Archives mensuelles : mars 2010

Implants mammaires : On signale des fuites !

  Celles d’entre vous qui êtes porteuses d’implants mammaires de la marque Poly Implant Prothèse liront avec attention le communiqué publié aujourd’hui par l’Agence française de sécurité sanitaire, l’AFSSAPS :

 
 
Implants mammaires en gel de silicone de la société Poly Implant Prothèse
 
Une augmentation du nombre d’incidents de ruptures de prothèses mammaires pré remplies de gel de silicone fabriquées par la société Poly Implant Prothèse a conduit l’Afssaps à effectuer une inspection dans les locaux de cette société. Les éléments recueillis mettent en évidence l’utilisation d’un gel de silicone différent de celui qui avait été déclaré lors de la mise sur le marché. L’Afssaps a pris une décision de suspension de la mise sur le marché et de l’utilisation des implants mammaires pré remplis de gel de silicone fabriqués par la société Poly Implant Prothèse, assortie d’un retrait des produits.
 L’Afssaps recommande aux femmes implantées avec ces prothèses mammaires de consulter leur chirurgien afin qu’ils les examinent et qu’ils leur prescrivent la réalisation d’une échographie annuelle (ou d’un examen adapté le cas échéant,). Un n° vert (0800 636 636) est également mis à leur disposition. Les chirurgiens qui ont implanté ces prothèses sont informés directement par l’Agence, et il leur est demandé de porter ces informations à la connaissance des femmes concernées.
 
 
L’Afssaps a relevé dans le cadre du dispositif de matériovigilance des ruptures de l’enveloppe de ces implants, à une fréquence plus élevée que pour les autres implants mammaires contenant des gels de silicone présents sur le marché. A la suite de ces signalements, l’Afssaps a conduit une inspection dans les locaux de la société Poly Implant Prothèse. Les éléments recueillis sur le site de fabrication ont montré que cette société utilise, pour ses implants mammaires pré-remplis de gel de silicone, un gel différent de celui qui avait été déclaré dans les dossiers de conception et de fabrication du produit. L’Afssaps a pris, sur le site de production, une mesure conservatoire de consignation des implants mammaires contenant le gel de silicone qui ne correspond pas aux mentions figurant dans le dossier de fabrication. Elle a ensuite pris une décision de suspension de mise sur le marché et d »utilisation des implants mammaires pré remplis de gel de silicone fabriqués par la société Poly Implant Prothèse, assortie d’un retrait des produits.
Depuis 2001, date de réintroduction des implants en gel de silicone, environ 30 000 femmes ont été implantées avec des prothèses PIP remplies de gel de silicone sur environ 500 000 femmes porteuses d’implants mammaires en France tous fabricants confondus.
En l’état des données disponibles, l’Afssaps n’a pas relevé de complications différentes de celles qui sont habituellement rencontrées avec d’autres implants mammaires pré-remplis de gels de silicone. Seule une fréquence plus élevée de ruptures et de réactions inflammatoires locales a été observée avec les prothèses de la société Poly Implant Prothèse. Il n’existe pas de signes avant coureurs permettant à la femme concernée de savoir qu’une prothèse va se rompre. Les ruptures de prothèses mammaires sont un risque connu mais non prévisible. Il est donc important que toute femme porteuse d’implants mammaires respecte le suivi médical régulier qui lui a été recommandé après son intervention. 
Des questions-réponses à l’intention des femmes implantées sont disponibles sur le site de l’Afssaps (www.afssaps.fr), un n° vert est également mis à leur disposition : 0800 636 636 (ligne active le 30 mars à partir de 14h).
 
ET MAINTENANT ?

Cette information pose deux questions pour lesquelles nous tentons d’avoir des réponses :

Qui va payer les échographies ? A quel titre, s’il y a une faute reconnue, l’Assurance maladie, c’est à dire la solidarité nationale, devrait-elle payer pour des examens à répétition ?  Je rappelle, même si comparaison ne vaut pas raison, que dans l’affaire de la Clinique du Sport, aucours de laquelle une soixantaine de patients avaient contracté une mycobactérie, on a imposé aux responsables de l’établissement de prendre en charge 3000 examens IRM.

