Archives de catégorie : CANCER

Scanners : des radiations à ne pas négliger

L’autorité de Sureté Nucléaire, ASN, tire la sonnette d’alarme sur les risques d’irradiations liés à l’utilisation des appareils de tomodensitométrie, autrement dit les scanners. Et elle a bien raison !

  Pour parler simple un scanner ce n’est pas une cabine de Photomaton !

Quand on fait un scanner des poumons par exemple, la dose de rayons X reçue par le patient est de 10 à 100 fois plus importante que celle d’une radio pulmonaire.

Et un scanner qui examine le thorax l’abdomen et le bassin c’est en terme de dose l’équivalent de ce qui est autorisé pour un travailleur du nucléaire en un an.

Autre exemple, l’examen du foie va nécessiter un passage avant injection, puis au temps de remplissage des artères, puis des veines, puis après la vidange.

 Et il y a la question de la répétition des examens qui se pose également. Les doses reçues à chaque examen sont notées sur le compte-rendu du médecin. Mais, faute de dossier qui suit le malade, certaines personnes cumulent, en un an, dix fois la dose admissible pour un travailleur du nucléaire.

Et à 200 milliSievert, on sait que les anomalies moléculaires déclenchées peuvent, au bout de quelques années, entrainer l’apparition d’un cancer.

 Il faut donc apprendre à ne pas abuser de ce genre d’examens et ce n’est pas simple. Il y a d’abord l’offre qui s’est accrue ces dernières années, avec des appareils de plus en plus performants, capables de travailler l’image en couleur et en 3D.

Mais il s’agit de surveiller des patients, pas de faire des expositions de tableaux !

Il y a aussi la recherche d’une sécurité qu’on croit absolue grâce à l’imagerie.

 Le meilleur exemple c’est la migraine. Cette affection très courante correspond à un tableau clinique assez précis. Les médecins peuvent disposer d’une grille de symptômes et avec un simple interrogatoire du patient, peuvent, en vingt à trente minutes, obtenir suffisamment d’informations pour arriver au diagnostic de migraine vraie.

 Pourtant, la majorité des migraineux vus dans les services spécialisés arrivent avec des dossiers épais incluant au moins un scanner. Un examen fait pour éliminer une éventuelle tumeur cérébrale. Sauf que les signes d’une telle tumeur n’ont pas les mêmes caractéristiques que dans la migraine. Mais c’est un peu la tendance ‘ ceinture et bretelles’ qui prédomine, la volonté de ne rien manquer !

 Dans un certain nombre de cas, quand l’imagerie est nécessaire, l’IRM peut rendre les mêmes services, même si l’image est un peu moins belle parfois. Et l’IRM n’émet pas de rayons X.

 C’est pour cela qu’il faut privilégier cet examen chez l’enfant et chez les jeunes femmes en âge de procréer.

 Comment donc pouvoir protéger les patients de doses excessives ? Les médecins et les manipulatrices en radiologie ont des dosimètres pour savoir quel est leur niveau d’exposition. Les patients n’ont rien, sauf, je le répète, une indication de la quantité reçue à chaque examen.

 Mais il y a un organisme, l’Assurance Maladie, qui sait combien d’examens radiologiques subit une personne, puisqu’elle les prend en charge !

 On pourrait imaginer, à l’époque de l’informatique, qu’après un ou deux scanners, par exemple, une ‘alerte’ soit envoyée au patient et à son médecin référent, leur indiquant l’existence d’une certaine dose de radiations déjà reçue.

 La peur du nucléaire est très présente dans nos sociétés même si les risques restent assez théoriques.

Mais le risque lié à l’irradiation médicale est parfaitement sous- estimé dans la population.

 Il serait utile que cela change !

La difficulté c’est que le parc d’IRM français est insuffisant aujourd’hui pour fournir une solution alterne satisfaisante. Les délais d’obtention des examens sont très longs, souvent trois à quatre semaines, sauf, bien sûr, pour les sportifs de haut niveau !

Un patient atteint de cancer va devoir attendre plus de 30 jours pour un examen IRM.

Donc, mettre en garde contre les risques d’irradiations excessives c’est bien, mais offrir une solution serait mille fois mieux.

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Cancer : la dépression et l’anxiété se traitent aussi par une bonne information.

S’il est un domaine dans lequel l’information des patients est fondamentale, c’est bien celui du cancer. Dépression, anxiété et qualité de vie sont dépendantes de l’information reçue, comme le souligne une nouvelle analyse publiée dans les ‘Annals of Oncology’.

D’un côté il y a les professionnels de santé, détenteurs de l’information et pas toujours prêts à la délivrer entièrement, pour diverses raisons, plus ou moins justifiées. De l’autre les patients qui veulent savoir, du moins le disent-ils, parce que c’est leur vie, leur ‘peau’ leur maladie. Une volonté d’autant plus vive de savoir qu’à l’époque d’Internet, l’envie irrépressible d’aller surfer sur les sites permet de trouver des sources, pas toujours fiables hélas, qui permettent d’acquérir des notions qui aident à poser des questions au médecin.

