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Bonne année et , surtout, bonne santé!

Comme il se doit, je souhaite à chacune et chacun d’entre vous une année 2010 qui mérite un 10/10. Avec ; bien entendu ; le souhait que vous la passiez « en santé » comme le disent nos cousins du Québec que je salue !
 
Nous sortons d’une année compliquée avec la première pandémie du siècle. La première crise sanitaire également e l’ère Internet. Cela aura permis de constater que l’information mais surtout la désinformation, diffusent plus vitre sur la Toile que le virus dans la population.
 
Essayer, dans ces conditions, de donner des informations « sourcées », publiées dans des revues majeures, citer des références vérifiables est une gageure.
 
Les marchands de peur et les « experts » ainsi nommés parce qu’un juge les a commis un jour ont emporté le morceau, bien aidés par une communication assez lamentable des pouvoirs publics.
 
Je rappelle ce que plusieurs d’entre nous avons dit dès que les données le montraient : cette grippe est globalement bénigne. Mais les cas graves le sont vraiment et il y a eu un nombre anormalement élevé de personnes qui se sont retrouvées en unités de soins intensifs et dans les services de réanimation, près de mille personnes.
 
Des gens jeunes, parfois très jeunes et dont le quart n’avait aucun facteur de risque connu.
 
L’année aura fini également avec les péripéties chirurgicales et infectieuses de Johnny Hallyday. On n’a pas fini d’en entendre parler !  
 
Sorti de cela, l’année écoulée aura été marquée par un joli succès de thérapie génique  
 dû à une équipe française dans le traitement des adrénoleucodystrophies, les ALD. Cela a été obtenu grâce à la « domestication «  du virus VIH qui, désarmé, a su remplit le rôle de véhicule pour aller transporter un gène réparateur au sein de cellules malades.
 
Mais dans la lutte contre le sida, les progrès sont plus rares, notamment en matière de recherche vaccinale. Saluons, en termes de santé publique, la réduction des risques de transmission hétérosexuelle en Afrique grâce à la pratique de la circoncision. :  
 
Dans le domaine du cancer, la course aux thérapies ciblées se poursuit et on obtient aujourd’hui un allongement de la durée de vie des patients dans certains cancers qui étaient encore inimaginable il y a dix ans.
 
Dans des tumeurs un peu complexes, comme les cancers du sein dits « triples négatifs », de nouvelles molécules sont sur le point d’arriver sur le marché et semblent espérer de vrais progrès.
  
J’espère que j’aurai beaucoup de bonnes nouvelles à vous donner sur ce blog. Je continuerai aussi à vous rapporter les travaux des grands congrès en temps réel afin que les patients concernés ne soient pas obligés d’attendre des semaines avant de savoir ce qui bouge.
 
Vos commentaires, quand ils restent dans le cadre défini par ce blog et sa certification HONcode, sont aussi des éléments précieux.  
 
Continuez donc à m’écrire.
Cette année, le blog a triplé le nombre de ses visiteurs. C’est agréable de penser que vous pouvez trouver un intérêt au travail fourni ici.
 
Merci et prenez soin de vous.
 

Médecin de célébrités : les héros et les zéros

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Si vous avez un cancer , évitez d'emprunter l'aéroport de Nice.

Dans quelques jours, Nicolas Sarkozy présentera le Plan Cancer 2. Un plan où il sera fortement question de réduire les inégalités dans la prise en charge et mettre le patient au centre du dispositif.
L’incident dont j’ai été témoin le samedi 17 octobre montre que le respect dû aux patients n’est pas encore acquis.
 
Il est 15h30, ce samedi 17 octobre quand j’arrive au contrôle de sécurité de l’aéroport Nice-Côte d’Azur. Je reviens sur Paris après avoir participé à l’Université d’automne du cercle de réflexion de l’oncologie libérale, le CROL.
 
A deux mètres devant moi, ce que je pense être un passager est assis, abattu sur un tabouret avant le portique de détection. Quand je m’approche du tapis roulant pour déposer mes affaires, je vois qu’il s’agit, en fait, d’une femme qui porte tous les stigmates d’une chimiothérapie en cours. Pas besoin d’avoir fait de longues études pour remarquer ses cheveux ras qui repoussent tout juste, son teint, l’immense fatigue dans son regard.
 
