Archives mensuelles : octobre 2010

La polémique autour des Bogdanoff : Comment communiquer sur un communiqué.

Ce billet a été actualisé le 06/11/2010

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Cholesterol : quand le consommateur de levure de riz rouge rit jaune !

Les traitements réputés naturels ont de plus en plus la faveur des patients. Le problème c’est que ce qui est dit sur le flacon n’est pas toujours exact comme le montre l’analyse d’une douzaine de produits hypocholestérolémiants à base de levure de riz rouge.

 
On l’appelle Hong Chu ou Hong Qu ou Honqu, les botanistes parlent, eux de monascus purpureus.
Il s’agit d’une levure qui pousse sur le riz rouge et dont les vertus médicinales sont connues depuis de nombreuses lunes.
 
Cette levure contient des monacolines, quatorze pour être précis. Structures chimiques de la famille des polyketides.
L’une de ces monacolines, la monacoline K est connue sous le nom de lovastatine. Elle a été commercialisée comme médicament à visée hypolipémiante, c’est-à-dire pour abaisser le taux de cholestérol dans le sang. Elle agit, en effet, sur une enzyme présente dans le foie, l’HMG-CoA réductase, limitant ainsi la synthèse de cholestérol par le foie.
 
Les autres monacolines ont probablement aussi des effets hypolipémiants.
Ces vertus, et la présence ‘naturelle’ de lovastatine ont rendu très populaire la consommation de levure de riz rouge, aux Etats-Unis d’abord, puis dans de nombreux pays.
 
Mais le problème des compléments alimentaires c’est que ce ne sont pas des médicaments. Je veux dire ainsi qu’il s ne subissent pas la même réglementation que ces derniers en termes de bonne pratique de fabrication et que les contrôles sont plutôt limités.
 
Preuve en est avec l’étude publiée cette semaine dans la revue américaine ‘Archives of Internal Medicine’ par des cardiologues de l’université de Pennsylvanie à Philadelphie.
 
Pendant deux ans, d’août 2006 à juillet 2008, ils se sont procurés douze marques différentes de compléments alimentaires à base de levure de riz rouge. Sur toutes ces boites il était mentionné ‘600mg de produit actif par capsule’.
 
Ces gélules ont été analysées par une méthode très sophistiquée, comme celle que l’on voit dans ‘Les Experts’. Et le résultat a de quoi au mieux surprendre, au pire d’inquiéter.
 
Les auteurs ont en effet constaté des variations énormes dans la teneur en produits actifs des diverses préparations.
 
Ainsi la composition en monacolines totales allait de 0,31 à 11,15mg par capsule, selon les marques.
Quand on s’intéressait à la monacoline K, la fameuse lovastatine, les doses allaient de 0,10 à 10,09 mg et pour la monacoline KA  de 0,00 à 2,30 mg par capsule.
 
Mais le plus ennuyeux c’est que dans 4 des 12 échantillons, on a retrouvé également de la citrinine. Il s’agit d’une toxine produite par des moisissures, ce qu’on appelle une mycotoxine, qui, chez l’animal, a des effets toxiques sur le rein.
 
Cette présence de toxines néphrotoxiques a été à l’origine de sérieux accidents par le passé, notamment en Belgique chez des jeunes femmes qui avaient consommé des préparations à base d’herbes chinoises dans le cadre de régimes amaigrissants.
 
On voit donc que ‘naturel’ ne rime pas obligatoirement avec ‘efficace’ quand de telles variations sont possibles.
 
L’étiquetage des compléments alimentaire est un vrai problème car il n’a pas la précision de ce qui est demandé au médicament.
Et les compositions peuvent être aussi parfois farfelues.
 
Il parait donc raisonnable, en cas de prise de tels produits, d’en informer au moins son médecin traitant afin qu’il jette un œil sur la composition du produit.
Cela peut éviter également de se retrouver avec des interférences médicamenteuses, certains de ces produits naturels ne faisant pas bon ménage avec des molécules prescrites par le médecin.
 