Les auteurs de l’étude ont examiné vingt-cinq articles publiés entre 1996 et 2009 et traitant de la dépression, de l’anxiété et des aspects de santé entrant dans l’appréciation de la qualité de vie.

Comme on pouvait s’y attendre, le fait de délivrer des informations aux patients participait de leur bien être physique et mental et influait sur leur degré d’anxiété et de dépression.

Mais cette analyse montre surtout qu’il n’y a pas de contenu uniformisé ou standardisé de l’information.

Il faut savoir s’adapter à l’âge, au sexe des patients, à leur culture et leurs origines.

La ‘quantité’ de vérité qu’un patient est prêt à encaisser varie selon l’endroit où l’on se trouve.

De la même façon, certaines croyances ou des habitudes culturelles vont faire que certains mots n’auront pas le même poids en Europe de l’Est ou du Sud et dans un pays du Nord.

Face à un patient venant d’Afrique subsaharienne, par exemple, il peut être important de s’adjoindre la présence d’un interprète ou d’une personne venant du même pays, voire de la même ethnie pour aider à faire passer le message.

On sait aujourd’hui l’importance de la dépression et des phénomènes anxieux dans les échecs thérapeutiques et les risques de rechute et de récidive.

On sait aussi que, malgré moult efforts, nos sociétés restent hostiles globalement aux malades, et aux patients atteints de cancer autant qu’aux autres.

Le médecin tout-puissant détenteur unique du savoir est une image qui appartient au passé, mais seuls, certains médecins l’ignorent.

Il est important de faire entrer les professionnels des sciences sociales, ces sciences dites ‘molles’, dans les services et structures de soins.

Il faut évaluer la qualité de l’information reçue par les patients, évaluer leurs attentes, pallier les carences tant que faire se peut.

Le cancer se soigne par la chirurgie et par la chimiothérapie et les thérapies ciblées.

Mais il se soigne aussi par l’information donnée aux patients, une information quantitativement et qualitativement adaptée.

Les temps ont changé, les exigences ont monté. La situation des médecins est certainement devenue de plus en plus inconfortable face à une demande plus pressante, plus agressive parfois.

Mais la réponse ne doit pas être le silence, tout au contraire.

Plus que jamais aujourd’hui, le patient devient partenaire de sa guérison.

Référence de l’étude :

O. Husson et al.

The relation between information provision and health-related quality of life, anxiety and depression among cancer survivors: a systematic review

Annals of Oncology 22: 761–772, 2011

doi:10.1093/annonc/mdq413 Published online 24 September 2010

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Japon : les risques potentiels liés à l’accident nucléaire.

Informations contradictoires, doses de radiations tantôt à la hausse, tantôt à la baisse, la tragédie japonaise n’est pas simple à suivre. Point sur les risques liés aux radionucléides pour la population.

Une chose est sûre : il est impossible de comparer la situation des travailleurs au cœur de la centrale, les ‘liquidateurs’ et celle des populations vivant plus ou moins près de la centrale.
Les travailleurs sont exposés à des doses de radiations colossales, équivalant à une centaine d’examens ^par scanner en une seule fois. Ces radiations vont provoquer chez certains des hémorragies et une destruction de la moelle osseuse, avec un risque infectieux majeur. Le risque de décès est élevé à court ou moyen terme.
Il existe aussi un risque de cataracte par opacification postérieure du cristallin.
Pour les populations, les risques sont difficiles à préciser. La rareté des accidents n’a pas permis de mener des études exhaustives et la comparaison d’accidents nucléaires et de retombées des bombes atomiques n’est pas judicieuse. Un accident nucléaire va provoquer une contamination des sols, ce que ne fait pas une explosion de bombe nucléaire.
C’est évidemment la tragédie de Tchernobyl, en 1986, qui a été la mieux étudiée. On a constaté une élévation des cancers de la thyroïde chez les enfants et les adolescents, principalement avant l’âge de dix ans.
Deux raisons à cela : la thyroïde des enfants est hautement active car elle participe à la croissance osseuse .Pour son fonctionnement, elle utilise 99 % de l’iode capté par notre organisme.
Or, l’accident nucléaire a libéré d’énormes quantités d’iode radioactif (Iode131, l’iode alimentaire étant de l’iode 127).
Cet iode a contaminé les pâturages et s’est retrouvé dans le lait, aliment consommé en quantités plus élevées chez l’enfant que chez l’adulte.
Malgré de longues années de suivi, aucune étude n’a permis de mettre en évidence un risque plus élevé pour les autres cancers.
Mais cet accident a montré un effet indirect des retombées : des traumatismes psychologiques innombrables, mal gérés, facteurs de stress et qui expliquent, sans doute, une élévation des accidents cardiovasculaires constatés dans la région de Tchernobyl et des pays voisins.
PRECISIONS SUR L’INTERET DES COMPRIMES D’IODE

On commence à entre ça et là des rumeurs de personnes qui, en France, veulent se procurer des comprimés d’iode.

