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Hypertension /HTA: la relaxation tient parfois la dragée haute aux médicaments

Se relaxer et, en même temps, relaxer ses artères c’est possible et bénéfique dans certaines formes d’hypertension. Plus efficace même que les conseils d’hygiène de vie si on en croit une étude américaine récente.

L’hypertension artérielle confirmée, l’HTA, est une maladie sérieuse qui impose un traitement à vie et le respect de certaines règles hygiéno-diététiques. On parle d’HTA quand, à trois reprises et après des mesures faites selon un protocole précis (patient allongé, mesures faites après plusieurs minutes de repos) les chiffres indiquent une pression systolique, la « maximale » au dessus de 140 et la diastolique, la « minimale » au dessus de 90. Plus communément on dit 14/9.

Mais il y a diverses formes d’hypertension, certaines personnes ne souffrant que d’une élévation de la pression systolique, le chiffre du bas restant inférieur au fatidique 90. Ce sont dans près de 70 % des cas des personnes âgées de 6O ans et plus et qui courent un risque d’accident cardiovasculaire non négligeable, notamment un risque d’accident vasculaire cérébral.

Ces patients sont souvent sous médication, avec les effets secondaires parfois en prime.

Dans son numéro d’avril 2008, la revue Journal of Alternative and Complementary Medicine publie une étude conduite par le Dr Randall Zusman du Massachusetts General Hospital, à Boston.

Les médecins ont divisé en deux groupes 122 patients ayant une HTA systolique, un groupe étant amené à recevoir des conseils pour modifier son style de vie (SV), l’autre groupe allant être entrainé à des méthodes de relaxation (Rx). Les deux groupes avaient des mesures de pression artérielle semblables, en moyenne 146.3/77.3 pour le groupe Rx et 145.3/77.6 pour le groupe SV.

La moitié des patients Rx prenait trois médicaments pour traiter leur HTA, contre 30 % dans le groupe SV. La première partie de l’étude a duré huit semaines. Au cours de ces deux mois, chaque groupe a bénéficié d’une prise en charge spécifique.

Le groupe Rx avait une session d’une heure par semaine d’entrainement à la relaxation et devait écouter chaque jour une cassette audio de vingt minutes contenant un programme de relaxation. Le second groupe avait également une session d’une heure hebdomadaire pendant laquelle étaient prodigués des conseils sur la gestion du stress et la prise en charge de l’HTA avec des conseils sur les modifications du style de vie, notamment tabac et alimentation.

Au bout des huit semaines, la moyenne de réduction de l’HTA systolique dans les deux groupes a été sensiblement identique, presque un point de moins (137 dans le groupe Rx et 136,5 dans le groupe SV). Les médecins ont alors choisi dans chaque groupe ceux dont la pression artérielle avait le plus baissé, 44 dans le groupe Rx t 36 dans le groupe SV. Ils sont repartis pour huit semaines supplémentaires et on a alors décidé de leur supprimer un ou plusieurs médicaments.

A la fin de l’étude, 14 patients du groupe « relaxation » ont réussi à se passer d’au moins un médicame. Ils n’étaient que 5 dans le groupe « mode de vie » .Une différence cette fois très significative.

Encore plus surprenant, certains patients ont même pu abandonner tout traitement.

Cette étude a concerné un nombre de patients assez faible. De plus les patients avaient des traitements assez différents et pas toujours comparables.

Il faut donc interpréter avec prudence les résultats. Mais il n’en ressort pas moins que ce travail montre qu’en initiant les patients aux techniques de relaxation on peut obtenir des résultats efficaces. Qui plus est, ces méthodes génèrent des économies puisqu’on réduit les dépenses de médicaments.

Mais l’autre intérêt de cette méthode c’est qu’elle peut être appliquée à des patients ayant des chiffres limites, ce qu’on appelle une pré hypertension. Des personnes qui intéressent diablement l’industrie pharmaceutique qui voudrait voir ces sujets mis sous traitement à titre « préventif ». Au prix d’un apprentissage de techniques de relaxation, ces personnes pourraient ainsi échapper à la mise sous médicament.

