Archives mensuelles : mars 2010

Avec l’ivermectine, les poux vont plus vite dans les choux.

Une étude française publiée dans le New England Journal of Medicine, le NEJM, va sans doute intéresser nombre de parents. Un médicament déjà commercialisé permet de mettre les poux à genoux sur la tête de leurs petits choux.

Un progrès, mais pas encore un bijou.

 
Les spécialistes français ont choisi de comparer l’efficacité de l’ivermectine à celle d’une solution à base de malathion dosée à 0,5 % dans les cas de pédiculose difficiles à traiter.
 
L’ivermectine est un médicament utilisé dans le traitement d’un certain nombre de maladies parasitaires exotiques, comme l’onchocercose ou cécité des rivières, la filariose, des helminthiases. Plus prosaïquement, on l’utilise aussi pour traiter la gale.
 
L’étude, conduite de mars à septembre 2004 a concerné 7 centres, en Grande –Bretagne, en Irlande, en Israël et en France.
 
Pour entrer dans l’étude il fallait avoir au moins deux ans et peser 15kg au minimum.
La présence de poux deux à six semaines après un traitement à base de lotion contenant un pyrèthre ou du malathion représentait un critère d’inclusion dans l’étude.
 
Aux jours 1 et 8, les patients recevaient soit de l’ivermectine à la dose de 400 microgrammes par kg, soit la lotion à base de malathion concentré à 5 %.
 
L’étude a concerné 812 patients répartis en 376 foyers. L’originalité c’est que ce sont des foyers et non pas des individus isolés qui ont été étudiés.
 
Le groupe ivermectine comprenait 398 personnes réparties en 185 foyers. Le groupe lotion au malathion était fort de 414 personnes représentant191 foyers.
 
Au 15ème jour, 378 des 397 patients sous ivermectine n’avaient plus de poux, soit 95,2 % du groupe.
Pour les patients sous lotion les chiffres étaient inférieurs : 352 sur 414 étaient débarrassés de leurs hôtes indésirables, soit 85 % des sujets.
 
Une différence très significative statistiquement.
 
Les effets secondaires sévères ont été très rares et le produit a particulièrement bien été toléré chez les jeunes enfants aux alentours de la période 4-5 ans.
 
L’ivermectine pourrait donc devenir un traitement de la pédiculose capillaire dans certaines situations, en particulier lors des formes résistant aux traitements traditionnels par lotion insecticide.
 
Il faut en effet éviter de galvauder ce produit afin de ne pas, à terme, risquer d’entrainer l’acquisition de résistances à l’ivermectine par les poux.
 
Il sera également intéressant de voir ce qui va se passer au plan administratif. Officiellement, la pédiculose n’est pas une maladie et les produits pour la traiter ne sont pas remboursés.
 
Or, l’ivermectine est un médicament avec une autorisation de mise sur le marché et une prise en charge à 65 %, même pour la gale.
Le produit coûte 20 euros environ pour une boite de 4 comprimés.
Le dosage actuel, 3 mg par comprimé, ne permettrait pas de conduire un traitement avec une seule boite pour un bon nombre d’enfants.
 
Au-delà de 15kg, il faudrait une deuxième boite de comprimés et 20 euros de plus !
 
On ne sait pas encore si l’ivermectine aura bientôt une extension de son AMM avec l’indication « pédiculose » mais on peut imaginer, sans très mauvais jeu de mots, que l’Assurance- maladie va chercher quelques poux dans la tête des fabricants du produit pour les amener à revoir leur prix et leur conditionnement.
 
Car, à ce prix, les poux pourraient coûter plus cher que des bijoux et mettre à genoux la Sécu qui n’a pas trop les moyens de s’offrir de nouveaux joujoux.
 
 
Référence de l’étude :
 
Olivier Chosidow et al.
 
Oral ivermectin versus malathion lotion for difficult to treat head lice.
N Engl J Med2010; 362: 896-905

Juste pour le plaisir, voici la liste des « x » au pluriel !

pou - caillou – genou – chou – hibou – joujou – bijou
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CONFLITS D’INTERETS

En vertu de L’article L 4113-13 du code de la santé publique du 4 mars 2002 relatif à la transparence de l’information médicale, je déclare ne percevoir aucune somme d’argent de l’industrie pharmaceutique ou de sociétés fabriquant des dispositifs médicaux, ni fournir à ces sociétés des prestations de service de quelque nature que ce soit.
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Imagerie et radiographie : EOS montre les os et baisse les doses de rayons.