Il me semble utile d’apporter quelques précisions à destination de ces anxieux.
L’ingestion d’iode sature rapidement la thyroïde. Une fois la glande saturée, l’excès d’iode est éliminé dans les urines. Cette protection dure environ 48 heures.
Il n’y a donc aucun intérêt à se charger en iode actuellement alors qu’on ne sait toujours pas vers où ira le nuage. D’autre part, l’iode 131, principal élément radioactif émis, a une durée de vie très courte. Ainsi, un nuage qui voyagerait pendant trois ou quatre jours par exemple, serait très peu chargé en iode en arrivant chez nous.
Il faut donc éviter les schémas de panique du type Tamiflu avec le H1N1 ou ciprofloxacine avec la menace d’anthrax.
Au cas où le problème de protection se poserait, il y a assez d’iode disponible pour ne pas avoir à en stocker individuellement. Et ce sont les jeunes enfants qui courent le risque principal, pas les adultes.
En ce qui concerne les intolérances à l’iode , voici des informations utiles venues de la Belle Province.
INFORMATIONS DE LA DIRECTION GENERALE DE LA SANTE
A l’approche du panache des centrales, dans la semaine du 21 au 27 mars, d’abord sur les Antilles puis en France métropolitaine, les pouvoirs publics mettent en ligne des informations destinées au public.
Elles sont consultables I C I

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Cancer et cannabis : le THC joint l’utile à l’agréable.

Le cannabis pourrait faire son entrée dans l’arsenal des soins de support en cancérologie si les résultats d’une étude canadienne se confirment. L’un des composés de cette plante semble, en effet, redonner du goût et de l’odorat aux patients en chimiothérapie.
 
On l’appelle communément le THC, un acronyme plus facile à prononcer que le nom complet : delta-9-tetrahydrocannabinol.
C’est l’un des 60 principes actifs présents dans la plante de cannabis et les médecins le connaissent depuis longtemps. Il a été testé en cancérologie pour prévenir les vomissements.0 mais il n’a pas convaincu en tant qu’antiémétique.
 
Il a été aussi largement étudié par les centres antidouleur mais, aujourd’hui, il revient dans une nouvelle indication à l’occasion d’un essai clinique canadien.
 
Le THC a été évalué face à un placebo chez des patients en chimiothérapie, atteints de cancers avancés, et qui souffraient de troubles du goût et de l’odorat, des atteintes dites ‘chimiosensorielles’.
 
Le but de ce travail mené dans deux hôpitaux canadiens et publié aujourd’hui dans la revue Annals of Oncology était de démontrer qu’avec le THC, les patients retrouvaient de l’appétit, augmentaient leur prise calorique et retrouvaient une certaine qualité de vie.
 
Les patients étaient soumis à un questionnaire pour évaluer, en 14 items, leurs troubles, comme leur perception de l’amer ou de l’aigre.
 
Une fois inclus dans l’étude ils recevaient soit du THC sous forme de dronabinol à 2,5mg par gélule, soit un placebo.
Les patients pouvaient prendre deux gélules par jour, une avant chaque repas, mais pouvaient monter jusqu’à huit gélules par jour.
 
Des 111 patients éligibles pour l’étude de phase 2, 21 ont été finalement évalués, 11 dans le groupe THC et 10 dans le groupe placebo
 
L’analyse de cette enquête apporte plusieurs enseignements particulièrement intéressants, même si cet échantillon est très faible.
 
Globalement, le taux de plaintes pour troubles sensoriels n’a pas été différent entre les deux groupes.
Mais, en revanche, l’amélioration a été évidente dans le groupe THC quand on a évalué les progrès en matière d’odorat et de goût.’ Mon goût a changé’ ou ‘mon odorat a changé’ étaient plus fréquemment constatés dans le groupe THC (36 %) que dans le groupe placebo (15%).
 
 La majorité des patients du groupe THC (73 %) ont globalement mieux apprécié la nourriture que le groupe placebo (30%). Plus de la moitié du groupe THC, 55 % ont trouvé que la nourriture avait meilleur goût alors que ce sentiment n’était reconnu que chez seulement un patient sur dix du groupe placebo.
 
Et la moitié des patients sous THC ont décrit la disparition de sensation d’odeurs déplaisantes qu’ils éprouvaient face à la nourriture au début de l’étude.
 
Pouvoir faire le tri entre les différents goûts et odeurs était redevenu possible chez 73 % du groupe traité alors que dans le groupe placebo, 60 % n’ont noté aucun changement et 20 ù ont ressenti une aggravation du phénomène.
 
 
Sept des onze patients THC ont déclaré avoir eu meilleur appétit, un état non rencontré dans le groupe placebo.
 
Mais ce qui semble très intéressant c’est que le groupe sous THC a accru sa consommation de protéines et son apport total de calories de façon non négligeable par rapport au groupe placebo. C’est surtout sur l’envie et la consommation de viande qu’ont porté les changements.
L’apport protéique permet de combler la fonte musculaire et aide à la restauration des défenses immunitaires.
 