Et pour celles et ceux qui souffrent d’une vraie hypertension, pratiquer le yoga, la sophrologie ou tout méthode qui rend zen ne peut aussi qu’améliorer les choses / Mais là, il ne faut pas rêver. Pas question d’arrêter le traitement dans ces HTA dites essentielles, lorsque la pression systolique et la diastolique sont anormalement élevées.

LIRE L'ETUDE

VIH/SIDA Sidaction : recherche, transmission, vaccins. les infos traitées sur ce blog

Si vous cherchez des informations sur les derniers travaux importants publiés sur la thématique VIH/SIDA vous trouverez sur ce blog des billets écrits lors de la Conférence sur les rétrovirus du mois dernier à Boston. Ces billets ont été publiée du 3 au 6 février dernier et traitent notamment des études sur :

La circoncision et son rôle protecteur en Afrique vis à vis de la transmission du VIH et du virus de l'herpes

le rôle protecteur de la flore vaginale, notamment du bacille de Döderlein

Les nuages sombres sur la recherche d'un vaccin efficace

Le devenir des enfants séropositifs au Nord et au Sud

Les pistes de recherche pour bloquer le virus ou l'empécher d'infecter d'autres cellules de défense

Les nouvelles molécules.

Un billet du 11 janvier 2008 traite aussi des moyens énormes développées par le virus pour tromper nos défenses.

Enfin le 10 mars, j'ai parlé d'une étude montrant que malgré 7 ans de traitement intensif, le virus ne disparaissait pas complétement de l'organisme.

Bonne lecture et n'oubliez pas d'appeler le 110

Sport et performances : la prime aux tenues qui compriment

La combinaison d’Alain Bernard, recordman du cent mètres nage libre, aura beaucoup fait parler. Mais aux prochains Jeux Olympiques nombre de disciplines verront apparaître des vêtements censés améliorer les performances.

Trois records du monde en deux jours, les championnats d’Europe auront permis au nageur d’Antibes d’exploser. La musculature du tronc et des membres supérieurs du nageur a suscité nombre de commentaires, voire d’insinuations, mais pas autant que sa combinaison Speedo « magique ». Et chacun d’y aller de son commentaire. On aura entendu ou lu ça et là que le gain de temps ainsi obtenu allait de 0,1 à une seconde selon les medias.

Il est loin où, vêtus de simples maillots de bain, les nageurs se rasaient du crâne aux pieds pour grappiller quelques poussières de secondes.

Cette combinaison est-elle aussi formidable que cela ? On verra bien ce qui se passera à Pékin quand tous les grands auront enfilé leurs casaques respectives.

A ceux qui s’étonnent, voire s’indignent, il suffit de voir ce qui s’est passé en athlétisme. A combien serait le record du 100 mètres plat si on courait encore sur de la cendrée et avec les chaussures des années cinquante ?

Mais la course à l’armement ne s’arrête pas à la piscine. Plusieurs fabricants développent des tenues destinées aux athlètes dans un marché qui atteint aujourd’hui 2 milliards d’euros pour les seuls Etats-Unis selon lasociété d'études Sports One Source

Le précurseur a été la société Under Armour. Elle a sorti des tenues faites de tissus qui exercent une compression sur le muscle. Cela est supposé aider le muscle à se drainer et favoriser la circulation sanguine, à la façon des bas de contention utilisés pour traiter les pathologies veineuses des membres inférieurs. Les tissus de cette société sont également conçus pour ne pas conserver la sueur.

Tous les grands du sportswear se lancent dans la bataille. La compression musculaire est censée permettre d’éviter la stagnation de l’acide lactique, une substance provenant de la dégradation des « carburants » du muscle et dont l’accumulation entraine fatigue et crampes.