 
 
Référence de l’étude :
Ram Y. Gordon et al.
Marked Variability of Monacolin Levels in Commercial Red Yeast Rice Products
Buyer Beware!
Arch Intern Med. 2010;170(19):1722-1727
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Cholesterol : quand le consommateur de levure de riz rouge rit jaune !

Les traitements réputés naturels ont de plus en plus la faveur des patients. Le problème c’est que ce qui est dit sur le flacon n’est pas toujours exact comme le montre l’analyse d’une douzaine de produits hypocholestérolémiants à base de levure de riz rouge.

 
On l’appelle Hong Chu ou Hong Qu ou Honqu, les botanistes parlent, eux de monascus purpureus.
Il s’agit d’une levure qui pousse sur le riz rouge et dont les vertus médicinales sont connues depuis de nombreuses lunes.
 
Cette levure contient des monacolines, quatorze pour être précis. Structures chimiques de la famille des polyketides.
L’une de ces monacolines, la monacoline K est connue sous le nom de lovastatine. Elle a été commercialisée comme médicament à visée hypolipémiante, c’est-à-dire pour abaisser le taux de cholestérol dans le sang. Elle agit, en effet, sur une enzyme présente dans le foie, l’HMG-CoA réductase, limitant ainsi la synthèse de cholestérol par le foie.
 
Les autres monacolines ont probablement aussi des effets hypolipémiants.
Ces vertus, et la présence ‘naturelle’ de lovastatine ont rendu très populaire la consommation de levure de riz rouge, aux Etats-Unis d’abord, puis dans de nombreux pays.
 
Mais le problème des compléments alimentaires c’est que ce ne sont pas des médicaments. Je veux dire ainsi qu’il s ne subissent pas la même réglementation que ces derniers en termes de bonne pratique de fabrication et que les contrôles sont plutôt limités.
 
Preuve en est avec l’étude publiée cette semaine dans la revue américaine ‘Archives of Internal Medicine’ par des cardiologues de l’université de Pennsylvanie à Philadelphie.
 
Pendant deux ans, d’août 2006 à juillet 2008, ils se sont procurés douze marques différentes de compléments alimentaires à base de levure de riz rouge. Sur toutes ces boites il était mentionné ‘600mg de produit actif par capsule’.
 
Ces gélules ont été analysées par une méthode très sophistiquée, comme celle que l’on voit dans ‘Les Experts’. Et le résultat a de quoi au mieux surprendre, au pire d’inquiéter.
 
Les auteurs ont en effet constaté des variations énormes dans la teneur en produits actifs des diverses préparations.
 
Ainsi la composition en monacolines totales allait de 0,31 à 11,15mg par capsule, selon les marques.
Quand on s’intéressait à la monacoline K, la fameuse lovastatine, les doses allaient de 0,10 à 10,09 mg et pour la monacoline KA  de 0,00 à 2,30 mg par capsule.
 
Mais le plus ennuyeux c’est que dans 4 des 12 échantillons, on a retrouvé également de la citrinine. Il s’agit d’une toxine produite par des moisissures, ce qu’on appelle une mycotoxine, qui, chez l’animal, a des effets toxiques sur le rein.
 
Cette présence de toxines néphrotoxiques a été à l’origine de sérieux accidents par le passé, notamment en Belgique chez des jeunes femmes qui avaient consommé des préparations à base d’herbes chinoises dans le cadre de régimes amaigrissants.
 
On voit donc que ‘naturel’ ne rime pas obligatoirement avec ‘efficace’ quand de telles variations sont possibles.
 
L’étiquetage des compléments alimentaire est un vrai problème car il n’a pas la précision de ce qui est demandé au médicament.
Et les compositions peuvent être aussi parfois farfelues.
 
Il parait donc raisonnable, en cas de prise de tels produits, d’en informer au moins son médecin traitant afin qu’il jette un œil sur la composition du produit.
Cela peut éviter également de se retrouver avec des interférences médicamenteuses, certains de ces produits naturels ne faisant pas bon ménage avec des molécules prescrites par le médecin.
 