Dans le JT de 13 heures de ce mercredi 10 mars 2010, nous avons évoqué le système EOS, une technique d’imagerie médicale qui permet de faire des clichés du squelette osseux en position de bout et de reconstruire ensuite ces images en 3D.
 
L’intérêt de cette méthode est donc de voir un corps en charge et de pouvoir ainsi apprécier la statique, voir les zones d’appui, sur une articulation par exemple.
 
C’est un avantage par rapport à un examen fait au scanner, qui doit être pratiqué couché.
 
Cette technique a aussi un très gros avantage, celui de réduire les doses de radiations reçues par les patients.
Et cela est très important quand on sait que des examens radiographiques et scanographiques à répétition sont souvent indispensables dans des atteintes osseuses et articulaires qui touchent les enfants. La scoliose en est l’exemple type.
 
Or, il n’est pas très sain d’exposer les enfants à des rayonnements ionisants, surtout dans la zone des testicules, des ovaires et de la thyroïde.
 
C’est pour cette raison que la technique EOS est implantée dans divers services de radiologie pédiatrique dans les hôpitaux de Lille, Brest, Marseille, Bordeaux et Paris, ainsi que dans quelques cabinets privés.
 
Ce matériel a pu voir le jour grâce au travail initial de Georges Charpak qui, en 1992, reçut le prix Nobel de physique pour ses recherches sur la détection gazeuse des rayons X.
 
Une collaboration entre physiciens, chimistes, ingénieurs et médecins a permis d’aboutir, ensuite, à la création de cette nouvelle forme d’imagerie.
 
Pas une révolution, mais une grande avancée et surtout un équipement qui va dans le bon sens d’une moindre irradiation.
 
Pour ceux qui veulent en savoir plus, voici deux articles :
 
L’un sur une présentation d’EOS faite en 2005 à l’Académie nationale de chirurgie.
 
L’autre sur l’intérêt de cette technique dans le suivi des scolioses.
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Barack Obama a deux mauvaises notes sur son bulletin… de santé !

Au moment où Barack Obama se bat pour améliorer le système de santé des Américains, on s’aperçoit que son propre bilan de santé a fait appel à des examens coûteux et pas franchement utiles. Pas la meilleure façon de montrer l’exemple !

 
Ah la dure vie de Président ! Surtout quand vous jouez la transparence et que vous acceptez de voir publier un bulletin de santé très complet.
Vous l’aurez compris, nous ne sommes pas en France, mais aux Etats-Unis et Barack Obama a subi, le 28 février dernier, son premier examen médical complet en tant que président .Supervisé par le capitaine JeffreyKuhlman, médecin du président, ce bilan exhaustif est publié en ligne sur le site de la Maison-Blanche, avec l’accord de Barack Obama.
 
Bila complet, donc, qui ne laisse rien dans l’ombre, de la tête aux pieds, en passant par une rotule gauche douloureuse, une prostate normale, une légère myopie qui ne nécessite aucune correction.
Seul petit point à revoir dans ce « contrôle technique » : une recommandation pour abaisser le taux de LDL-cholestérol sous 1,30g/l contre 1,36g/l actuellement.
 
Conclusion du médecin militaire : le Président est en excellente santé et apte pour le service.
 
Tout irait donc pour le mieux dans le meilleur des mondes ? Pas tout à fait si l‘on en croit le Dr Rita Redberg, de l’université de Californie à San Francisco, et qui est également la rédactrice en chef de la revue Archives of Internal Medicine, qui appartient à la très puissante AMA, l’Association médicale américaine.
 
Ce qui fâche Rita Redberg, c’est que le bilan de santé présidentiel a comporté deux examens réalisés par tomodensitométrie, ce que nous nommons en franglais un scanner !
 