Un fabricant japonais, Wacoal, sort des tenues très moulantes avec des systèmes proches du strapping, Ce sont des supports placés dans le vêtement et qui renforcent les tendons au niveau du dos, des hanches et des genoux.

Aucune étude n’a réellement prouvé un quelconque bénéfice à utiliser toutes ces tenues très près du corps. Maïs nous sommes dans un domaine où l’irrationnel est roi et où croire qu’on va aller plus vite ou lancer plus loin parce que le tissu est révolutionnaire, ça ne se discute pas plus que cela ne se justifie.

Ce qui importe c’est que ce soit un marché ! On est loin des gris-gris habituels, des superstitions du genre short ou sous-vêtement qu’avec lesquels on a gagné une fois et qu’on a toujours dans le sac.

E même si les bénéfices pour les athlètes sont seulement dans la tête, c’est mieux que d’avoir recours à des produits plus ou moins indécelables ! Mais là, je rêve sans doute.

Maltraitance : certains médecins en sont aussi coupables;

Les jeunes médecins hospitaliers sont très brillants en termes de connaissances, mais certains d'entre eux n'ont visiblement pas choisi l'option "savoir-vivre" et "respect du malade" si j'en crois ce qu'on me raconte hélas trop souvent.

L'incident est survenu il y a deux semaines environ. Une patiente octogénaire est hospitalisée dans un service de cardiologie pour une insuffisance cardiaque qui s'est aggravée.

L'interne du service, sans doute promis à une brillante carrière, convoque la fille de la patiente . Détail, la fille est infirmière spécialisée dans le même hôpital. Et là, face à cette pauvre femme malade, le jeune médecin dit bien fort " Alors qu'est-ce qu'on va faire de Mme X. Il va falloir trouver une solution car elle commence à coûter cher à la Sécurité sociale" (sic).

La patiente s'est effondrée en larmes et a pleuré toute la journée. Elle a demandé à sa fille de ne pas laisser l'affaire en état. Cette dame est écédée huit jours plus tard. Je ne sais pas ce que sera la suite. J'espère seulement que les enfants de cette femme alerteront le directeur du CHU. Mais il ne risquera pas grand chose et pourra trimbaler sa bétise et samorgue vers les sommets de la carrière qu'il ambitionne.

A aucun moment, dans la formation des médecins, le cursus n'inclut des cours ou des jeux de rôle au cours desquels on apprend à ces praticiens comment se comporter avec les patients. Souvent, leur seul modèle est le chef de service ou le chef de clinique avec lesquels ils travaillent. Pour peu que ces derniers se comportent mal on aura l'apprenti qui reproduira les erreurs de maître.

Ces propos et ces attitudes sont inacceptables. C'est une forme de maltraitance et elle doit être sanctionnée comme telle.

Je crois qu'à chaque fois qu'un tel incident se produit, il faut le signaler au directeur de l'établissement et à la personne chargée de la relation avec les usagers. Et si cela ne suffit pas en parler à la presse locale.

Un mlalade hospitalisé est une personne en position de faiblesse. Ne pas la respecter c'est tout simplement de la lâcheté.

Euthanasie active et suicide assisté : le médecin et la mort donnée

Chantal Sebire est morte hier soir, mais les questions qu’elle a soulevées de son vivant ne sont pas près de s’éteindre. La difficulté sera de concilier la prise de décision politique et le contexte émotionnel.

La première chose dont j’ai eu peur en entendant la nouvelle hier au soir c’est que la justice se sente obligée d’appliquer toute la loi dans ce cas de mort officiellement inexpliquée. Pas de permis d’inhumer, recherche des causes de la mort, cela voudrait dire aller jusqu’à l’autopsie et bien sûr faire des analyses toxicologiques.

On peut espérer qu’enfin le bon sens prévaudra.

Mais au-delà de ce dénouement tragique, les derniers jours de cette pauvre femme interpellent la société bien évidemment mais aussi les médecins.