 
 
Référence de l’étude :
Ram Y. Gordon et al.
Marked Variability of Monacolin Levels in Commercial Red Yeast Rice Products
Buyer Beware!
Arch Intern Med. 2010;170(19):1722-1727
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Télémédecine : un instrument utile et pas un gadget pour les ‘bobos’



C’est fait. Depuis le 19 octobre 2010, la télémédecine a un statut légal en France. Mais, pour autant, tout ou presque reste à faire pour permettre aux patients et aux médecins d’utiliser les techniques actuelles de communication.

 
On appelle cela les TIC, mais ce n’est pas pathologique. Ce sont les techniques de l’information et de la communication et cela va de votre téléphone mobile au fax en passant par le réseau Internet.
 
Et, bien entendu, la médecine ne pouvait que s’intéresser aux TIC, ou plutôt de nombreux opérateurs et industriels ont envie que la médecine s’y intéresse.
 
Quel marché juteux en effet, entre les sites Internet, les WebTV, les programmes destinés à l’éducation thérapeutique des patients (ETP) dans laquelle l’industrie pharmaceutique veut s’engouffrer tout comme les opérateurs de téléphonie qui y voient un nouveau marché pour leurs applications.
 
Mais il y a aussi une activité qui, depuis des années, intéresse beaucoup de monde, c’est la télémédecine. En gros, comment mettre un patient et un professionnel de santé en relation sans que le premier ait à se déplacer chez le second ?
 
Un problème aux entrées multiples car il faut pouvoir se voir, consulter des documents personnels et couverts par le secret médical et, ce n’est pas la moindre des choses, se faire payer quand on est le médecin !
 
Une partie de la réponse vient d’être donnée par la publication d’un décret daté du 19 octobre 2010 et qui fixe les conditions d’exercice de la télémédecine en France.
 
D’abord, de quoi parle-t-on ?
La définition colportée par certains journaux, et qui résume la télémédecine au fait de pouvoir consulter son médecin traitant de chez soi, par e-mail ou webcam et recevoir l’ordonnance en pièce-jointe, est vraiment simpliste.
 
Derrière ce terme se cachent, en effet, cinq activités différentes mais qui ont un point commun : elles ne pourront se faire qu’avec l’assentiment du patient dûment informé.
 
La téléconsultation : comme son nom l’indique un patient pourra consulter un médecin ou un psychologue à distance, en présence éventuellement de son médecin traitant ou d’un professionnel de santé.
 
 La téléexpertise : elle permettra à un professionnel médical de solliciter à distance l’avis d’un ou de plusieurs professionnels médicaux en raison de leurs formations ou de leurs compétences particulières, sur la base des informations médicales liées à la prise en charge d’un patient.
 
 La télésurveillance médicale : Le médecin peut ainsi interpréter à distance les données nécessaires au suivi médical d’un patient et, le cas échéant,  prendre des décisions relatives à la prise en charge de ce patient. Ce peut être un tracé d’électrocardiogramme, par exemple (ECG) ou le monitoring des bruits du cœur du fœtus chez une femme enceinte.
 
 La téléassistance médicale : qui a pour objet de permettre à un professionnel médical d’assister à distance un autre professionnel de santé au cours de la réalisation d’un acte.
 
 La réponse médicale apportée dans le cadre de la régulation médicale : il s’agit là des situations où il est fait appel à un service d’urgence
 
On voit donc qu’on est face à diverses utilisations potentielles bien loin du fantasme.
Il ne s’agit pas, a priori, de consulter son médecin et de se faire livrer l’ordonnance comme on commande une pizza ou un film en VOD.
 
A priori, dis-je, car, et c’est déjà le cas, il y a des médecins qui consultent largement sans voir les patients et se servent de courriels pour les suivre. Il suffit de se connecter à certains sites pour voir comment apparaissent des bannières publicitaires avec souvent le même visage qui vous propose de vous alléger de plusieurs kilogrammes et d’un certain nombre d’euros en même temps. Un précurseur !
 
Ce genre de médecine à distance continuera à exister. Mais il faudra officiellement en déclarer la pratique auprès de son Agence régionale de santé. La question est e savoir si les contrôles seront efficaces.
 