Deuxième point : s’il faut intervenir à nouveau, qui va payer ?

Je pense que certains cabinets d’avocats doivent déjà être en chauffe. Car jusqu’à présent, selon nos informations, les divers incidents se sont réglés par des transactions à l’amiable.

La société en cause a payé les frais d’hospitalistion et de réintervention pour les patientes concernées.

Mais maintenant l’affaire est en place publique et la société PIP est , depuis aujourd’hui, en réglement judiciaire.

S’il faut retirer des centaines, voire des milliers de prothèses, cela va être très coûteux.

Sans négliger l’aspect technique et médical car il y aura sans doute des préjudices esthétiques pour certaines femmes.

Une affaire dont on n’a donc, a priori, pas fini d’entendre parler.

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Génériques du clopidogrel : pas de rappel des lots déjà chez les patients.

Il ne devrait pas y avoir de rappel des lots déjà commercialisés pour les génériques de clopidogrel, selon les autorités européennes. Mais les fabricants peuvent en décider autrement (voir note de bas de page).

j’évoquais, hier, la décision de l’Agence européenne du médicament, l’EMEA de retirer son agrément à une usine indienne qui fabrique le clopidogrel, médicament générique du Plavix, pour le laboratoire suisse ACINO.

Ce clopidogrel est distribué en France par Sandoz , ISOmed et Ratiopharm.

Le dossier est maintenant entre les mains de la Commission européenne qui doit entériner les avis de l’Agence.

Je viens de joindre l’EMEA à Londres. On me confirme que l’entreprise indienne n’a pas respecté totalement les règles de bonne pratiques de fabrication, les BPF.

Mais  l’Agence assure également qu’elle n’a pas de doutes sur l’efficacité des produits déjà distribués et qu’elle ne pense pas demander au public de rapporter ces lots chez leur pharmacien.

La décision finale appartient, de plus, à la Commission européenne.

Ce qui est certain c’est que les personnes qui prennent du clopidogrel ne doivent surtout pas arrêter d’utiliser ce médicament de leur propre chef, le risque étant alors la survenue d’un accident thrombo-embolique.

Si vous avez un doute , parlez en à votre médecin ou à votre pharmacien, mais, je le répète, il n’y a aucun doute sur l’efficacité thérapeutique des génériques du clopidogrel distribués par les 3 laboratoires cités plus haut.

NOTE D’ACTUALITE DU 27 MARS 2010

Sur le site de l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé, l’AFSSAPS, on trouve une note indiquant que le laboratoire RATIOPHARM procède au rappel de ses produits à base de clopidogrel.

Rappelons qu’aucun accident n’est survenu avec les génériques du Plavix fabriqués dans l’suine indienne mise en cause.

Le 25 mars 2010, le Comité des Médicaments à Usage Humain de l’Agence Européenne de Médicament a recommandé le rappel des lots des spécialités génériques dont la substance active, le bésilate de clopidogrel, a été fabriquée sur un site pour lequel des non conformités aux BPF ont été relevées lors d’une inspection.
Aussi, le laboratoire Ratiopharm, en accord avec l’Afssaps et par mesure de précaution, procède au rappel de tous les lots des spécialités :
  • CLOPIDOGREL RATIOPHARM GmbH 75 mg, comprimé pelliculé (boîte de 30 comprimés – CIP 3959789) et,
  • CLOPIDOGREL ISOMED 75 mg, comprimé pelliculé (boîte de 30 comprimés – CIP 3467916).
Il est à noter qu’aucun signal qui pourrait faire craindre un impact de ces non-conformités sur la santé des patients n’a été relevé.
Ratiopharm met tout en œuvre pour revenir rapidement sur le marché avec une nouvelle source déjà enregistrée de substance active.
 