La mort fait en effet partie de la vie, même si on a tendance à l’occulter. Les études de médecine forment peu et assez mal à ces moments. Pendant de longues années la France a été le mauvais élève des soins palliatifs par exemple. Les grands précurseurs comme Maurice Abiven à l’Hôpital universitaire à Paris (devenu l’Institut mutualiste Montsouris) ou Hélène Sebbag-Lanoé à Villejuif étaient bien seuls.

Les soins palliatifs c’était en quelque sorte avouer son impuissance et son échec. Ne plus avoir de traitement curatif, juste des traitements symptomatiques. Or, l’hôpital, machine à performances, n’avait pas la culture de l’échec et les futurs médecins n’étaient pas exposés à la gestion de la fin de vie dans une société où hit décès sur dix ont lieu hors du domicile et principalement à l’hôpital.

La mise en place de l’hospitalisation à domicile, la volonté de plus en plus souvent exprimée de patients voulant finir leur vie chez eux, a exposé les médecins de famille à cette fin de vie.

Beaucoup de choses se passent dans ces moments dans la relation entre le patient et son médecin, beaucoup de choses se disent, beaucoup se devinent sans être dites ;

Depuis très longtemps, nombre de médecins ont compris que l’acharnement était inutile et ô combien dégradant pour les patients. Depuis longtemps également, ans le cadre de ce qu’on appelle le colloque singulier, des médecins ont aidé des patients à terminer leur vie, sans bruit, sans loi prévue à cette effet, sans battage. Un geste lourd, ineffaçable de la mémoire, mais un geste de compassion, de sympathie au sens étymologique du terme « souffrir avec ».

Mais pour un médecin, quelles que soient ses convictions, il n’est pas simple de faire le geste qui va tuer, de « pousser la seringue ». Il y a aussi le risque de voir un héritier ou un proche crier au meurtre et déclencher une tempête judiciaire conduisant le praticien devant les assises. Et même acquitté, j n’aimerais pas avoir du passer aux assises.

On entend souvent des personnes favorables à l’euthanasie active parler de la dimension « technique « du geste. Mais ils n’ont jamais eu à le faire. Et c’est là toute la différence. Ramener le médecin à un simple exécutant d’un geste technique c’est très facile quand on n’est pas du bon coté de la seringue. Je n’ai jamais compris, par exemple, comment des médecins américains ont pu accepter de participer aux exécutions de condamnés à mort par injection d’un cocktail létal.

Mais il est évident que les choses ne peuvent en rester là et que, plutôt que l’euthanasie active, c’est le suicide assisté qui va être débattu et probablement toléré dans certains cas.

Et c’est là qu’il faudra mettre de sévères garde-fous, car les risques et dérives sont toujours possibles. Il y a quelques années, par exemple, l’état de l’Oregon qui avait mis en place le suicide assisté en premier, s’était trouvé confronté à la demande de certains patients dépressifs. Ils estimaient que leur état les plongeait dans une souffrance intolérable, qu’ils mettaient au même niveau que les douleurs d’un patient cancéreux en phase terminale. Ils demandaient eux aussi le droit au suicide assisté.

Peut-on comparer la douleur physique et la souffrance psychologique ?

Aux Pays-Bas s’était un moment posé la question de savoir comment répondre à la demande émanant d’un enfant. Là encore, où met-on le curseur et qui décide ?

Le grand danger de la discussion à venir c’est le temps. Le contexte émotionnel fait que des associations montent au créneau pour demander que la loi change tout de suite. Mais le législateur a besoin de s’entourer d’avis et de mesurer les conséquences des décisions à venir. Il y a aussi la position des professionnels qui doit être écoutée.

Légiférer dans l’urgence n’est jamais une bonne solution, mais prendre trop de temps serait aussi mal vécu.

Chantal Sebire ne méritait pas cette fin si pénible. A n’en pas douter elle a été entourée de gens dévoués et attentifs mais pas forcément formés à gérer ces moments.