Enfin, en termes de qualité de vie, le groupe THC a décrit une nette amélioration de la qualité de sommeil et de relaxation. Il n’y avait pas de différence, en revanche, dans la lutte contre les nausées.
 
Les effets secondaires et les incidents ont été peu nombreux et aucun effet grave n’a été constaté.
Parmi les effets indésirables constatés dans le groupe THC,  il y avait des palpitations cardiaques, des troubles de l’équilibre, des vertiges, des membres lourds, et des douleurs abdominales.
 
Comme signalé plus haut, les effectifs de cette étude sont très faibles, 21 patients. Il faut donc ne pas tirer de conclusions définitives de ces résultats.
 
Mais on peut déjà constater que la prise de THC a eu des effets bénéfiques sur la prise alimentaire, la quantité de calories absorbées, l’augmentation de l’apport protéique.
C’est donc une piste très intéressante à explorer tant l’enjeu nutritionnel est important dans la prise en charge des patients atteints de formes avancées.
 
L’impact sur la qualité du sommeil et sur la relaxation mérite également d’être souligné.
 
 
Mais, en France, l’usage du dronabinol (Marinol®)  reste interdit sauf dans le cadre d’ATU, c’est-à-dire d’autorisations temporaires d’utilisation. Il s’agit d’autorisations délivrées au cas par cas et même au compte-gouttes.
 
Cela devrait compliquer la tâche des équipes qui souhaiteraient éventuellement se lancer dans une évaluation à grande échelle.
 
 
Référence de l’étude :
 
T. D. Brisbois et al. 
Delta-9-tetrahydrocannabinol may palliate altered chemosensory perception in cancer patients: results of 5 a randomized, double-blind, placebo-controlled pilot
trial
Annals of Oncology. doi:10.1093/annonc/mdq727
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Cancer de la prostate : perdre ses cheveux à 20 ans pourrait doubler le risque à 40 ans.

Si vous êtes un homme et que vous avez commencé à perdre vos cheveux vers l’âge de vingt ans selon un schéma bien précis, vous avez sans doute intérêt à faire surveiller votre prostate de façon un peu plus soigneuse que le reste de vos congénères. C’est ce que semble indiquer une étude publiée aujourd’hui dans les Annals of Oncology.
 
Leonard de Vinci en faisait le centre de gravité du corps masculin. La prostate, cette petite glande de quelques grammes à l’état normal, joue un rôle tantôt bénéfique, tantôt moins sympathique au cours de l’avancée en âge des hommes.
 
Chargée d’apporter au sperme des éléments nutritifs et de favoriser le volume de l’éjaculat, la prostate vit sous la dépendance des hormones males, les androgènes, au premier rang des quels la testostérone.
 
Cette imprégnation hormonale n’est pas sans conséquences puisque, avec le temps, chez certains hommes, la prostate va être le siège du développement de cellules tumorales. Ces cancers de la prostate peuvent prendre diverses formes, rester très localisés ou, au contraire, devenir agressifs et entrainer des localisations secondaires, des métastases, notamment sur les poumons et les os.
 
Les hormones mâles jouent aussi un rôle sur le systême capillaire puisqu’elles participent à l’émergence de la pilosité et des caractères sexuels dit ‘secondaires’ qui distinguent les deux sexes.
 
Il existe une forme particulière de perte de cheveux dite ‘alopécie androgénétique’ qui combine un facteur héréditaire et l’action des androgènes.
 
La chute des cheveux suit des séquences bien précises comme le creusement des golfes, sur le devant de la tête et l’apparition d’une sorte de tonsure sur le vertex, au sommet postérieur du crane.
 
La chute va ensuite s’accentuer et se terminer par une calvitie plus ou moins complète.
L’âge de début est généralement entre 30 et 40 ans, mais peut être plus précoce.
 
L’étude publiée aujourd’hui dans la revue ‘Annals of Oncology’ et conduite par des médecins français s’est intéressée aux cheveux de patients atteints de cancers de la prostate.
 
Plus précisément à l’âge auquel ils ont commencé à perdre leurs cheveux selon le modèle de cette alopécie androgénétique.
Pour cela, ils ont recruté 355 patients suivis pour cancer de la prostate dans les services de radiothérapie de  trois centres : l’Hôpital Européen Georges Pompidou et l’Institut Curie à paris et le Centre Claudius Régaud à Toulouse.
 
Ils les ont comparés à 281 patients des mêmes établissements, suivis pour des pathologies autres qu’un cancer de la prostate une pathologie hormonale.
 
Un questionnaire demandait aux patients de situer la date du début de leur perte de cheveux : 20ans, 30 ans ou 40 ans.
 
L’analyse des résultats montre que ceux qui avaient commencé à perdre leurs cheveux à l’âge de 20 ans avaient, statistiquement, un risque deux fois plus élevé d’avoir un cancer de la prostate.
(Pour les spécialistes, le hazard ratio, HR est de 2,01 avec un intervalle de confiance à 95 % de 1,07-3,79,  p=0,0285.).
 
Pour une perte de cheveux débutant plus tard, il n’y avait pas d’élévation du risque. Aucune association, non plus, avec le degré d’alopécie. Aucune relation no également avec l’agressivité du cancer.
 