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Grippe A(H1N1) : le bilan et les enseignements de la première vague de l’automne-hiver 2009-2010.

CET ARTICLE A ETE ACTUALISE LE 11/08/2010

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Génériques : Quelques lots de clopidogrel vont être retirés le 26 mars 2010 par précaution

Demain après-midi 26 mars 2010, les autorités sanitaires vont annoncer des rappels de lots concernant des médicaments à base de clopidogrel. Une décision prise par mesure de précaution.
 
 
Il y a, quelque part en Inde, une usine Glochem qui fabrique des médicaments génériques. Elle fabrique ces médicaments sans, semble t-il se conformer aux règles très strictes qui régissent la fabrication des médicaments, ce qu’on appelle les « Bonnes pratiques de fabrication «  ou BPF.
 
Ces règles sont prises pour s’assurer que tous les établissements impliqués dans la fabrication de médicaments travaillent de la même façon, tant au plan de l’hygiène que du contrôle de qualité.
 
L’usine indienne a des manquements. Et va être retirée de la liste des établissements autorisés à fournir des médicaments génériques aux laboratoires travaillant sous le contrôle de l’Agence européenne des produits de santé, l’EMEA.
 
Glochem fournit particulièrement du clopidogrel à un client allemand qui alimente à son tour deux laboratoires : Ratiopharm el Sandoz.
 
Le clopidogrel est un médicament très utilisés chez les personnes atteintes de maladies cardiovasculaires. Son rôle est d’empêcher la formation d’agrégats de plaquettes sanguines responsables de la survenue de caillots ou thrombi.
 
Le clopidogrel a été longtemps commercialisé sous le nom de Plavix®uniquement et générait un chiffre d’affaires colossal, 536 millions d’euros en 2008.
 
C’est dire si la chute du brevet dans le domaine public a excité les appétits !
 
Seuls quelques lots vont être rappelés :
Les 3 médicaments concernés en France par ce retrait sont :
 
Clopidogrel Ratiopharm Gmbh 75 mg, comprimé pelliculé(AMM européenne, 5 lots),
 
Clopidogrel ISOmed 75 mg, comprimé pelliculé(AMM nationale, 5 lots) commercialisés par le laboratoire Ratiopharm
 
Clopidogrel Sandoz 75 mg, comprimé pelliculé(AMM européenne, 13 lots) commercialisé par les laboratoires Sandoz.
 
Dès que les numéros de lots seront connus, je les mettrai en ligne sur ce blog.
 
Point très important à signaler : le retrait des lots est lié à une mesure de précaution et non à la survenue d’un quelconque accident. Les médicaments concernés contenaient les bons dosages de principe actif.Il est donc inutile et dangereux de ne pas les utiliser si vous devez en prendre un ce soir, par exemple.
 
Cela ne remet donc nullement en cause l’intérêt ou la sécurité des médicaments génériques.
 
 
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Diabete de type 2 : la chirurgie pour réduire ou supprimer les médicaments.

Guérir un diabète de type 2 grâce à une intervention chirurgicale c’est possible. Une intervention qui modifie l’anatomie et le fonctionnement du tube digestif en apporte la preuve.
 
Le diabète de type 2, le diabète dit « gras » ou « de la maturité » concerne plusieurs millions de personnes en France. Parmi ces personnes, un certain nombre souffrent d’une obésité sévère ou même morbide, c’est-à-dire avec un indice de masse corporelle supérieur à 40.
Depuis quelques années, une technique chirurgicale développée à l’origine dans la prise en charge de l’obésité, a montré qu’on pouvait considérablement améliorer les choses avant même la perte de poids.
 
La chirurgie bariatrique consiste à modifier l’anatomie du tube digestif. On fait ce qu’on appelle un « by-pass ».
Le chirurgien va, par coeliochirurgie, c’est-à-dire sans ouvrir la paroi abdominale, aller découper dans u premier temps une petite poche dans l’estomac du patient ou de la patiente.
 