Il est certain aussi que des urbains très pressés, amateurs de courses sur internet, de sushis sur internet et autres activités en ligne trouveront des médecins prêts à gérer leurs bobos sans se déplacer.
 
Mais au-delà de ces dérives prévisibles, on peut imaginer que la télémédecine aide les patients et les médecins vivant dans des zonas peu médicalisées à mieux vivre.
 
Dans la région où je vis, 73 % des communes n’ont plus de médecins généralistes. Dans certains des départements, les transports en commun sont assez déficients et aller consulter le spécialiste à la ville préfecture relève de l’expédition.
 
De même, pour les médecins, pouvoir quérir un avis spécialisé dans certains domaines sans avoir à courir les routes sera une aide précieuse.
 
La situation des médecins de famille est, en effet, paradoxale. On leur demande d’être omniscients, de connaître toutes les pathologies, même celles qu’ils ne voient jamais. On n’en exige pas le dixième d’un spécialiste, qu’on respecte même s’il ne gère qu’un aspect très parcellaire de l’individu.
 
Chaque médecin a ses sujets favoris et aussi ses points faibles. Avec la télémédecine, il y a là une bonne façon de pouvoir pallier certains manques ou renforcer sa formation médicale permanente.
 
Mais cela doit se faire en ‘couple’ patient et médecin ensemble. Pas le patient dans le dos de son médecin. Et il ne faut pas voir cette téléconsultation comme un aveu de faiblesse du médecin ou une forme d’incompétence.
 
Economiquement, humainement aussi, c’est éviter des déplacements fastidieux et parois inutiles à des patients souvent âgés, affaiblis et pas obligatoirement rassurés de se trouver amené dans une structure inconnue où ils ne seront pas obligatoirement toujours bien reçus.
Mais la télémédecine ne marchera que si les pouvoirs publics donnent aux professionnels les moyens corrects pour travailler, financiers y compris. Rien ne serait pire que de prendre cela pur un pis-aller chargé de colmater tant bien que mal, la désertification médicale.
 
L’exemple de la cancérologie est une bonne illustration de l’intérêt de cette méthode. Aujourd’hui les médecins de famille sont amenés à suivre de plus en plus de patients traités pour cancer en ambulatoire. Mais ces médecins se plaignent, à juste titre, de ne pas assez souvent être au courant des Plans personnalisés de soins (PPS), ou de ne pas maîtriser tous les effets secondaires des thérapies ciblées.
 
On peut donc imaginer l’intérêt commun de pouvoir prendre un avis spécialisé auprès d’un centre de référence, sans pour autant faire une centaine de kilomètres pour le patient et attendre des heures une réponse pour le médecin.
 
On peut aussi scanner une radio, et, come certains le font encore, demander la lecture d’une lame de frottis sanguin par un biologiste rompu à la chose !
 
Tout est à inventer à condition de s’assurer que les données confidentielles des patients ne risquent pas d’atterrir n’importe où. Il y aura aussi des tentations marchandes de grands groupes qui proposeront aux patients d’héberger’ leur dossier médical.
Là encore, il faudra être très prudent.
 
Mais la télémédecine est une chance à saisir, bien au-delà des images simplistes.
Et peut-être une façon d’aider des médecins isolés à ne pas quitter des villages ou des cantons où ils restent indispensables pour nombre d’habitants.
 
 
 
 
LE TEXTE DU DECRET
   
 
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Cancer : FSHR, un marqueur tumoral bien plus répandu que prévu, devrait aider à mieux traiter les cancers.

Les tumeurs cancéreuses nous réservent toujours des surprises. Ainsi, on vient de découvrir la présence d’un même marqueur dans onze types de cancers différents, alors que ce marqueur n’était, jusque là connu que dans les tissus ovariens et testiculaires. Une découverte qui pourrait aider à améliorer les diagnostics et les traitements.

 
Que vient donc faire le récepteur d’une hormone impliquée dans le développement des ovocytes et des spermatozoïdes dans des tissus cancéreux d’origine aussi diverse que la prostate, le poumon, l’estomac le sein, le rein  ou la vessie ?
 
