Archives quotidiennes : 24 février 2010

Dopage : un rugbyman premier positif à l’hormone de croissance.

 
C’est une grande première dans la lutte contre le dopage : un joueur britannique de rugby à XIII vient de “tomber” à cause de l’hormone de croissance.
 
Terry Newton, talonneur des Wakefield Trinity Wildcats, espérait sans doute laisser une trace dans le rugby à XIII.
Son vœu va être exaucé mais pas exactement comme il l’imaginait.
Il est, en effet, le premier sportif à être contrôlé positif suite à la prise d’hormone de croissance, ou HGH.
 
Cette hormone était l’Arlésienne des contrôles anti-dopage. Cela fait des années que toutes les agences nationales cherchent à détecter cette substance, en vain. Du moins plus depuis quelques jours, le 19 février, en effet, a été notifié officiellement à Newton le résultat d’un contrôle effectué le 24 novembre dernier, contrôle positif.
 
L’hormone de croissance est naturellement secrétée par la glande hypophyse. Son rôle est multiple dans l’organisme. Elle agit, comme son nom l’indique, sur la croissance osseuse, mais aussi sur le métabolisme cellulaire en favorisant le développement musculaire en particulier. Cela se fait par l’intermédiaire de la stimulation d’un facteur appelé IGF-1 ou Insulin growth factor-1.
 
Utilisée en médecine dans certains états pathologiques, comme les grands retards de croissance chez les enfants ou des situations plus dramatiques, cette hormone s’est rapidement retrouvée dans le milieu sportif.
 
Indétectable jusque là, elle circule dans beaucoup d’activités. Son usage, et surtout son abus, peuvent être identifiés par des modifications de la taille de certains os. Le prognathisme, par exemple, c’est à dire un menton qui « avance ». De la même façon, il peut y avoir modification brutale de la pointure de chaussures.
 
Mais la stimulation inappropriée de l’IGF-1 peut avoir d’autres conséquences plus graves, comme l’apparition d’un diabète et sans doute une possibilité de faciliter des développements tumoraux.
 
Newton ne pourra pas rejouer avant le 23 novembre 2011 au plus tôt.
 
On notera avec beaucoup d’intérêt que c’est un rugbyman et non un cycliste qui « tombe » le premier.
Pour ceux qui suivent le dossier du dopage, on ne peut pas dire qu’il s’agisse d’une vraie surprise.
 
 
 
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Greffe d’ovaire et naissance après cancer : Un double succès danois qui est une première mondiale.

C’est une première médicale mondiale et une belle aventure humaine. Une femme a conçu deux enfants après avoir eu une greffe d’ovaire à la suite d’un cancer.
 
Aviaja et Lucca sont deux petites danoises qui marquent une très belle avancée dans le progrès médical. Nées à 19 mois d’écart, elles sont les deux premiers enfants issues d’une même mère ayant subi une transplantation de tissus ovariens préalablement congelés.
 
Stinne Bergholdt, la maman apprend en 2004 qu’elle est atteinte d’un sarcome d’Ewing, une tumeur rare qui touche deux de ses côtes. Elle a alors 27 ans.
Six cures de chimiothérapie sont suivies d’une intervention chirurgicale, puis de trois cycles de chimiothérapie.
Mais avant la mise en place de la chimiothérapie, les médecins ont prélevé, le 22 mars 2004 ; treize fragments de son ovaire droit et les ont congelés. Cela représentait environ un tiers de l’ovaire. La patiente n’avait plus d’ovaire gauche à la suit de l’ablation d’un kyste.
 
Après le traitement par chimiothérapie, la patiente a développé tous les symptômes d’une ménopause et les biopsies ont montré que le tissu ovarien restant ne contenait plus de follicules précurseurs des ovocytes.
 
Le 14 décembre 2005, six fragments ovariens sont décongelés et réimplantés chez Stinne Bergholdt. Peu à peu, les marqueurs hormonaux montrent que l’ovaire est redevenu fonctionnel.
 
Stinne reçoit alors une stimulation hormonale qui permet de recueillir des ovocytes qui seront fécondés in vitro.
 
Le 8 février 2007, Aviaja, une petite fille de 3,204kg vient au monde.
En janvier 2008, la maman revient au centre car elle souhaite une nouvelle fécondation in vitro.
Mais là, surprise ! Les médecins constatent que la patiente est enceinte, de façon naturelle et spontanée !
 
Le 23 septembre 2008, Lucca, une demoiselle de 3,828 kg vient rejoindre la famille Bergholdt.
 
C’est la première fois au monde qu’une seule femme donne naissance à deux enfants après une transplantation de tissus ovariens congelés.
Un événement d’autant plus rare que les grossesses après transplantation sont déjà des événements peu courants. Dans le monde, on en est à neuf ou dix cas seulement, dont deux en France.
Trois seulement ont eu lieu de façon naturelle.
 
La technique de cryopréservation des ovaires est encore très expérimentale.
Comme nous venons de le dire, les naissances se comptent sur les doigts des deux mains actuellement.
 
Mais plus on tentera de telles greffes et plus on pourra augmenter les chances de succès.
Or, si on propose systématiquement la conservation de sperme aux hommes jeunes qui vont recevoir une chimiothérapie, on propose encore trop rarement la cryopréservation des ovaires aux jeunes femmes.
Ce n’est pas la seule méconnaissance des techniques qui freine l’application de cette méthode. C’est aussi parce que nombre de médecins « n’y croient pas ». Mais il n’est pas nécessaire d’espérer pour entreprendre, dit-on.
 
C’est donc aux patientes elles-mêmes de faire le forcing et de demander aux cancérologues et aux chirurgiens qui les suivent de leur offrir cette possibilité.
 
L’histoire de Stinne Bergholdt et de ses deux fillettes montre que rien n’est impossible.
 
Référence de l’article:
 
Erik Ernst, Stinne Bergholdt et al.
 
The first woman to give birth to two children following transplantation of
frozen/thawed ovarian tissue
Human Reproduction, Vol.00, No.0 pp. 1–2, 2010
doi:10.1093/humrep/deq033
 
 A noter que la maman est le deuxième auteur de cette publication
 
 

Stinne Bergholdt avec Aviaja, l’ainée et Lucca, photographiées par Flemming Holm Bergholdt, le papa.

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