Une poche très petite, un mini-estomac, à peine plus gros qu’un pot de yaourt. Et cette poche va être connectée à une anse de l’intestin grêle, excluant ainsi l’estomac du circuit digestif.
Les sécrétions digestives pancréatiques et hépatiques se drainent normalement et se déversent dans l’intestin.
 
Résultat, les prises alimentaires vont être réduites. Mais le plus étonnant n’est pas là.
Dès les premières semaines, bien avant la diminution du poids, les valeurs de la glycémie tendent à se normaliser.
Certains patients en arrivent même à ne plus avoir besoin de traitement.
 
Cela est dû au fait que la nouvelle anatomie du tube digestif va modifier complètement les relations hormonales dans ce tube.
Les hormones secrétées par l’intestin, en particulier la Glucagon-like Protein ou GLP-1 va informer le cerveau e de la sensation de satiété. Mais ces hormones vont aussi modifier les systèmes de régulation de l’utilisation du sucre par l’organisme, notamment au niveau hépatique et intestinal.
 
Cette chirurgie transforme donc non seulement l’anatomie mais aussi la physiologie du tube digestif.
Les spécialistes essaient de déchiffre très précisément ce qui se passe avec, en tête, l’idée de trouver ainsi de nouvelles cibles thérapeutiques pour reproduire par des traitements médicaux les effets provoqués par la chirurgie.
 
 
 
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Cancer : la voie des nanoparticules,ou l’infiniment petit vers des progrès infiniment grands.

Réussir à éteindre un gène qui s’exprime trop et entraine une prolifération cancéreuse sans toucher aux autres gènes, ni aux cellules saines est un défi que les nanotechnologies pourraient prochainement relever. La revue Nature en montre un premier exemple édifiant.

Les mécanismes intimes qui conduisent une cellule normale à se transformer en cellule cancéreuse sont de mieux en mieux connus. On sait que dans le programme de ces cellules, il y a des dérèglements sous la forme d’un excès ou, au contraire, d’un déficit de production de certaines protéines.
Ces anomalies sont générées par un gène qui va devenir « hors normes » et fabriquer trop d’ADN, ADN qui va, à son tour, être traduit en ARN puis en protéine.

L’une des voies de recherches est de contrarier la traduction de cet ARN en protéine et pour cela on dispose de ce qu’on appelle des petits ARN interférents ou ARNsi
Ces ARNsi viennent, en quelque sorte, bloquer les têtes de lecture cellulaires qui décodent normalement l’ARN et induisent la fabrication de protéines.
Mais faut-il encore pouvoir distribuer ces ARNsi dans les cellules-cibles et en quantité suffisante.

Pour cela, les chercheurs fondent de grands espoirs sur la voie des nanoparticules.
Ces particules sont  dix mille fois plus fines qu’un cheveu. On peut les accrocher à des supports minuscules et les injecter par voie sanguine.
C’est ce que viennent de faire des chercheurs californiens qui, pour la première fois, ont réussi à montrer qu’on pouvait ainsi « coloniser » des métastases de mélanome chez des patients.
Ils ont retrouvé sur des biopsies de mélanome les nanoparticules qu’ils avaient injectées chez les patients en quantité proportionnelle à la dose administrée.

Et ils ont pu aussi montrer que ces nanoparticules d’ARNsi avaient atteint leur but, puisque les protéines cibles étaient beaucoup moins exprimées.
Il s’agit, bien entendu, d’une phase I, c’est-à-dire de la toute première étape d’évaluation sur l’homme. En aucun cas on ne peut dire qu’on a traité ou guéri des mélanomes.
On a seulement montré que le concept fonctionne.

Mais beaucoup d’équipes à travers le monde travaillent sur ces nanotechnologies dans le domaine du cancer. On arrive déjà expérimentalement à identifier des cellules cancéreuses par la différence de température qu’elles manifestent par rapport à des cellules saines.
Une fois cette différence constatée, on peut « allumer » les nanoparticules et les faire « chauffer » pour qu’elles détruisent les cellules cancéreuses et elles seules.
On peut aussi améliorer la pénétration et la diffusion de molécules thérapeutiques.