Elle est assise sur ce tabouret, comme prostrée. Face à elle les agents de sécurité, dirigés par une femme. Cette femme en est discussion plutôt sèche avec l’accompagnateur de la dame, qui s’avère être son époux. Et là j’entends la façon dont la responsable de sécurité parle à cette pauvre femme, d’un ton sec, menaçant. La passagère a des bottes et a du mal, visiblement à les retirer. Elle demande à les garder « Vous ne retirez pas les bottes, vous ne partez pas, madame, c’est simple » lance une nouvelle fois, sur un ton encore plus sec la responsable de la sécurité.
Je comprends que la passagère a souhaité s’expliquer avec la police de l’air et des frontières mais que ces derniers ne se sont pas déplacés et ont donné leurs consignes à la responsable, qui, soit dit en passant, appartient à une société privée de sécurité.
 
On nous fait avancer et je vois que son époux va l’aider à enlever ses chaussures, ce qui est, pour elle, une vraie épreuve. Elle a une mallette médicale avec des produits de première urgence. Là encore, on ouvre , on questionne, on suspecte alors que tous les documents attestant de son état sont à la disposition des agents de sécurité.
 
Après un long moment, elle peut enfin passer, littéralement anéantie, traumatisée, presque en larmes. Je m’approche d’elle, elle me dit qu’elle remonte à paris pour une nième chimio, que cela fait sept ans qu’elle se bat contre le cancer et qu’elle ne comprend pas comment elle a été si mal traitée par la sécurité de l’aéroport.
 
Je lui ai donné ma carte lui disant que je témoignerais en sa faveur si elle entamait une action. Son époux est alors retourné discuter avec la « chef », lui faisant part de mon indignation et de celle du cancérologue qui m’accompagnait.
 
J’y suis allé aussi, pour dire à cette femme que j’avais été choqué de son comportement. « Je suis sous l’autorité de la police » me dit-elle » je ne fais qu’appliquer les consignes ».
Je lui ai dit que je comprenais parfaitement les impératifs de sécurité, que je n’avais pas envie de voir l’avion exploser, mais que c’est sa façon de se comporter et de parler à cette femme qui était intenable et insupportable.
 
Elle semblait ne rien comprendre, elle appliquait les ordres !
 
Et depuis Maurice Papon, on sait que ce qui est important, c’est d’appliquer les ordres.
Je ne sais pas si j’aurai un jour des nouvelles de cette passagère et de son époux. Je lui souhaite de tout cœur de se battre contre sa maladie avec toutes les forces du monde.
 
Je lui souhaite aussi de ne plus jamais retomber sur des personnages comme cette équipe de sécurité de l’aéroport de Nice et j’espère que les fonctionnaires de police étaient, ce jour là, occupés à une tache bien plus essentielle que de venir assister et expliquer à une femme en détresse pourquoi elle devait se plier à une exigence de sécurité autrement qu'en se faisant malmener.

Orange me fait voir rouge

Orange, l’opérateur « historique » comme on l’appelle, s’intéresse beaucoup aux questions de santé sur internet et en téléphonie. Dommage qu’il ne se préoccupe pas plus de celle de ses abonnés. Nous sommes, en effet, beaucoup à être dans une colère noire contre Orange.
 
C’est le 15 août, le moment creux de l’année. Aussi ai-je décidé de ne pas vous parler médecine ou recherche, mais de lâchement profiter de ce blog pour, une fois n’est pas coutume, tenter de faire passer un message à des gens qui n'écoutent pas..
 
Comme plusieurs milliers de personnes, vieux abonnés internet chez Orange, j’ai reçu le 3 août dernier un message ayant pour objet un seul mot : « information ».
 
J’ouvre donc ce courrier électronique et je découvre le message suivant :
 
Bonjour,
Nous vous informons que le tarif de certaines offres internet évoluent au 1er septembre 2009.
L'offre dont vous disposez actuellement est concernée et le tarif de celle-ci sera de 24,90€/mois à compter de cette date.
Votre facture du mois de septembre 2009 tiendra compte automatiquement de cette évolution de tarif.
Nous vous invitons à découvrir les nouveaux forfaits internet, TV, téléphone, sur le portail orange.fr et profiter pourquoi pas, des meilleures offres de rentrée, en cliquant ici.
Nous vous remercions de votre confiance.
 