Mais que faire de tels résultats ? D’abord les confirmer par des études peut-être plus fournies. Comprendre ensuite quels sont les composants hormonaux qui peuvent expliquer ces données.Il est évident que la sécrétion de dihydrotestostérone est impliquée dans le mécanisme de l’alopécie mais aussi dans la stimulation de la croissance du tissu prostatique pathologique.
 
Mais ce qu’espèrent les chercheurs, si les résultats sont validés par d’autres études, c’est de détenir là une méthode permettant d’orienter le dépistage du cancer de la prostate.
 
Ce sujet fait polémique depuis des années.  D’un côté il y a les urologues qui souhaitent un dépistage annuel à partir de 50 ans avec toucher rectal et dosage sanguin des PSA.
De l’autre, il y a les épidémiologistes et les spécialistes de santé publique qui s’y opposent. Il faut dire qu’aucune étude n’a montré un bénéfice réel de ce dépistage de masse. Le dosage des PSA n’est pas la meilleure méthode et un taux supérieur à 4 nanogrammes /ml peut se rencontrer dans des atteintes prostatiques non cancéreuses.
 
La pratique de biopsies multiples à travers la paroi du rectum conduit aussi à des incidents et des accidents, certains cas, rares cependant, se terminant par une septicémie.
 
D’autre part, on sait que certains cancers vont peu ou pas évoluer et que le patient mourra d’une toute autre cause. Or nombre de ces patients subissent des interventions chirurgicales inutiles avec des séquelles ennuyeuses, comme une incontinence ou des troubles de l’érection allant souvent à l’impuissance.
 
Il faut donc essayer de recadrer ce dépistage et savoir l’orienter plus efficacement, contrairement à ce qu’une récente campagne médiatique censée être ‘humoristique’ a laissé entendre. Je regrette que le monde médical n’ait d’ailleurs pas plus manifesté son désaccord avec cette pitoyable clownerie.
 
Ce que visent les auteurs de l’étude c’est justement de déterminer qui pourrait être mieux surveillé. Il ne s’agit pas de dire à un homme de 20 ans qui débute une alopécie qu’il va avoir un cancer de la prostate demain.
 
Mais il pourrait être opportun pour un tel homme de se faire plus étroitement surveiller à partir de la quarantaine.
 
Mais nous n’en sommes pas encore là et l’apparition de golfes de plus en plus clairs ne doit pas conduire à se dire qu’on va avoir un cancer de la prostate.
 
En résumé et en l’état actuel des connaissances, il n’y a pas de cheveux à se faire.
 
 
Référence de l’étude :
 
M.Yassa et al.
Male pattern baldness and the risk of prostate cancer.
Ann Oncol doi:10.1093/annonc/mdq695
 
 
 
 
Wikipedia sur l’alopécie
 
 
 

  

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Retravailler après un cancer : il faut savoir préparer son retour très tôt.

Retourner dans le monde des vivants, se reconstruire. Ces mots sont ceux des femmes et des hommes qui, après avoir eu un cancer, parlent de leur besoin de retourner travailler. Mais ce retour n’est pas une sinécure, loin de là, comme le montre une enquête récente.

C’est la première fois que je vous propose de voir, sur ce blog, un très long entretien ‘brut de décoffrage’, c’est-à-dire tel qu’il a été tourné avant d’être monté et édité dans un sujet. Si j’ai fait ce choix c’est que je crois important d’écouter dans la longueur ce que Monique Sevellec, psychologue à la Maison des Patients de l’Institut Curie, a à dire.

Avec quelques autres professionnels, elle a mené une enquête il y a quelques mois, aidée en cela par 82 médecins du travail de la région Ile de France. Ils ont suivi 402 personnes, 240 femmes et 162 hommes dont l’âge moyen tournait autour de la cinquantaine, et chez lesquelles un cancer avait été décelé et traité. Pour les femmes, il s’agissait dans 36 ù des cas d’un cancer du sein et chez les hommes de cancers de la prostate dans 10 % des cas.

Cette étude montre que 79 % des patients avaient repris leur activité professionnelle dans les 2 années suivant le diagnostic.

Mais elle montre également que 27 % d’entre eux ont continué leur activité professionnelle pendant leur traitement !

Ce travail souligne aussi les difficultés d’aménagement des postes et des périodes de travail. Ainsi le fameux ‘mi-temps thérapeutique’ est souvent difficile à mettre en place. Souvent, la réalité de ce mi-temps est, en fait, une charge de travail complète à effectuer dans une période de temps partiel ! Déjà difficile en temps normal, une telle contrainte est encore plus insupportable pour des personnes qui ont subi un traitement anticancéreux souvent lourd, à base de chimiothérapie et/ou de radiothérapie.

Ces patients ont une fatigabilité importante et des troubles de mémoire et de concentration dans les mois qui suivent la fin du traitement. Retravailler est vécu comme une nécessité par la majorité des patients. Cela marque la fin de la maladie, le retour dans ‘le monde des vivants’, la phase dite de ‘reconstruction’. Mais, comme le montre l’enquête, ce retour doit être préparé très tôt, quasiment même au début du traitement. Il faut que le médecin du travail soit un partenaire impliqué d’emblée et que l’encadrement de l’entreprise joue le jeu.