Ce récepteur à la FSH (Follicle Stimulating Hormone) ou FSHR a été, en effet, mis en évidence sur des prélèvements opératoires de 1336 patients atteints de cancer.
 
Contrairement à d’autres marqueurs tumoraux, comme EGFR ou HER2 par exemple, le FSHR n’a pas été identifié à la surface des cellules cancéreuses. Il se trouvait, en fait, sur les cellules endothéliales en bordure de la tumeur, c’est-à-dire sur les cellules constituant la paroi des vaisseaux sanguins qui alimentent la masse tumorale en oxygène et nutriments.
 
Les chercheurs français de l’Inserm à l’origine de ce travail ont même noté que la distance maximale entre la masse tumorale et ce marqueur était inférieure à 10 mm.
 
Leur travail est publié cette semaine dans le New England Journal of Medicine.
 
Comme je l’ai dit plus haut, la FSH est une hormone hypophysaire qui contribue, à l’état normal, au développement des follicules primaires dans l’ovaire. Secrétée en première partie de cycle menstruel, elle va donc permettre la maturation des ovocytes et la fabrication d’œstrogènes.
 
Dans le testicule, elle agit sur les cellules de Sertoli, qui participent à la nutrition des spermatozoïdes et libèrent aussi quelques produits hormonaux dont l’inhibine.
 
Alors que vient-elle donc faire dans ces cancers ? Il semble que la présence du récepteur à la FSH soit, en fait, à mettre sur le compte d’un mécanisme lié à la prolifération cellulaire anarchique des cellules cancéreuses.
 
Ces cellules ont des machineries qui n’ont plus rien à voir avec celles des cellules saines.
Tout leur est bon pour croître et aller coloniser d’autres régions de l’organisme.
  
UNE HISTOIRE DE CARBURANT
 
 
Mais pour cela il faut du carburant ! Autrement dit du sang, du sucre, des nutriments. Et la cellule cancéreuse a besoin de faire venir à elle les tuyaux, c’est-à-dire, plus simplement, obtenir d’être irriguée par des nouveaux vaisseaux sanguins, ce qu’on appelle la néo-angiogénèse.
 
Or, plusieurs travaux scientifiques montrent que le FSHR serait capable de déclencher cette fabrication de nouveaux vaisseaux. Pour cela il va favoriser la libération d’un facteur de croissance vasculaire, le VEGF.
 
Un des aspects intéressants de cette découverte c’est qu’on dispose déjà de molécules capables d’interférer avec les récepteurs du VEGF et donc d’asphyxier les tumeurs en les empêchant de construire un réseau de néo vaisseaux.
 
Mais l’autre intérêt de ce travail c’est qu’on pourrait disposer également d’un moyen de bien mettre en évidence les limites entre tumeur et tissus sain puisqu’on sait qu’au-delà de 10mm du marqueur, on ne trouve que du tissu sain.
 
Cette délimitation permettrait donc de mieux définir les zones cibles pour la radiothérapie par exemple, ou même pour la chirurgie, surtout quand elle est de plus en plus souvent guidée par ordinateur ou robotisée.
 
Mais de là à dire, comme je l’ai entendu aujourd’hui qu’on aurait un marqueur universel capable de conduire à un traitement universel, il y a une marge, un fossé même.
 
On aura, sans nul doute, un outil diagnostic plus précis, un moyen d’évaluer l’agressivité des tumeurs même à un stade très précoce.
 
Mais les thérapies ciblées qui luttent contre la prolifération des néo vaisseaux ne sont pas des panacées, ni des produits-miracle.
 
Il faut donc saluer un travail remarquable mais attendre de voir s’il tient les promesses que laissent supposer les premiers résultats.
 
 
 
Référence de l’étude :
 
Aurelian Radu et al.
Expression of Follicle-Stimulating Hormone Receptor in Tumor Blood Vessels
N Engl J Med 2010;363:1621-30.
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Cancer du sein et THS : des formes plus sévères et de moins bon pronostic..

On savait depuis quelques années déjà que la prise d’un traitement hormonal substitutif, ou THS, majorait le risque de survenue d’un cancer du sein. Une nouvelle étude montre que ces cancers du sein sont souvent à un stade plus avancé que ceux découverts chez des femmes n’ayant pas pris ces traitements. Et leur évolution semble être moins favorable.
 