Deux examens très sophistiqués : la mesure du score de calcium coronaire et une coloscopie virtuelle.
Le premier de ces examens permet d’établir une mesure des plaques calcifiées à l’intérieur des artères nourricières du muscle cardiaque, les artères coronaires.
 
Cet examen est fait chez certains patients diabétiques par exemple. Il évite de devoir faire une coronarographie qui impose de monter une sonde depuis l’artère fémorale ou l’artère radiale avec injection d’un produit de contraste.
 
Mais cet examen n’est absolument pas considéré comme un examen suffisamment bien évalué pour être fait en routine, en particulier chez un sujet ne présentant pas, a priori de facteurs de risques cardiovasculaires majeurs.
L’électrocardiogramme, le bilan lipidique, le taux de CRP ultrasensible de Barack Obama montraient des résultats normaux.
 
Deuxième raison de l’ire de ma consœur, on constate que le président, âgé de 48 ans, a bénéficié d’une coloscopie virtuelle. Cela signifie que l’on n’a pas introduit de fibroscope dans l’anus présidentiel, mais, qu’une fois encore, c’est un scanographe qui a réalisé l’examen. Des coupes au scanner ont été reconstituées sous la forme d’images en 3D avec une animation qui simule le trajet du fibroscope.
 
Belle technique, qui nécessite malgré tout une préparation comme pour la coloscopie, et qui peut passer à côté de certaines petites lésions planes.
Là encore un examen qui est loin d’être entré dans la routine.
 
Le Dr Redberg remarque que cet examen fait chez un homme de 48 ans ne correspond pas aux recommandations des autorités sanitaires. Aux USA comme chez nous, en dehors d’un contexte familial spécifique, le dépistage du cancer colorectal débute à l’âge de 50 ans avec une recherche de sang occulte dans les selles et, si nécessaire, une coloscopie.
 
Deux examens au scanner qui, de plus, ont exposé Barack Obama à des taux d’irradiations supplémentaires absolument pas nécessaires.
Or, même extrêmement faible, l’exposition aux radiations à la suite d’un scanner augmente le risque de cancer radio-induit.
 
Examens pas du tout pertinents et surtout coûteux, rappelle Redberg. Un gaspillage qui fait un peu mauvais genre dans le contexte local. Comme le remarque perfidement le Dr Redberg, le président n’aura aucun mal à faire prendre en charge ces examens très chers par ses assureurs.
 
Ce n’est évidemment pas le cas de nombre d’Américains, surtout quand on sait que près de 40 millions d’entre eux ne disposent quasiment d’aucune couverture sociale.
 
En publiant ainsi de façon transparente un bulletin complet, Barack Obama a à son insu montré que l’exemple ne venait pas toujours d’en haut.
Mais, au moins, il accepte que ses concitoyens sachent quel est son état de santé.
 
Et on apprend aussi, en lisant ce document, que si le Président mâche parfois du chewing-gum, ce n’est pas parce qu’il est Américain mais parce qu’il essaie d’arrêter de fumer et que cette gomme à mâcher est, en fait, un substitut nicotinique.
 
Et si Barack Obama arrive à cesser de fumer, nul doute que ce sera un autre bon exemple pour ses concitoyens.
 
 
Référence de l’éditorial :
 
Rita F.Redberg
 
First Physical
Arch Intern Med; 170, 7. Published Online:March 8, 2010 (doi:10.1001/archinternmed.2010.81).
 
 
Lire le bulletin de santé du 28/02/2010 sur le site de la Maison-Blanche.
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Fibromyalgie : une nouvelle origine virale non avérée.

Une fois de plus, la piste d’un virus comme cause de la fibromyalgie semble ne pas se confirmer. Cette pathologie garde donc son mystère.
 
On le connaît de puis 2006 et on l’a baptisé XMRV pour Xenotropic murine leukemia virus-related virus. Ce virus est un rétrovirus, comme le VIH par exemple ou le virus HTLV1. Il ressemble à un virus de souris, d’où le nom « murine ».
 
Ce virus a été retrouvé par des équipes américaines dans les tissus de patients atteints de formes familiales de cancer de la prostate.
Mais, en octobre 2009, une autre équipe (4) publie dans la revue Science une étude dans laquelle les chercheurs disent avoir isolé la trace de ce virus XMRV dans des cellules sanguines de sujets souffrant du syndrome de fatigue chronique ou d’encéphalopathie myalgique, ce que nous appelons fibromyalgie.
 