Ce travail est important à lire et je vous propose de ledécouvrir Et je vous recommande également de prendre le temps d’écouter l’entretien avec Monique Sevellec.

Enfin, je me permets d’ajouter à votre lecture le blog d’une jeune femme médecin généraliste et véritable ‘plume’. Elle vient de poster une note sur son blog au sujet d’une campagne très médiatisée lancée par un médecin présentateur d’une émission de télévision. Cette campagne va à l »encontre de toutes les données actuelles des connaissances en matière de dépistage de cancer de la prostate. Jaddo le raconte fort bien.

Bonnes lectures.

 LE BLOG DE JADDO       

 
 
 
 
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Dépistage du cancer du col de l’utérus : le test HPV ne doit pas remplacer le frottis chez les femmes jeunes.

S’il est un domaine dans lequel les pressions commerciales ne se soucient guère des données de la science, c’est bien le dépistage du cancer du col de l’utérus. Les tentatives pour implanter les tests HPV en lieu et place du dépistage par frottis ne cessent pas.
 
Lors des Journées 2010 du Collège national des Gynécologues Obstétriciens Français, le CNGOF, on va ‘remettre le couvert’. Devant cet aréopage spécialisé, il sera dit, une nouvelle fois, que le test chargé de dépister le HPV, le papillomavirus humain, surpasse le frottis.
 
Le problème, avec cette affirmation, c’est qu’elle va à l’encontre des préconisations qui vont bientôt être publiées par divers spécialistes de l’Union européenne. Ces recommandations reconnaissent la valeur des tests HPV, mais seulement à partir de 35 ans, pas d’emblée en lieu et place des méthodes traditionnelles de dépistage.
 
Je rappelle, au passage, que la France ne dispose toujours pas d’un programme national de dépistage du cancer du col de l’utérus et qu’on estime que près de la moitié des femmes à haut risque pour ce cancer ne bénéficient d’aucune forme de dépistage. D’un autre côté 51 % des femmes sont suivies trop fréquemment par rapport aux préconisations de bon usage du frottis de dépistage.
 
Revenons-en à ce test de dépistage du HPV. Ce virus est impliqué dans une grande proportion des cancers du col de l’utérus, particulièrement les HPV 16 et 18, mais aussi 31,33 et 45.
 
Mais, la présence de virus HPV sur un test ne veut absolument pas dire que l’évolution se fera vers un cancer du col de l’utérus, loin de là.
Dans au moins 90 % des cas, l’infection par HPV va cicatriser en deux ans au maximum, sans aucune séquelle. L’évolution vers une lésion cancéreuse avérée se fera dans 1 à 2 % des cas, après au moins dix ans.
 
Le risque de se jeter sur des tests de dépistage d’emblée, chez des femmes jeunes c’est d’en arriver à ce qu’on appelle un surdiagnostic.
 
Cela signifie qu’on risque de traiter des lésions qui, je le répète, vont disparaitre spontanément en sans séquelles dans neuf cas sur dix.
Traiter, cela veut dire souvent proposer une ‘conisation’. Cette intervention consiste à enlever une petite partie du col de l’utérus, mais suffisamment large pour passer ne zone saine et éliminer la lésion.
 
Cette conisation constitue un geste radical, certes, mais fragilise la statique du col de l’utérus et peut avoir des conséquences importantes pour le devenir obstétrical de ces femmes jeunes, sans enfant.
 
Le col risque, en effet, de ne pas se maintenir fermé pendant la grossesse et provoquer ce qu’on appelle familièrement des ‘fausses couches’.
Un prix fort à payer pour une infection spontanément guérissable.
 
C’est pour cela que les spécialistes européens sous la conduite du Pr Marc Arbyn, de l’Institut de santé publique de Bruxelles, souhaitent qu’avant 35 ans, les femmes bénéficient d’un dépistage classique par frottis.
Ils recommanderont l’utilisation du test HPV seulement chez des femmes un peu plus âgées, à partir de 30-35 ans, âge auquel les femmes ont généralement déjà eu au moins un enfant et pour lesquelles la conisation aura moins de risques de poser des problèmes. Il faut aussi trouver un système de triage qui permette de faire la part entre les lésions qui vont évoluer et celles qui ne bougeront pas. ce pourrait être la protéine p16, par exemple.
 
Cette attitude raisonnable et bien évaluée va, cependant, se heurter aux forces du marché et aux annonces médiatiques relayées par des spécialistes ayant l’oreille des journalistes, notamment dans des magazines féminins.
 
Il n’est donc pas inconcevable de voir proposer de mettre la charrue avant les bœufs et des lobbyistes plaider pour la mise en place du test HPV alors que le dépistage généralisé n’est même pas encore institué en France.
 