Ce fut, en 2002, un véritable pavé dans la mare. L’étude WHI, Women’s Health Initiative, qui suivait des femmes post-ménopausées recevant des THS, venait de montrer que ces traitements à base d’œstrogènes ou de combinaison oestro-progestative (OP), majoraient le risque de survenue d’un cancer du sein et n’avaient pas d’effet protecteur au plan cardiovasculaire. Il y avait, en revanche, un bénéfice sur le cancer du colon.
 
Le THS est donc devenu un traitement sous haute surveillance, prescrit seulement sur de courtes durées et face à des tableaux cliniques précis, en début de ménopause.
 
Mais on surveille aussi le devenir des femmes ayant reçu ces traitements et une étude américaine publiée cette semaine dans la revue JAMA montre qu’après onze ans de suivi, le THS est souvent à l’origine de cancers du sein dits ‘invasifs’ ou avancés.
 
Les auteurs de l’étude ont suivi 12788 des 16608 femmes incluses dans l’étude originelle, soit 83 % de l’effectif.
Ils ont constaté que chez les femmes recevant la combinaison OP, il y avait eu 385 cas de cancer du sein contre 293 dans le groupe placebo, soit un risque majoré de 25 % (HR : 1,25. IC95% :1,07-1,46 p=0,004)
 
Si, sous le microscope, les cancers des 2 groupes étaient semblables en termes d’histologie et de grade, macroscopiquement les choses étaient différentes. On a, en effet, constaté des atteintes ganglionnaires, ce qu’on appelle N+, beaucoup plus fréquemment dans le groupe ayant reçu le THS.
 
Dans le groupe traité, l’atteinte N+ concernait 23,7% des cas, contre 16,2 % dans le groupe placebo. (HR: 1, 78. IC95%:1, 23-2, 58. p=0, 03)
 
La mortalité directement liée au cancer du sein était plus élevées dans le groupe OP, mais, pour des raisons statistiques et de méthodologie, les résultats ne permettent pas d’affirmer l’association entre prise d’OP et risque de mortalité par cancer du sein plus élevé,  mais plutôt une tendance.
 
Dans l’éditorial qui accompagne la publication de l’étude le Dr Peter Bach estime que cette mortalité est sans doute plus élevée que ne le laisse supposer l’étude.
 
Il pointe aussi du doigt un autre aspect de la prescription actuelle du THS. Aux Etats-Unis, comme chez nous, ce traitement est actuellement donné de façon très brève, sur tout au plus deux ans, à des femmes dont la ménopause s’est établie récemment et qui ont des troubles très inconfortables, comme des tableaux dépressifs, des insomnies, des sueurs nocturnes abondantes.
 
Mais, comme le remarque Bach, nous ne disposons actuellement d’aucune évaluation ou d’essais cliniques nous permettant d’établir l’innocuité de ces doses courtes. Il prône donc la mise en place de telles études.
 
La façon dont la ‘crise’ du THS a été gères en France montre aussi qu’il faut savoir oublier les dogmes en médecine, surtout lorsqu’ils ont été plus ou moins sous-tendus par des intérêts pas forcément scientifiques.
 
Pendant de longues années, ici comme de l’autre côté de l’Atlantique, le THS était vécu comme une panacée.
Je faisais partie de ces médecins convaincus.
 
Quand l’étude WHI est sortie en 2002, entrainant un effondrement de la prescription aux USA, nous avons eu droit au discours sur une ‘exception française’. Nous n’utilisions pas les mêmes hormones que les américains. Nos produits étaient des hormones reproduisant les OP naturels et WHI ne nous concernait pas.
 
Je faisais encore partie quelque peu de ces médecins convaincus !
 
Mais avec le temps et avec la publication de l’étude E3N  faite auprès de femmes assurées à la MGEN, on s’est aperçu que les résultats américains s’appliquaient également chez nous, malgré les tentatives de dénégation de certains laboratoires et, hélas, de médecins manquant un peu de rigueur et de clairvoyance.
 