Ce champ est donc en pleine expansion et fait naître de réels espoirs.
Il ne faut pas, certes, négliger les problèmes posés par les procédés de fabrication de ces nanotechnologies. Mais il serait dommage, au nom d’un précautionnisme de mode, de rejeter toute recherche dans ce domaine, comme le voudraient certains groupes de pression.

L’infiniment petit nous réserve peut-être d’infiniment grands progrès.

Référence de l’étude :

Mark E. Davis et al.

Evidence of RNAi in humans from systemically administered siRNA via targeted nanoparticles
Nature. Published online March 21, 2010. doi:10.1038/nature08956

 

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Cancer: Les soins de support pour vivre et revivre pendant et après la maladie

 

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Allergies : les pollens sont déjà là.

 
 
C’est reparti ! Les pollens ont commencé à entrer dans nos narines depuis quelques semaines et ce n’est pas fini !
 
Malgré le froid de ces dernières semaines, les médecins de famille et les allergologues n’ont pas chômé. Cela fait, en effet, trois semaines que les pollens d’arbres poussés par les vents ont frappé.
Noisetiers et aulnes ont commencé à polliniser dès la mi-janvier. Ce sera le tour maintenant des charmes, des frênes et des bouleaux au nord de la Loire.
Dans le sud, les cyprès ne devraient pas tarder à faire parler d’eux.
Voici des essences qu’on trouvait d’habitude dans quelques lieux précis, notamment les cimetières. La frénésie des bâtisseurs de lotissements pavillonnaires a fait que ces arbres se sont retrouvés transformés en haies chargées de limiter les terrains et que les allergies aux cyprès ont explosé !
Il faut traiter les yeux qui piquent et les nez qui coulent. Il faut aussi ne pas négliger les manifestations qui peuvent laisser penser à un asthme comme des sifflements dans la poitrine, une toux sèche répétée et une gène respiratoire.
L’asthme n’est pas une chose à traiter par le mépris car l’asthme peut tuer quand il se manifeste sous la forme d’un état de mal.
Il est donc important de consulter, encore plus important de se traiter en suivant bien les prescriptions et en n’oubliant pas ses petits aérosols de bronchodilatateurs et de corticoïdes.
On peut également consulter le site du Réseau national de surveillance aérobiologique qui donne un calendrier détaillé et actualisé des pollens par ville, ce qui est bien utile quand on a à se déplacer.
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Cancer et medias : un traitement considéré comme un peu trop optimiste.

Les médias auraient une façon trop « optimiste » de parler du cancer si on en croit une étude américaine parue aujourd’hui dans la revue américaine ‘Archives of Internal Medicine’.
 
Deux biostatisticiens et un médecin de l’Université de Pennsylvanie à Philadelphie ont décidé de se pencher sur la production journalistique de la presse écrite américaine  pour voir comment, entre 2005 et 2007, ces journaux avaient parlé du cancer. Ils ont ainsi examiné 3 quotidiens de Chicago, 3 de New-York et 2 de Philadelphie et 5 magazines populaires.
 
Ils ont retenu 436 articles, 312 dans les journaux et 124 dans les magazines qu’ils ont classés en cinq grands thèmes :
 
-        la guérison ou la rémission
-        la mortalité (mort, sujet mourant ou pronostic fatal)
-        les traitements agressifs
-        les échecs thérapeutiques
-        les effets secondaires des traitements.
 
 
Si un article sur cinq traitait du cancer en général, le cancer du sein représentait 35 % des articles et 15 % concernaient le cancer de la prostate.
 
De l’analyse des chercheurs américains, il ressort que les articles privilégiaient les thèmes « positifs », particulièrement les sujets concernant des personnes guéries ou en rémission. Cela représentait 32 % des articles examinés.
En revanche, les articles relatifs à la mort ne représentaient que 7,6 % de la production journalistique.
 