L’offre dont je dispose actuellement est tarifée 19,90€ par mois. J’ai un bon vieux modem avec un débit de 512Ko limité à 5Go par mois. Pas de TV sur internet, je n’en n’ai nul besoin avec une TNT gratuite ! Pas de téléphone illimité, j’appelle peu et j’ai besoin de conserver une ligne dite RTC en raison d’un abonnement à une centrale de télésurveillance pour une de mes proches.
 
Cette offre me suffit et je n’utilise pas la moitié du service offert.
Et tout de go, Orange m’impose 25,12 % d’augmentation, sans aucune explication , sans raison, mais en me faisant bien comprendre qu’il serait temps que je loue chaque mois une « box » et que je prenne une série de services redondants et dont je n’ai pas l’usage mais qui sont plus générateurs de revenus pour l’opérateur.
 
Je suis un peu nostalgique, sans doute, mais j’ai du mal à croire que derrière Orange, il y a France-Télécom, opérateur dit « historique » mais qui me rend hystérique. Un organisme qui était un symbole du service public, mais voilà, il est en Bourse maintenant.
 
Comment peut-on mépriser ainsi ses clients ? Ecrire en plein mois d’août et leur dire : « Bon en septembre, c’est comme ça et je t’em… ».
 
Petit gag au passage : j’appelle le service « Clientèle » dans les premiers jours d’août  «  je ne vois rien dans votre dossier. Ce doit être une erreur » me répond la téléconseillère. Ils sont si forts qu’ils n’informent même pas le personnel de leurs plateformes !
 
Heureusement, j’ai trouvé une solution meilleure et moins chère, chez SFR.
Bye-bye Orange, je change de quartier !
 

Le Président et l'urologue : malaise vagal et vague air de malaise

Ce dimanche 26 août aura été marqué par deux événements en matière de santé, l’un majeur, l’autre mineur. Le malaise du Président aura éclipsé les déclarations hasardeuses de Bernard Debré sur la grippe A. Ce qui vaut mieux pour l’urologue éloigné de son champ d’action habituel !
 
Nicolas Sarkozy a donc, si l’on en croit son entourage, été victime d’un malaise vagal. Les médecins étant tenus au secret, seuls les proches peuvent dire des choses et il faut donc s’en contenter. Ceci étant, vu le contexte, il n’y a pas vraiment de raison de douter du diagnostic.
Un président plutôt hyperactif, qui court par une journée d’été à une heure où le soleil est au zénith a le droit de voir son système nerveux autonome et son nerf vague ou parasympathique en particulier faire des leurs.
Après un effort intense, une réaction inverse trop brutale et mal modérée, une chute tensionnelle et une freination trop importante du rythme cardiaque sont des manifestations pas rares.
 
L’entourage évoque la bénignité du malaise, ce qui peut surprendre avec la décision de garder le président en observation au moins pour une nuit.
Mais cela est parfaitement logique au plan médical. Une perte de connaissance mérite d’être explorée, surtout chez un homme de plus de cinquante ans ayant une vie plutôt mouvementée.
 
On sait que divers examens ont été pratiqués, comme une IRM ou un électroencéphalogramme, autant de gestes logiques là encore pour rechercher ou éliminer une cause de perte de connaissance, comme auront été faits un certain nombre d’examens destinés à vérifier l’état cardiovasculaire du chef de l’Etat.
 
Cet événement aura donc fait passer au second plan les propos de Bernard Debré, parlant de « grippette » pour la grippe A(H1N1) et qui trouve qu’on en fait trop face à un virus qui n’est pas pire que celui de la grippe saisonnière selon lui. Il ajoute également que ce sont les laboratoires qui poussent les pays à acheter des vaccins, un air déjà bien connu.
 
Petit rappel : Bernard Debré est urologue, une discipline chirurgicale qui traite les pathologies de l’arbre urinaire et de la prostate. C’est dans le service qu’il dirige qu’en 1992, les professeurs Ady Steg, prédécesseur de Bernard Debré, et Thierry Flam ont opéré le président Mitterrand de son cancer prostatique.
 