Il faut donc se donner d’évaluer les effets du THS, même à faible dose, pour ne pas se réveiller encore une fois trop tard.
 
 
 
 
Référence de l’étude :
 
Rowan T. Chlebowski et al
Estrogen Plus Progestin and Breast Cancer Incidence and Mortality
in Postmenopausal Women
JAMA. 2010;304(15):1684-1692
 
Référence de l’éditorial:
 
Peter B. Bach
Postmenopausal Hormone Therapy and Breast Cancer
An Uncertain Trade-off
JAMA. 2010;304(15):1719-1720
 
Lecture conseillée :
 
Martine Perez
Ce que les femmes doivent savoir du traitement hormonal substitutif
Ed Robert Laffont -2005
ISBN : 978-2-221-10351-7
 
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Le dabigatran approuvé aux USA : la fin de l’INR

La FDA, l’agence des produits sanitaires américaine, vient d’approuver la commercialisation du dabigatran. Cet anticoagulant destiné aux patients en fibrillation auriculaire, ne nécessite aucun test biologique de surveillance, contrairement aux antis vitamines K.

 

Le dabigatran (PRADAXA) sera utilisé à une dose biquotidienne, qui pourra être de 2 fois 110 mg ou 2 fois 150 mg. Son emploi par voie orale sera réservé aux patients en fibrillation auriculaire dans le but de prévenir la formation de caillots et de diminuer ainsi le risque d’AVC.

 

Contrairement aux AVK, il n’y a pas besoin avec ce médicament de faire régulièrement un INR pour savoir si on se situe dans la bonne fenêtre d’anticoagulation. Plus besoin, non plus, de surveiller son alimentation pour éviter des interférences comme avec les AVK.

 

Mais le médicament a des effets secondaires, notamment digestifs, avec des nausées, des brûlures, gastriques, des remontées acides et un inconfort gastrique.

Des inconvénients qui devraient être atténués prochainement avec le remplacement d’un des composants actuels par un autre sel.

 

L’enregistrement européen et donc français devrait se faire dans les prochains mois.

 

Lire le communiqué de la FDA

Lire l’article consacré au dabigatran sur le blog

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FIV : une nouvelle technique pour obtenir plus de grossesses .

La fécondation in vitro (FIV) est une méthode de procréation assistée qui, malgré ses millions de naissances, connaît u taux d’échecs encore important. Mais une nouvelle technique d’examen de l’œuf fécondé va sans doute permettre d’améliorer fortement les résultats.

Des jumelles en Allemagne en juin, un garçon en Italie en septembre, deux ‘premières mondiales’ dans un domaine, la procréation médicale assistée, qui vient, avec le prix Nobel accordé à Edwards cette année,  de connaître la consécration pour la technique de fécondation in vitro ou FIV.
Cette technique, bien rôdée, certes, pose encore des problèmes car implanter l’œuf fécondé chez la femme ne veut pas dire automatiquement que la grossesse ira jusqu’à son terme. Bien souvent, en quelques jours, tout se termine. Un échec souvent très mal vécu par des couples souvent aux alentours de la quarantaine et pour lesquels le compte à rebours avance inexorablement.
Une des raisons principales de ces échecs est une élimination spontanée d’ovocytes porteurs d’anomalies chromosomiques incompatibles avec la vie, notamment des chromosomes présents à un seul exemplaire au lieu d’être par paire.
La Société européenne d’étude de la reproduction humaine et d’embryologie (ESHRE) a décidé de lancer, voici quelques mois, une étude pilote pour tenter d’améliorer les résultats de la FIV.
Le but était de tirer partie des nouveaux outils de la biologie moléculaires, ce qu’on appelle des microarrays, pour, à partir d’une cellule, vérifier l’intégrité de l’équipement génétique des ovocytes fécondés avant implantation dans l’utérus maternel. La méthode s’appelle CGH, c’est à dire une analyse complète du génome par hybridation.
Contrairement au diagnostic préimplantatoire (DPI) où il faut attendre que l’embryon se développe au stade de morula, c’est-à-dire à partir du 3ème jour pour avoir au moins 8 cellules et en prélever une ou deux, la technique employée ici a été plus simple et plus rapide.
Elle a utilisé une particularité morphologique de l’ovocyte après fertilisation par le spermatozoïde, l’apparition de ce qu’on nomme le globule polaire.
En prélevant ce globule polaire, appelé de toutes façons à disparaître, les chercheurs ont pu en une dizaine d’heures, avoir une cartographie complète des chromosomes de l’œuf fécondé, savoir si cet œuf possédait bien 23 paires intactes de chromosomes avant l’implantation.
Précision importante : cela n’a rien à voir avec un quelconque diagnostic génique. On ne recherche pas la présence d’un gène muté comme, par exemple, dans la mucoviscidose ou certaines maladies sanguines graves.
On vérifie les chromosomes, pas les trente mille gènes qu’ils portent.
La priorité pour les chercheurs sera d’utiliser ce test chez des femmes de plus de 37 ans ayant déjà connu des échecs après FIV.
Dans un deuxième temps, les indications pourront sans aucun doute s’élargir.
Référence de l’étude de faisabilité  présentée en juin 2010 au congrès de l’ESHRE :
Joep Geraedts et al.
What next for preimplantation genetic screening? A polar body approach!
Human Reproduction, Vol.25, No.3 pp. 575–577, 2010
Advanced Access publication on December 23, 2009 doi:10.1093/humrep/dep446
Accessible  librement
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Sclérose en plaques/SEP: un essai de phase 2 positif pour l’alemtuzumab