Les campagnes en faveur de la vaccination contre le HPV ont tendance à prétendre à une protection absolue grâce au vaccin, alors que ce vaccin protège contre 70 % des HPV impliqués dans le cancer du col.
 
On peut donc imaginer qu’un message réducteur, voire simpliste, laisse entendre qu’en termes de santé publique, le test HPV d’emblée protège mieux les femmes qu’un frottis de dépistage, quel que soit l’âge.
 
Il faut espérer que les pouvoirs publics d’un côté et les médecins de l’autre ne se laissent pas abuser par des arguments ne reposent pas obligatoirement que sur de preuves scientifiques.
 
 
Le compte-rendu de l’intervention de Marc Arbyn lors de la réunion de l’INCa

La video (Marc Arbyn est le 2ème intervenant)

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Aspirine et cancer : beaucoup d’effervescence et un peu plus de prudence.

L’aspirine nouvelle arme contre le cancer ? Attention à ne pas interpréter trop vite les résultats d’une analyse d’anciens essais cliniques. L’aspirine a des avantages, mais aussi des inconvénients.

 
L’article publié dans la revue britannique ‘The Lancet’ n’est pas un travail nouveau sur des patients mais la compilation de huit essais cliniques réalisés au cours des années précédentes, ce qu’on appelle une méta-analyse.
 
Les auteurs de cet article ont donc repris des études dans lesquelles des personnes avaient reçu de l’aspirine dans le but de prévenir un accident cardiovasculaire, de type infarctus du myocarde ou accident vasculaire cérébral.
Il s’agissait de prévention primaire, chez des personnes à haut risque pour ce genre d’accident, ou de prévention secondaire. Cela concerne alors des patients ayant déjà fait ce genre d’accident et chez lesquels on veut prévenir une récidive.
 
En mettant ces données en commun et en réunissant ainsi un peu plus de 25000 sujets, les auteurs ont regardé combien de décès avaient été attribués à divers cancers dans ces études.
 
De leur analyse, il ressort que la prise d’aspirine à une dose comprise entre 75mg et 100 mg chaque jour, permettait d’observer une réduction de la mortalité pour les cancers colorectaux et pour certains types de cancers de l’œsophage et du poumon.
 
En ce qui concerne ces deux derniers cancers, seuls les adénocarcinomes étaient concernés. Si ce type de tumeur est le plus fréquent des cancers de l’œsophage, il représente moins d’un cancer du poumon sur deux.
 
Et les effets de l’aspirine supposaient qu’elle ait été utilisée au moins dix ans, voire vingt ans.
D’autre part, l’effet était d’autant plus important que les sujets étaient plus âgés.
Ainsi le bénéfice maximum était atteint chez les sujets de 65 ans et plus.
 
Cet effet bénéfique de l’aspirine s’explique sans doute par un mécanisme inhibant la croissance des cellules précancéreuses. Dans les polypes et les adénomes, une transformation maligne peut se faire peu à peu. L’aspirine joue sur les voies de croissance tumorale et entraine la cellule porteuse d’anomalies à se suicider. Un phénomène baptisé apoptose.
 
Mais l’aspirine, même à faible dose, n’est pas un produit anodin. Il intervient dans les phénomènes de coagulation sanguine en diminuant l’agrégation des plaquettes entre elles.
 
L’aspirine peut donc induire des saignements, particulièrement des saignements digestifs et favoriser l’apparition de lésions ulcéreuses de l’estomac, du duodénum mais aussi de l’intestin.
 
D’autre part, il existe des allergies à l’aspirine. Des allergies rares, certes, mais loin d’être anodines également.
 
Il faut donc savoir raison garder et ne pas se précipiter vers sa pharmacie habituelle pour acheter de l’aspirine.
 
Cette prise doit se faire uniquement après en avoir discuté avec son médecin pour savoir s’il n’y a pas de contre-indication et, surtout, s’il y a une éventuelle indication et un bénéfice hypothétique à prendre son comprimé quotidien.
 
 
Référence de l’étude :
 
Peter M Rothwell et al.
Effect of daily aspirin on long-term risk of death due to cancer:
Analysis of individual patient data from randomised trials
The Lancet, Published Online December 7, 2010 DOI: 10.1016/S0140-6736(10)62110-1

Sur ce blog, retrouvezun article sur ‘aspirine et cancer du colon’

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Cancer de la prostate : Une méthode de détection à ne pas mettre à l’index.

Montre-moi ta main et je te dirai si ton risque de cancer de la prostate est plus faible que la moyenne. Tel est le résumé un peu rapide d’une étude publiée dans le British journal of Cancer, et qui compare la taille de l’index et de l’annulaire.

 
On ne le sait pas forcément, mais les hommes ont, en général, un index plus court que l’annulaire, le quatrième doigt. Tout cela parce que la principale hormone male, la testostérone agit sur le fœtus de diverses façons et, notamment, influe sur la taille des doigts.
Ainsi, chez la femme, deuxième et quatrième doigts sont de taille égale ou l’index est un peu plus long que l’annulaire, la testostérone étant très faiblement secrétée chez le fœtus de sexe féminin.
 
