le cadre de la « vraie vie » et non plus dans celui d’un essai clinique si les résultats sont reproductibles.
Vérifier l’observance et, surtout, la tolérance.
 
On voit ça et là fleurir le terme de « révolution »n preuve s’il en est que le marketing fonctionne bien !
 
Mais on peut, néanmoins, parler d’un progrès encourageant qui devrait faciliter la prévention secondaire après un AVC ou une phlébite.
Actuellement à peine plus de la moitié des patients relevant d’une indication d’AVK utilise ces molécules.
 
On peut espérer que, débarrassés de la contrainte de l’INR et rassurés quant aux risques de saignements, ils puissent, à la longue, être plus nombreux à se prémunir contre le risque de récidive.
 
 
Référence des études :
 
Schulman S et al.
Dabigatran versus warfarin in the treatment of acute venous thromboembolism
N Engl J Med 2009; 361: 2342-52
 
Connolly SJ et al.
Dabigatran versus warfarin in patients with atrial fibrillation
N Engl J Med 2009; 361: 1139-51
 
 
 
 NOTE DE BAS DE PAGE
 
Je ne manquerai pas de signaler les analyses beaucoup plus précises qui seront faites par des cardiologues et des spécialistes des maladies vasculaires, comme Lawrence Passmore sur son blog  Grangeblanche.com
 
 
 
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