L’échec thérapeutique n’était évoqué que dans 13 % des articles et 30 % seulement de ces mêmes publications évoquaient les effets secondaires des traitements.
 
Enfin, le sous-traitèrent des soins palliatifs et de la fin de vie était manifeste puisqu’il représentait 2 % des documents examinés.
 
Les auteurs de l’étude reprochent donc à la presse une certaine forme d’angélisme. Ils remarquent qu’actuellement on guérit environ un cancer sur deux et que, malgré ces chiffres, les aspects de la fin de vie sont totalement négligés par exemple.
 
Rappelons qu’il s’agit d’une étude américaine sur un nombre de titres limités. Les auteurs ont choisi d’exclure internet et télévision de leur recherche, estimant ces deux médias moins fiables que la presse écrite.
 
Que penser de ce travail ? D’abord le saluer, car une telle démarche, sauf erreur de ma part, n’a pas été publiée en France. On imagine mal, d’ailleurs, la communauté médicale française prendre le risque de heurter la gent journalistique !
 
Ensuite, cette étude pose une vraie question : comment communiquer sur le cancer sans mentir, ni travestir la réalité ?
 
Il est exact que la façon de travailler des hiérarchies journalistiques fait qu’on va privilégier les « bonnes » nouvelles, c’est-à-dire les avancées ou ,plutôt, les progrès thérapeutiques qui ne sont pas légion, certes, mais bien réels.
 
Le problème c’est que la relation faite de ces progrès est souvent biaisée. On montre l’avers de la médaille, rarement le revers.
Une nouvelle molécule va être présentée comme d’autant plus formidable qu’elle aura donné lieu à un voyage de presse fiancée par le fabricant !
 
Et, dans les grands congrès, les résultats présentés en conférence de presse en quelques minutes et deux ou trois diapositives sont souvent le seul matériel auquel le journaliste aura accès.
 
Ce qui veut dire que tout ce qui concerne les effets secondaires et la qualité de vie passera au second plan ou à la trappe.
 
 
VENDRE DU MIRACLE
 
 
Je balaie aussi devant ma porte : si je propose un sujet sur un nouveau traitement et que je mets à égalité avantages et inconvénients, il y a peu de chances que mon sujet arrive à l’antenne. La quantité de vie surpasse de loin la qualité de vie !
 
Il y a aussi une forme d’autocensure pour ne pas démoraliser celles et ceux qui regardent et qui peuvent prendre des résultats statistiques comme étant des données qui concernent leur cas personnel.
Or la population d’une étude n’est pas la même chose que le patient considéré individuellement.
 
Ainsi, les sortes de classements des médianes de survie en fonction de l’organe considéré sont des informations terribles à donner de façon lapidaire dans un sujet de JT qui dure une minute et demie.
 
Enfin il y a aussi la grande difficulté culturelle très française et latine de parler de la fin de vie et de la mort.
L’immense retard de notre pays dans la prise en charge de la douleur est encore insuffisamment comblé (voir la lettre d’une équipe française au ‘British Medical Journal‘),  
Les soins de support ne sont pas partout développés et les soins palliatifs ont encore de gros progrès à faire dans notre pays. Il y a encore de grands hôpitaux dans lesquels ces soins sont relégués dans des établissements périphériques très excentrés.
 
La bataille quotidienne des équipes médicales et soignantes, de concert avec les femmes et les hommes atteints de cancer, est jalonnée de succès et de défaites.
 Je partage donc l’avis des auteurs de l’étude américaine quand ils disent que nous taisons trop l’échec, la fin de vie et la mort.
 
 
 APPRENDRE DES ERREURS
 
 
Le respect de la dignité due aux patients passe par l’information de ce qui peut se faire en fin de vie, en matière de soins palliatifs. Raconter les manques et les carences c’est aussi les aider à ce que le fossé se comble.
 