Au moment de la crise de la vache folle, Bernard Debré intervenait ça et là dans les émissions de télévision. Il était ainsi un jour dans un débat animé par Dechavanne sur TF1. Là, un biologiste fit remarquer que le fameux prion, la protéine impliquée dans la genèse de la maladie de Creutzfeld-Jakob (MCJ), chacun d’entre nous en hébergeait dans son cerveau, puisque ce prion est essentiel aux phénomènes de mémoire.
 
Le garçon fut sèchement contré par Debré qui lui reprocha de dire n’importe quoi.
Hélas pour l’urologue, son interlocuteur avait mille fois raison : le prion normal existe chez chacun d’entre nous. C’est la forme mutée qui est à l’origine de la MCJ.
 
Je regardais ce programme avec deux collègues médecins et l’un d’eux s’étonnait de l’aplomb de Bernard Debré dans un domaine qu’il ne maitrisait absolument pas. « J’ignorais » dit-il « qu’en faisant un toucher rectal pour palper une prostate on puisse se faire une opinion de la consistance du cerveau, qui est fort loin de la glande ! »
Ce à quoi mon voisin rétorqua « Mais n’oublie pas que ce garçon a le bras long ! ».
J’ai presque envie de reprendre cette blague authentique et de remplacer cerveau par poumons.
 
Bernard Debré doit oublier que la grippe saisonnière fait des milliers de morts chaque année en France et qu’elle n’a rien de banal.
 
Il ne se rappelle pas non plus, sans doute, que l’épidémie de l’hiver 1968-69 a fait trente mille morts en France.
 
Il ignore aussi certainement que c’est l’OMS qui a demandé aux industriels de fabriquer du vaccin et non pas l’inverse.
La responsable de la prévention vaccinale à Genève a déclaré qu’on ne pouvait pas faire l’impasse sur cette mise en production car il serait trop tard ensuite pour se réveiller.
 
 
 
Bernard Debré est un homme au demeurant attachant, qui s’intéresse à beaucoup de questions de société, qui œuvre aussi en Afrique dans la lutte contre le sida.
 
J’ai du mal à comprendre sa sortie de ce dimanche, visant à appeler à réduire la voilure en matière de préparation vis-à-vis de la pandémie.
 
Mais, il participe parfois aussi à une émission de radio baptisée « Les grandes gueules » qui , souvent, dépasse les limites de l’entendement en matière d’enfilage de perles, de beauferie  et de discussions du type « Penalty bar » où trois ou quatre quidams pensent refaire le monde , forts de leurs certitudes qui n’ont souvent  d’égal que leur incompétence sur les sujets abordés.
 
J’espère simplement qu’il ne s’est pas contaminé au contact de ces personnes.
 
Décidément, un drôle de dimanche entre malaise vagal et un vague air de malaise.

Une course cycliste dont le sponsor fabrique de l'EPO !

On ne doit, paraît-il, pas parler de corde dans la maison d'un pendu. Mais voir une épreuve cycliste parrainée par le fabricant d'une substance utilisée comme dopant met à mal ce dicton.


 

Vendredi soir, un peu insomniaque, je navigue au gré de la télécommande. Ma recherche arrive sur Eurosport qui retransmet en direct le Tour de Californie. Épreuve intéressante car il y a Lance Armstrong qui y participe, ainsi que quelques coureurs de la vieille Europe dont Voigt.

Quelques uns y font aussi leur retour après avoir pris deux ans de suspension pour des affaires de dopage liées à l'EPO ou à des transfusions sanguines à partir de donneurs compatibles.

Ils ont payé, ils reviennent, c'est la règle en espérant qu'ils auront compris. 

Mais ce qui m'a frappé dans cette course c'est le nom du sponsor principal de l'épreuve. J'ai même cru que l'heure tardive altérait mes fonctions intellectuelles. J'ai même un instant douté que la tisane verveine-menthe que j'étais en train de boire ne fût , en fait, une décoction d'herbes interdites à la commercialisation !