Parmi les divers organes et tissus de notre corps, l’influence de la testostérone est très importante sur la prostate et une imprégnation importante de cette hormone joue un rôle dans la survenue, à long terme, du cancer prostatique.
 
D’où l’idée étonnante qu’ont eue des médecins britanniques : regarder le rapport de longueur index/annulaire de la main droite de 1524 hommes atteints de cancer de la prostate et comparer ce rapport à celui de 3044 autre hommes indemnes de ce cancer et comparables en termes d’âge, c’est-à-dire âgés de 80 ans et moins.
 
Et les auteurs de l’étude ont constaté que le fait d’avoir un index plus long que l’annulaire avait un intérêt non négligeable !
 
Un index plus long que l’annulaire était constaté chez 22,8 % des cas de cancers prostatiques et chez 30,8 % des contrôles .Ce qui indique un risque relatif réduit de 33 %.
 
Explication plausible : un index plus long traduit une moindre action de la testostérone in utero et donc, au cours de la vie, un scéma moins ‘mâle’ . la prostate est moins bombardée d’hormones maâles et donc a tendance à moins se cancériser
 
Et les femmes et le cancer du sein allez-vous me dire ? Excellente question à laquelle une étude a répondu voici près de dix ans. Normalement, chez la femme, index et annulaire ont à peu près la même longueur. Les auteurs avaient constaté que les femmes ayant un ‘schéma’ très ‘féminin’, c’est-à-dire avec un index plus long que l’annulaire avaient tendance à avoir des cancers du sein plus jeunes que les autres femmes.
 
Mais, rappelons, le, tout cela n’est qu’une mesure statistique sur une population et il est hasardeux d’en déduire des conclusions individuelles.
 
Mais cette méthode de surveillance peut être une forme de dépistage facile et mérite d’être examinée plus avant plutôt que d’être mise à l’index.
 
 
Référence de l’étude :
 
AA Rahman et al
Hand pattern indicates prostate cancer risk
British Journal of Cancer advance online publication, 30 November 2010, doi: 10.1038/sj.bjc6605986
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Cancer du poumon non à petites cellules : un essai de vaccin’thérapeutique’ à l’Institut Gustave Roussy.

Un essai thérapeutique destiné aux patients atteints de cancer du poumon non opérable débute à l’Institut Gustave Roussy, de Villejuif.

Originalité de l’étude : il s’agit d’un ‘vaccin thérapeutique’ préparé à partir des propres cellules du malade.
 
L’étude, baptisée Dex 2,  concerne le plus fréquent des cancers du poumon, le cancer dit ‘non à petites cellules’ ou CNPC.
Sont concernés les CNPC non opérables, c’est-à-dire, a priori, deux tiers des cas de CNPC.
 
Les patients ne doivent pas avoir commencé de chimiothérapie ou être dans les 4 premiers cycles de chimio avec stabilisation ou régression des lésions.
 
Si les patients répondent aux divers critères d’inclusion, tout commencera par une cytaphérèses.
Il s’agit d’un prélèvement de sang au cours duquel on ne garde que les cellules et on réinjecte le plasma.
 
Au laboratoire, on fait le tri des globules blancs et on isole les monocytes.
 
Ces cellules seront transformées en cellules dendritiques (CD), cellules spécialisées dans les phénomènes de défense immunitaire.
 
Ces CD sont mises en présence de petits fragments de protéines, des peptides, retrouvées dans 70 % des cancers du poumon non à petites cellules.
 
Les peptides entrent dans la CD. Elle va empaqueter ensemble les 3 sortes de peptides et les libérer sous formes de petites vésicules appelées exosomes, de quelques dizaines de nanomètres de diamètre.
Ce sont ces exosomes qui vont être injectées par voie sous-cutanée à chaque patient.
 
Cette injection alerte le système immunitaire du patient. Le contenu des exosomes est reconnu comme étranger et hostile. Or, ce sont les mêmes antigènes qu’expriment les cellules tumorales malignes.
Les lymphocytes et les cellules NK ( Natural Killer) des malades vont donc aller attaquer également la tumeur cancéreuse.
 
Le but recherché est de faire régresser la tumeur afin de stabiliser la maladie dans un premier temps et de pouvoir éventuellement rendre le cancer opérable dans un second temps, ce qui est un vrai bénéfice pour le patient.
 
Dans un premier temps, l’équipe de l’IGR recherche 41 volontaires pour entrer dans le protocole d’étude.
Tous les renseignements peuvent être obtenus uniquement au moyen de courriels adressés aux investigateurs de l’étude.
 
Voici donc les adresses e-mail utiles :
 
 
 
Les informations sur l’essai sur le site de l’IGR
 
Cette méthode de traitement par ‘vaccin thérapeutique’ ou immunothérapie a déjà une première application concrète, mais avec une méthode d’élaboration différente.
Aux Etats-Unis, en effet, un vaccin thérapeutique destiné aux patients atteints de cancer de la prostate, le Provenge, dont j’ai déjà parlé ici.
 
 
Le sujet JT du 20h du 18/11/2010.

 
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