 
On apprend beaucoup des erreurs et des défaites.
Je crois que le jour où les cancérologues français diront tout haut ce que disent leurs collègues américains, les rédactions en chef comprendront peut-être qu’on peut parler du cancer autrement qu’en évoquant des miracles.
 
Mais j’espère aussi avoir beaucoup de belles histoires et de beaux succès à raconter !
 
 
Référence de l’étude :
 
Jessica Fishman, PhD; Thomas Ten Have, PhD; David Casarett, MD, MA
 
Cancer and the Media
How Does the News Report on Treatment and Outcomes?
Arch Intern Med.2010; 170(6) :( doi:10.1001/archinternmed.2010.11)
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Cardiologie ACC 10 : Crise financière et crise cardiaque,la Bourse ou la vie.

Prendre la chute de la Bourse à cœur n’est sans doute pas la meilleure façon de ménager ses artères si l’on en croit une étude présentée lors de la conférence du Collège américain de cardiologie, l’ACC,  à Atlanta hier.

 
On sait que stress et maladies cardiovasculaires ne font pas bon ménage. Un coup de stress et des médiateurs chimiques sont libérés, des hormones coulent à flot, les plaquettes sanguines s’agglutinent et les parois des vaisseaux s’enflamment et réduisent leur calibre.
 
Mais quoi de mieux qu’une crise financière pour se pencher sur les crises cardiaques ? C’est ce qu’ont fait des chercheurs de la célèbre université de Duke, en caroline du nord aux Etats-Unis.
 
C’est le laboratoire de cathétérisation du centre médical de l’Université qui a colligé les données de janvier 2008 à juillet 2009. Dans la présentation faite aujourd’hui à Atlanta, les médecins de Duke se sont concentrés sur ces périodes récentes de grande volatilité des marchés financiers
 
Ils ont étudié tous les patients chez lesquels ils avaient monté une sonde dans le cœur dans les trois jours suivant un infarctus du myocarde.
 
Les médecins ont ensuite dressé une courbe de l’évolution de leur activité par période de trois mois. Cette courbe a été comparée aux cours d’ouverture du Nasdaq, le marché des valeurs technologiques cotées automatiquement à Wall Street, et dont l’indice est le petit frère du célèbre Dow Jones.
.
 
Durant cette période 2008-2009, sur 4223 cathétérismes cardiaques, 965 étaient motivés par un infarctus du myocarde.
En suivant l’évolution trimestrielle de leur activité, les spécialistes ont noté une tendance inverse entre la survenue des infarctus et l’évolution des marchés.
 
Plus les cours chutaient et plus ils voyaient d’infarctus, alors qu’une période boursière calme  et la reprise des cours à la hausse réduisait leur activité.
Soulignons que les patients n’étaient pas des traders mais des épargnants normaux qui voyaient sans doute leurs retraites fondre comme neige au soleil.
 
Il n’est nul besoin de s’étendre sur le système de protection sociale américain pour comprendre que les retraités sont des petits épargnants forcés et contraints dans un pays où la retraite par répartition n’existe pas.
 
Cette étude est une étude dite d’observation. Elle donne une idée de ce qui se passe mais elle n’a pas la rigueur des études épidémiologiques classiques.
Les auteurs de cette recherche ont donc décidé de pousser plus loin leurs recherches.
 
On ignore s’ils seront financés par des groupes pharmaceutiques ou des sociétés fabriquant du matériel médical.  Des sociétés qui, si les résultats se confirmaient, pourraient en arriver à cette situation paradoxale qui les verraient faire d’autant plus d’affaires que leurs cours s’effondreraient en Bourse.
 
En tous cas, les personnes fragiles devraient peut-être s’abstenir de jouer les « golden boys » au risque de se trouver à leur insu devant cette situation bien connue : « la Bourse ou la vie ? ».
 
 
Référence de l’étude
 
Mona Fiuzat et al.
Has the U.S. Stock Market Collapse Impacted Cardiovascular Event Rates?
ACC 10. 59th scientific sessions. Presentation number 1141-180
 
Voir le résumé en anglais.
 
 
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