Elle aura du subir aussi des remarques profondément déplacées, comme celle d’une ministre qui s’indignait sur les ondes de la radio RMC qu’on avance des arguments « esthétiques » en parlant des horribles et douloureuses déformations du visage dont souffrait cette malheureuse femme.

Je plains aussi les cancérologues qui se sont occupés d’elle et à qui on a un peu fait comprendre qu’ils seraient des ânes puisqu’on souhaitait faire revoir son dossier par un collège de spécialistes parisiens. Comment imaginer que les médecins qui la suivaient ne s’étaient pas entourés d’avis qualifiés ?

J’espère que Chantal a pu partir sereinement, en n’éprouvant enfin pas de douleur et que celles et ceux qui se réclameront d’elle et de son combat sauront le faire dignement en hommage à cette femme courageuse.

Vaccin contre l'hypertension /HTA: c'était déjà sur le blog !

La revue "The Lancet" a publié dans son édition du 8 mars un article concernant un essai de phase 2 d'un vaccin pour traiter l'hypertension.

Cet article reprend la présentation faite en novembre 2007 à Orlando par le Dr Nussberger, de Lausanne. Vous pourrez lie ce travail en vous reportant au billet du 06/11/2007

VIH/SIDA: même indétectable, le virus est toujours là.

Indétectable dans le sang, mais toujours caché dans des cellules qui lui servent de réservoir. Malgré sept ans de traitement intensif, le VIH ne disparaît pas. Une information importante au moment où certains pensent pouvoir prôner le relâchement des pratiques de prévention.

C’est une étude qui va sans doute inspirer pas mal de commentaires dans les milieux scientifiques et associatifs. Ce soir, la revue « Proceedings of the National Academy of Sciences » communément appelée PNAS publie le travail d’une étude conduite par des chercheurs américains spécialistes du virus VIH.

Ces chercheurs se sont intéressés à des patients traités pour une infection par le VIH et qui recevaient un traitement combiné à base de plusieurs molécules : stavudine, lamivudine et la coformulation lopinavir/ritonavir.

Les patients ainsi traités ont été suivi pendant sept ans à partir du moment où leur charge virale est devenue indétectable dans les examens sanguins.

Ce terme « indétectable » est assez ambigu : le virus n’a pas disparu de l’organisme. L’examen utilisé est appelé mesure de la charge virale. Le principe est de rechercher la présence du virus dans le plasma sanguin par la détection de son matériel génétique constitué d’ARN. Si le test révèle un résultat de moins de 50 copies d’ARN par millilitre de sang, on dit que le virus est indétectable.

Ce critère atteint, quarante patients ont ainsi pu être suivis. Ils ont bénéficié d’un test encore plus sophistiqué puisque capable de déceler une seule copie d’ARN.

Et les chercheurs ont constaté qu’à un moment ou à un autre, tous les patients avaient eu au moins un prélèvement sanguin qui contenait au moins une copie d’ARN. Et 77 % des patients avaient des prélèvements avec plus d’une copie en permanence détectable.

Cela veut dire que le virus, non détectable dans le sang, a trouvé des « réservoirs », des groupes cellulaires dans lesquels il peut se cacher des attaques des médicaments et des cellules de défense.

Des cellules au sein desquels il se reproduit à bas bruit, c'est-à-dire à un taux suffisamment faible pour ne pas générer la cascade habituelle de réactions conduisant à la mort cellulaire par suicide, ce qu’on appelle une apoptose. Une infection à bas bruit qui dure au moins sept ans.

Il n’y a donc pas de nettoyage total du virus même avec un traitement apparemment efficace quand la charge virale devient indétectable. Cette idée avait pourtant fleuri dès les débuts de la trithérapie en 1996.

Lors d’une conférence sur les rétrovirus, la CROI, qui se tenait à Washington en 1996, David Ho, du Aaron Diamond Center de New-York avait annoncé que ces traitements combinés allaient débarrasser les personnes infectées de ces virus indésirables.

A partir d’un modèle mathématique très sophistiqué il avait alors déclaré que deux ans et demi à trois ans seraient nécessaires et suffisants pour obtenir u tel résultat.