Ils retrouvent ce virus chez 67 des 101 personnes fibromyalgiques analysées et chez seulement 8 des 208 sujets témoins, c’est-à-dire indemnes de l’affection.
 
Ce n’était pas la première fois qu’une hypothèse virale était avancée comme agent causal de cette pathologie à l’origine d’un syndrome douloureux qui entraine souvent un état dépressif.
On a évoqué, dans le passé, la piste d’un virus de la famille des herpes virus, le HHV6 et également le virus d’Epstein-Barr ou EBV. Ce virus est impliqué dans la mononucléose infectieuse et dans une forme particulière de cancer, le lymphome de Burkitt.
 
La publication de l’automne 2009 a amené plusieurs équipes à procéder à leur tour à des recherches dans les populations de patients fibromyalgiques, pour tenter de trouver la trace du XMRV.
En janvier 2010 Otto Erlwein et une équipe de l’Imperial College de Londres (2) ont examiné 186 échantillons sanguins de patients fibromyalgiques. Aucun de ces échantillons ne s’est révélé positif pour le virus XMRV.
En février2010 , une étude britannique menée par l’Institut national de la recherche médicale du Medical Research Council (3)  examine 170 prélèvements, là encore l’étude est négative.
 
Nouvelle étude européenne et nouveau résultat négatif pour une équipe néerlandaise cette fois. Publiée dans le British Medical Journal, le BMJ (1).
En reprenant des échantillons sanguins congelés de 32 patients atteints du syndrome de fatigue chronique et en les comparant à ceux de 43 témoins, les chercheurs néerlandais n’ont, une fois encore, jamais pu mettre en évidence une quelconque trace de ce virus XMRV.
 
Il est à noter que c’est la même chose en ce qui concerne le cancer de la prostate, puisque deux études européennes n’ont jamais retrouvé le virus, au contraire des américains.
 
Cette différence entre l’Europe et les Etats-Unis est problématique. Les techniques de laboratoire sont les mêmes, les chercheurs sont également compétents.
Pourquoi donc d’un côté de l’Océan des traces de ce virus et pas de l’autre ?
L’une des hypothèses est qu’on se soit trouvé dans une situation un peu particulière avec les patients américains, qui vivaient à peu près tous dans la même région.
 
Le virus pourrait donc être présent dans leurs cellules sans pour autant être en cause dans la genèse de la pathologie.
 
Devant ces résultats conflictuels, plusieurs laboratoires américains ont décidé de poursuivre les recherches afin de savoir s’ils trouvent les mêmes résultats que leurs collègues européens.
En attendant ces travaux, je signale aux personnes intéressées par le sujet que le congrès national sur la fibromyalgie se déroulera à Dax le 17 avril prochain et que le 12 mai 2010, à l’occasion de la journée mondiale de la fibromyalgie, une conférence se tiendra à la Cité des Sciences à Paris.
 
Références des études :
 
(1) Frank J M van Kuppeveld et al.
Prevalence of xenotropic murine leukaemia virus-related virus in patients with chronic fatigue syndrome in the Netherlands: retrospective analysis of samples from an established cohort
BMJ 2010; 340:c1018 doi:10.1136/bmj.c1018
 
(2) Erlwein O et al.
Failure to Detect the Novel Retrovirus XMRV in Chronic
Fatigue Syndrome
 PLoS ONE (2010)5(1): e8519. doi:10.1371/journal.pone.0008519
  

(3) Harriet C T Groom et al.
Absence of xenotropic murine leukaemia virus-related virus in UK patients with chronic fatigue syndrome
Retrovirology 2010, 7:10doi:10.1186/1742-4690-7-10



(4) Lombardi,Vincent C et al.

Detection of an Infectious Retrovirus, XMRV, in Blood Cells of Patients with Chronic Fatigue Syndrome
Science, 2009, 326, 5952, 585-589

 

 
 
Informations sur le congrès 2010 : voir le programme.
 
 
Renseignements sur la conférence du 12 mai 2010.
 