Le traitement de la sclérose en plaques dans sa forme récurrente pourrait bénéficier de l’apport de l’alemtuzumab si les bons résultats d’un essai de phase 2 se confirment.

 
C’est à l’occasion du congrès ECTRIMS qui se tient actuellement en Suède que Genzyme, la firme qui développe l’alemtuzumab, a présenté les résultats à cinq ans d’un essai de phase 2 qui avait comparé l’anticorps à l’interféron beta1-a (Rebif®).
 
A l’origine 334 patients avaient été inclus dans l’essai dont les résultats intermédiaires ont été publiés il y a deux ans . (LIRE ICI )
 
En reprenant les données à 5 ans sur 60 patients du groupe traité et 45 du groupe contrôle, les spécialistes ont noté une différence très significative dans le nombre de rechutes en taux annualisé.
 
Pour l’alemtuzumab, ce taux est de 0,11 contre 0,35 dans le groupe Rebif.
En ce qui concerne le handicap, l’aggravation a concerné 13 % des patients traités par anticorps contre 38% chez ceux recevant l’interféron.
 
Il faut noter que la plupart des patients du groupe alemtuzumab avaient reçu leur dernière injection au mois 12 de l’étude, c’est-à-dire quatre ans plus tôt.
 
En ce qui concerne les effets secondaires, même si Genzyme les décrits comme modérés, avec notamment des infections respiratoires hautes, il y a eu six cas de purpura thrombopénique idiopathique dont un mortel.
 
Cet effet redoutable de l’alemtuzumab impose une surveillance stricte des patients car le risque vital peut être engagé.
 
Actuellement, Genzyme poursuit deux essais de phase 3, des essais qui, en cas de résultats positifs, pourraient amener la firme à demander aux autorités sanitaires d’autoriser cette molécule dans le traitement de la SEP.
 
NOTE D’ACTUALITE SUR L’ECTRIMS  2010
 
Au cours de la session 2010 de l’ECTRIMS des résultats intermédiaires ont été présentés pour d’autres produits.
 
Ainsi le teriflunomide, donné par voie orale, montre une réduction des rechutes supérieure de 30 % par rapport au placebo.
 
Un autre produit, l’ocrelizumab a montré, toujours face au placebo, une réduction très impressionnante des lésions cérébrales et une baisse très importante des rechutes.
 
Mais ces deux molécules sont dans des phases encore précoces d’évaluation et leur efficacité et leur tolérance doivent être étudiées sur le long terme.
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Cancer/ ESMO10 : Poumon deux confirmations et un nouveau venu.

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