Quelques mois plus tard, de nouvelles études montraient que les réservoirs ne se vidaient pas aussi facilement.

Quelles peuvent être les conséquences d’une telle étude ? Le taux de virus résiduel est-il suffisant pour être une menace infectieuse ? Personne ne sait quelle est la réponse, mais le bon sens voudrait qu’on considère que le risque persiste et, partant, que les mesures de prévention restent de mise.

Au plan thérapeutique, cette étude montre aussi qu’il faudra absolument trouver d’autres thérapeutiques que les médicaments actuels. Il faut repérer les cellules réservoirs et les tuer. Cela peut passer par le biais de substances dirigées telles des missiles vers ces cellules. Ce peuvent être également des cellules de l’organisme du patient lui-même, des cellules de défense particulièrement stimulées pour aller attaquer ces cellules abritant des virus.

Mais, pour l’instant, ces genres de remèdes ne sont pas encore opérationnels.

Donc, prudence, prudence et encore prudence.

ACCEDER A L'ETUDE

en cas de difficulté avec le lien ci-dessus :http://www.pnas.org/cgi/doi/10.1073/pnas.0800050105

Notation des médecins : la profession commence à tousser

La mode est à l'évaluation. Avant les ministres, ce sont les profs qui y ont eu droit jusqu'à ce que la justice mette un terme aux activités de ce site. Un autre site de notations pointe le bout de son nez. Le nom : www.note2bib.com ( prononcer note toubib).

Il s'agira de noter les médecins.

Le promoteur du site prend les devants : pas question d'évaluer la pratique médicale mais des critères du genre accueil, qualités relationnelles etc. Des éléments qu'on pourrait qualifier de "subjectifs". D'ailleurs le promoteur du site dit que les médecins auront accès à leur fiche et pourront répondre aux remarques.

Mais , malgré toutes ces précautions oratoires, l'idée ne plait pas à tout le monde. L'Ordre national des médecins expose ses arguments sur son site : www.conseil-national.medecin.fr Mais il ne parle pas d'intenter une action. Ce que ne vont sûrement pas manquer de faire, en revanche, des syndicats professionnels.

Les patients, qui sont aussi des clients, peuvent-ils donner leur avis sur leur médecin ? A piori, puisque la médecine est un exercice libéral , on peut imaginer que l'avis du consommateur n'est pas à négliger dans un contexte de concurrence.

La publicité directe ou indirecte dont disposent certains médecns dans la presse magazine ou par le biais d'émissions de radio ou de télévision est source de profits non négligeables

Mais la célébrité, la renommée va-t-elle de pair avec la qualité ou la compétence ? Pas obligatoirement. Et c'est là le problème. Combien de patients parfaitement soignés par des cancérologues compétents en province ont-ils chois de venir voir un autre médecin parce que ce dernier bénéficiait de passages télévisés multiples, sans en retirer obligatoirement un bénéfice.

Plus simplement, un médecin accueillant, sympathique, très ouvert c'est parfait. Mais est-ce suffisant ? Dans nombre de pays, les médecins doivent prouver tous les cinq ans qu'ils ont satisfait aux obligations de leur formation médicale permanente. En France ce n'est toujours pas le cas.

Un bon "commerçant" sera donc bien noté sur ce site, s'il voit le jour. Mais ses qualités médicales seront totalement occultées dans ce systême.

Un tel site ne représente donc pas une sécurité pour les patients, jsute l'assurance éventuelle d'être bien reçu. Ce que certains médecins vivent donc comme une menace pourrait donc avoir des "effets secondaires" bénéfiques.

Obliger les médecins à parler plus, à améliorer la qualité de leurs relations avec les patients, donner une information qualitativement satisfaisante ne fera de mal à personne.

Un patient curieux et intelligent rend son médecin encore plus performant.