 
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Migraine : des impulsions magnétiques à travers le crane pour soulager la douleur.

Traiter la migraine est un vrai casse-tête. Chaque petit progrès est donc le bienvenu. La stimulation magnétique transcranienne fait peut-être partie de ces nouveautés appelées à se développer si on en croit les résultats publiés aujourd’hui dans la revue ‘Lancet Neurology’.
 
La migraine avec aura est une  calamité. Non seulement il y a la douleur, mais il y a également les signes qui précèdent, comme des troubles de la vision, des sensations de champ visuel amputé, une vision trouble, des éclairs etc.
 
Ces signes précurseurs n’annoncent rien de bon et les femmes et les hommes qui en souffrent aimeraient bien qu’on les aide à s’en sortir.
Il y a, bien sûr, des traitements de la crise et des traitements de fond. Il y a aussi des moyens non médicamenteux, comme l’acupuncture.
Il se peut que, bientôt, un petit appareil portable fasse partie de l’arsenal thérapeutique si une étude américaine, publiée dans la revue Lancet Neurology, est confirmée et validée par d’autres recherches.
 
Pour cette étude, les médecins ont fait appel à un appareil appelé stimulateur magnétique transcranien (TMS). Cet engin envoie, grâce à un dispositif électrique qui parcourt une bobine, une impulsion magnétique dont le but est de modifier le flux sanguin cérébral et de jouer sur les décharges électriques neuronales de la migraine.
 
Ces décharges viennent, semble-t-il, stimuler des récepteurs de la douleur situés dans les méninges qui enveloppent le cerveau.
 
L’étude a été faite sur deux groupes de 62 migraineuses et migraineux, deux fois plus de femmes que d’hommes.
Le premier groupe utilisait un TMS envoyant une impulsion magnétique unique. Le patient envoyait une double impulsion.
 
Le deuxième groupe utilisait un faux TMS.
 
Les résultats de cette étude montrent que l’utilisation du TMS a donné des résultats supérieurs au placebo chez les migraineux avec aura.
Le critère principal retenu était la disparition de la douleur à 2 heures, puis à 24 et 48 heures.
Les critères secondaires concernaient les nausées et vomissements, la photophobie et la photophonie, c’est-à-dire la gène importante occasionnée par la lumière et le bruit.
 
39 % des sujets traités par TMS ont vu disparaître leur douleur 2 heures après traitement, contre 22 % chez les utilisateurs du « faux »TMS
A 24 heures, la douleur était toujours absente chez 29 % des TMS et 16 % du groupe placebo.
A 48 heures, les chiffres étaient de 27 % contre 13 %.
 
Nausées, photophobie et photophonie étaient également moins fréquentes.
 
Cette étude montre donc un effet intéressant de ce type de matériel, avec peu d’effets secondaires notamment des sinusites et des petites douleurs à type de paresthésies.
 
Elle montre également que l’effet placebo n’est pas négligeable car les utilisateurs du faux TMS ont éprouvé du soulagement.
 
Elle pose aussi le problème de l’utilisation concomitante d’un traitement médicamenteux, notamment les triptans. On ne sait pas si cette combinaison pourrait améliorer ou non les résultats.
 
Il faudra donc encore un peu de temps pour savoir si ces dispositifs portables, utilisés prudemment et surtout pas en cas d’épilepsie par exemple, peuvent entrer dans l’arsenal thérapeutique des migraines avec aura.
En attendant, évitez d’acheter sur internet des appareils qui se présentent comme des TMS mais qui n’en sont pas obligatoirement !
 
 
Pour voir à quoi ressemble l’appareil, voici le sujet, en anglais, diffusé sur la chaine américaine ABC.
 
 
 
Référence de l’étude :
 
Richard B Lipton et al.
Single-pulse transcranial magnetic stimulation for acute treatment of migraine with aura: a randomised, double-blind, parallel-group, sham-controlled trial
The Lancet Neurology
Published OnlineMarch 4, 2010 DOI: 10.1016/S1474-4422(10)70054-5
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Cancer de la prostate : le cabazitaxel, une nouvelle arme pour les formes très avancées.