Car, devant mes yeux hagards, j'ai lu « AMGEN ». C'est une très florissante société de biotechnologie, qui a mis au point plusieurs molécules très utiles en médecine.

Mais c'est surtout l'un des principaux fabricants de l'érythropoiétine de synthèse, ou, plus prosaïquement, l'EPO 
 

Un fabricant d'EPO sponsor d'une course cycliste, décidément l'Amérique a toujours quelque chose pour nous surprendre.

Petite info pour finir : Armstrong n' a pas brillé dans ce « contre la montre » . gagner un huitième Tour ce n'est pas très sûr, mais ce sera sans doute un équipier redoutable.

Dee à l'endroit et à l'envers

Une fois n’est pas coutume, je ne vais pas parler de santé dans ce billet.
Je voudrais saluer la performance de Dee Caffari, navigatrice britannique qui a terminé sixième de l’édition 2008-2009 du Vendée Globe Challenge.
 
Cette navigatrice a fini sa circumnavigation en étant plutôt ignorée des médias et c’est bien dommage car elle est la seule femme, à ce jour, à avoir fait le tour du monde à l’endroit et à l’envers.
 C"est elle qui détient en effet le record du monde féminin du tour du monde à l’envers en 178 jours et 3 heures.
 
Elle aurait mérité un peu plus d’attention, mais l’actualité est ce qu’elle est et la bête médiatique s’est repue avec la souriante Samantha Davies, elle aussi citoyenne de Sa gracieuse majesté !

Mauvaise science et experts médiatiques , la suite : petit exemple concret.

Le 7 janvier dernier, j'écrivais ici un billet sur les"marchands de peur".

Ces "experts" ont un nombre de passages médiatiques inversement proportionnel aux nombres de publications cientifiques qu'ils ont rédigées sur leur sujet de prédilection.

Parfois un petit lien vaut mieux que de longues disgressions. Aussi vous proposé-je de cliquer ICI et de lire cet article. je l'ai découvert avec beaucoup de retard, près de quatorze mois.

Mais il est assez édifiant.

Vos commentaires seront les bienvenus.

Décès d'un nourrisson : les erreurs qui tuent et les mots qui blessent.

 Vouloir ne rien cacher d'un accident à l'hôpital , c'est louable. Mais gérer une crise ne s'improvise pas. Dans des moments difficiles ou tragiques, il y a des choses qu’on n’a nullement envie d’entendre de la part d’un officiel.

 
Nouveau drame dans un hôpital, avec ce décès d’un enfant de six mois. On apprend qu’il pesait six kilos seulement et qu’il était nourri par voie parentérale en attendant qu’on puisse tenter une greffe de l’intestin grèle.
 
Une pompe électrique chargée de délivrer les solutions nutritives a été mal réglée avec un débit multiplié par dix.
 
L’administration a reconnu l’erreur et même expliqué les causes du drame. C’est un point positif.
 
Mais quand le directeur de l’hôpital explique que l’infirmière était grippée mais qu’elle est venue malgré tout prendre son poste un 1er janvier «  peut-être pas dans un état normal » on se dit que ceux qui ont oublié la grippe ont pu croire qu’il parlait d’un état secondaire au réveillon. Phrase bien malheureuse et juste capable de détériorer l’image de l’hôpital public.
 
Et quand il termine en disant « Nous demandons à la famille d’accepter nos excuses », là on frise un peu l’indécence, par maladresse évidemment.
 
On peut présenter ses excuses à la famille, s’associer à sa peine, comprendre sa douleur, dire combien on est malheureux de cette erreur.
 
Mais en aucun cas on ne peut demander à une famille qui vient de perdre un enfant dont la courte vie a déjà été un supplice, d’accepter des excuses pour une erreur humaine dont l’enquête dira si elle aurait pu être évitée.
 
Je ne suis pas un professionnel de la communication et je n’ai pas une passion énorme pour certains « gourous » qui veulent apprendre aux cadres et aux dirigeants à s’exprimer selon des techniques qu’ils monnayent très cher.
 
Mais dans de telles situations de crise, on ne peut pas dire les choses de façon maladroite.
 
En voulant être à tous prix transparent, on arrive, parfois à passer à côté de choses élémentaires mais essentielles, comme le poids des mots.

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