Pour en revenir au site , son promoteur envoie aujourd'hui une lettre ouverte au Président de la républque. Vous pourrez découvrir les arguments avancés en allant sur note2bib.com

Surpoids de l'enfant : TV et PC au régime !

Moins de télé, moins d’ordinateur et, à l’arrivée, moins de kilogrammes. Tel est le résultat d’une étude menée à Buffalo aux Etats-Unis sur des jeunes enfants.

On sait depuis longtemps tout le mal qu’il faut penser de l’influence de la télévision et des sessions prolongées d’ordinateur sur la prise de poids des enfants. Entre la sédentarité résultant de ces heures passées assis, le grignotage suscité par les publicités et le dérèglement des heures de repas et des sensations olfactives et gustatives secondaires au grignotage, tout est presque réuni pour expliquer la prise de poids de jeunes enfants d’aujourd’hui.

Mais réduire les heures devant la TV ou le PC peut-il pour autant réduire la prise de poids et amener les enfants à se bouger plus ? La réponse est positive quoique mitigée si l’on en croit les travaux de l’équipe de Léonard Epstein, de l’Université de Buffalo dans l’état de New-York.

Cette étude est publiée ce mois-ci dans la revue Archives of Pediatrics & Adolescent Medicine.

Les médecins ont suivi soixante-dix enfants âgés de 4 à 7 ans et dont l’indice de masse corporelle se situait dan le 75ème percentile de leur classe d’âge et de saxe. En français cela veut dire qu’ils ont choisi les 25 % d’enfants les plus « gros » pour leur âge. L’indice de masse corporelle (IMC) se calcule en divisant le poids en kg par le carré de la taille. Exemple : Un homme pesant 72 kg et mesurant 1,75m aura un IMC de : 72/ (1,75)² = 23,5

Revenons à nos chers bambins. Ils passaient en moyenne quatorze heures par semaine plantés devant leurs écrans. Trente-six d’entre eux ont vécu une diminution progressive de leur temps d’accès à l télévision ou à l’ordinateur, 10 % de temps en moins chaque semaine jusqu’ à obtenir une réduction de 50 % de leur « consommation » de base.

Les trente quatre autres ont fait comme d’habitude.

Au bout de deux ans de suivi, les médecins ont constaté que les enfants dont les appareils étaient munis de système de contrôle avaient réduit leur consommation de TV de 17,5 heures par semaine alors que le groupe contrôle n’avait réduit sa consommation que de 5,2 heures.

En ce qui concerne l’activité physique, on n’a constaté aucune différence entre les deux groupes. Moins de télé ne voulait pas dire plus de sport.

Pourtant l’indice de masse corporelle des enfants dont l’accès aux écrans était restreint a diminué de façon non négligeable. Grâce au fait que les enfants ont réduit leurs apports énergétiques.

Ce sont les enfants des classes socioéconomiques les plus défavorisées qui ont bénéficié des effets les plus importants.

L’un des intérêts de cette étude c’est qu’elle repose sur un dispositif simple, un système à code peu onéreux, moins de 70 euros. Ce sont les parents qui fixent la limite en temps et ce sont les enfants qui gèrent ensuite le capital ainsi disponible.

Le petit bémol c’est que réduire le temps de télévision ou d’ordinateur n’a pas entrainé une augmentation de l’activité physique. Mais cela tient sans doute au fait qu’on est chez des enfants en bas âge qui ne vont évidemment pas aller jouer tous seuls à l’extérieur.

L’autre enseignement concerne le bénéfice pour les enfants de familles plutôt défavorisées. On sait aujourd’hui que l’obésité infantile touche de plus en plus les milieux socioéconomiques à faibles revenus. Il faut donc faire porter l’éducation sanitaire sur ces enfants. L’idéal serait qu’ils puissent avoir accès à des fruits et des légumes aussi facilement qu’aux paquets de chips, mais là nous entrons sur un terrain différent et n’oublions pas que nous sommes en pleine période électorale !

LIRE LE RESUME DE L’ETUDE (en anglais)

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