C’est un progrès indéniable : une nouvelle molécule permet de proposer une solution aux patients atteints de formes métastatiques de cancers de la prostate pour lesquels le traitement chimiothérapique a échoué.
 
C’est vendredi après-midi que sera officiellement présenté à San Francisco le résultat de l’étude TROPIC, dans le cadre du congrès américain de cancérologie consacré aux tumeurs génito-urinaires, l’ASCO GU.
Cette étude s’est intéressée à des patients atteints de cancers de la prostate à un stade avancé. Ces hommes avaient, en effet, des lésions cancéreuses disséminées, des métastases, surtout osseuses et ganglionnaires. Malgré une castration chimique et malgré un traitement par la chimiothérapie de référence, à base de docetaxel (Taxotere®)
 
Une des raisons de l’échec de ce traitement conventionnel est la mise en place d’un mécanisme de résistance par les cellules cancéreuses, appelé MDR. Une sorte de « pompe » rejette à l’extérieur de la cellule le produit censé la tuer.
 
Un nouveau produit a donc été développé, qui court-circuite ce mécanisme MDR. Ce produit, le cabazitaxel (CBZ), appartient à la même famille que le docetaxel, les taxanes.
 
L’essai TROPIC a concerné 755 patients. Un groupe de 378 hommes a reçu le CBZ une fois par semaine pendant trois semaines avec de la prednisone, un corticoïde.
Le deuxième groupe de 377 patients a reçu une chimiothérapie par mitoxantrone et prednisone également.
 
Le critère principal de l’étude était la survie globale. Quand on utilise ce critère, on compare les médianes de survie entre les deux groupes. Cela veut dire qu’on regarde au bout de combien de temps la moitié des patients est décédée. A contrario cela montre aussi qu’après cette limite, la moitié des patients est toujours en vie.
 
Dans le groupe mitoxantrone, la médiane de survie s’est établie à 12,7 mois. Dans le groupe recevant la nouvelle molécule, le cabazitaxel, cette médiane a été de 15,1 mois.
 
Statistiquement la réduction du risque de décès, ce qu’on nomme hazard ratio, était de 30 %
(HR : 0,70. IC 95 % :0,59-0,83. p<0,0001)
 
Le traitement n’est cependant pas anodin, puisque 7,5 % des patients ont été confrontés à un effet secondaire sérieux, la neutropénie fébrile. Il s’agit d’une baisse importante du nombre de certains globules blancs, les polynucléaires neutrophiles et de l’apparition d’une fièvre avec température au dessua de 38°C. Le risque infectieux est majeur dans cette situation et nécessite des soins urgents et appropriés.
 
 
En termes bruts, deux mois et demi gagnés peuvent ne pas paraître beaucoup. Mais, rappelons-le, il s’agit d’une médiane et cela signifie que des patients ont gagné bien plus que ces 75 jours. Certains étaient encore vivants trois ans après le début de l’étude alors que leur forme de cancer était particulièrement grave.
 
C’est donc un progrès important comme me l’a confirmé le professeur Karim Fizazi, qui, à l’Institut Gustave Roussy de Villejuif, prend en charge les cancers génito-urinaires.
 
C’est aussi une avancée dans le sens où on a pu circonvenir un mécanisme de défense des cellules cancéreuses.
Les avancées de la radiothérapie, les progrès es techniques chirurgicales, la mise au point de médicaments anti androgènes plus performants modifient chaque jour un peu plus le pronostic du cancer de la prostate.
 
Cette nouvelle molécule participe de cette marche en avant, ce dont aucun homme ne se plaindra.
 
 
 
Titre du résumé :
 
A. O. Sartor et al
Cabazitaxel or mitoxantrone with prednisone in patients with metastatic castration-resistant prostate cancer (mCRPC) previously treated with docetaxel: Final results of a multinational phase III trial (TROPIC)
 
Accessible en ligne  à partir du 03/03/2010 minuit

 
 
 
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Cannabis : une consommation précoce et longue favoriserait l’installation de certaines psychoses.

Le rôle du cannabis dans l’apparition de troubles psychiatriques à type de psychose est un débat récurrent. Une nouvelle étude australienne apporte quelques éléments supplémentaires en faveur du rôle favorisant du cannabis.
 
Les chercheurs australiens ont étudié une population de plusieurs milliers de personnes qu’ils suivent régulièrement depuis leur naissance et qu’ils ont revu périodiquement à l’âge de 5 ans, 14 ans et 21 ans.
A ce dernier stade, ils ont revu 3801 des 7223 sujets de départ, soit 53 % de leur cohorte initiale. Ils publient leurs résultats dans la revue Archives of General Psychiatry.
 
Lors de l’examen des 21 ans, il a été demandé aux participants, par auto-questionnaire, s’ils avaient consommé du cannabis au cours du dernier mois et en quelle quantité et depuis quand ils en consommaient.
 
Dans un second temps, les auteurs ont recherché chez 2575 des 3801 sujets la présence d’un des trois types de psychose suivants : schizophrénie, troubles délirants permanents et troubles psychotiques aigus ou passagers.
 
Les participants ont été classés selon deux catégories : pas de trouble hallucinatoire ou 1 ou plusieurs troubles de ce type.
 
Parallèlement, les auteurs ont recruté 228 binômes compos&s de 60 paires frère-frère, 65 paires sœur-sœur et 103 paires sœur-frère. Ils ont eu à répondre aux mêmes questions concernant l’usage de cannabis et à passer les mêmes tests d’évaluation des troubles psychotiques.
 
Des 3801 sujets ainsi suivis, 65 ont été considérés comme atteints de troubles psychotiques non affectifs, c’est-à-dire sans composante maniacodépressive. Sur ces 65, 53étaient schizophrènes, 3 avaient un état délirant permanent, et 9 présentaient des accès psychotiques passagers ou aigus.
 
Concernant l’usage de cannabis, 17,7% de sujets ont admis une consommation depuis moins de trois ans, 16,2% un usage depuis quatre à cinq ans et 14,3 % se sont déclarés consommateurs depuis au moins 6 ans.
 
Chez ces personnes, consommatrices depuis plus de 6 ans, le risque de survenue de troubles psychotiques était 2,2 fois plus élevé que chez les personnes n’ayant jamais consommé (intervalle de confiance à 95 % :1,1-4,5)
 
En examinant les 228 paires de membres d’une même fratrie, on trouve les mêmes résultats.
 
Cet usage de 6 ans et plus est associé également avec une fréquence plus grande d’épisodes d’hallucinations.
 
L’intérêt d’avoir travaillé sur les membres d’une même fratrie permet d’éviter les biais méthodologiques liés à des questions de génétique ou d’environnement, les sujets étant séparés au maximum par une différence d’âge de deux ans.
 
Que concluent les auteurs ? Indéniablement, disent-ils, une association entre la durée de consommation de cannabis supérieure à 6 ans et la présence de signes de psychose à type de schizophrénie.
 
Mais ils constatent aussi que l’apparition précoce de symptômes hallucinatoires isolés s’est accompagnée d’une utilisation précoce du cannabis également.
 
Cela pourrait signifier que le cannabis favoriserait, en quelque sorte, une bascule vers un état psychotique non affectif chez des sujets ayant des troubles isolés.
 
L’association cannabis-hallucinations était moins forte lorsqu’existait une composante importante de type anxieux ou dépressif.
 
 
Rôle déclenchant, facteur aggravant, ou simple témoin qui accompagne une pathologie psychiatrique encore mal installée ? Le rôle du cannabis n’a pas fini de faire couler beaucoup d’encre.
 
Il n’empêche que cette étude montre qu’il ne s’agit pas d’une consommation parfaitement anodine en toutes situations.
Les spécialistes le rappellent : une consommation importante et régulière chez un sujet jeune qui a tendance à moins communiquer doit amener à rechercher des symptômes psychotiques.
 
Un discours qui ne plait pas à tout le monde, certes, mais que les parents ne doivent pas ignorer.
 
 
 
Référence de l’étude :
 
John McGrath et al.
Association Between Cannabis Use and Psychosis-Related Outcomes Using Sibling PairAnalysis in a Cohort of Young Adults
ArchGenPsychiatry. 2010;67(5) :( doi:10.1001/archgenpsychiatry.2010.6)
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