Les rizières de Longsheng

Comment concilier développement touristique et sauvegarde du paysage et des traditions? C'est un dilemne auquel doit faire face la région de Longsheng, à deux heures de voiture de Guilin, au nord de la Province du Guangxi.

De plus en plus de Chinois viennent voir les rizières en terasse, paysages façonnés par la main de l'homme au cours des siècles passées. Du coup, les hôtels s'ouvrent le long des sentiers et les paysans aménagent aussi leur maison pour proposer des chambres d'hôtes.

Le risque, c'est que de moins en moins de paysans continuent de cultiver le riz pour se consacrer uniquement au tourisme et que les rizières - déja menacées par l'exode des jeunes générations vers les centres industriels - ne soient plus entretenues.

Du coup, les autorités locales tentent de mettre en place des règles pour que tout le monde ait intérêt à maintenir une activité agricole sur place, pour ne pas tuer la poule aux oeufs d'or...

Reportage : Pascal Golomer, Sylvain Giaume et Li Hua

Diffusion : JT 20h du 30 juillet 2009

Dans le Gansu, le désert gagne du terrain

Dans le Nord de la Chine, près de 150 millions d'habitants seraient menacés par la désertification : les tempêtes de sable sont de plus en plus nombreuses, les nappes phréatiques s'assèchent et les précipitations sont en baisse constante.

Dans la province du Gansu, une partie du Comté de Minqin, une oasis connue depuis 2000 ans, se retrouve même engloutie.

Dans les années 50, des dizaines de milliers de paysans étaient venus s'y installer pour travailler la terre. Mais cette agriculture a accéléré le processus de désertification, les ressources en eau se sont taries plus vite que la normale.

Aujourd'hui, le gouvernement local doit donc organiser le déplacement de milliers d'habitants dont les villages sont désormais condamnés à tomber en ruine. Une zone tampon entre les zones irriguées et le désert se forme, on y plante des arbustes résistants en espérant au moins stopper l'avancée du sable.

Reportage de Pascal Golomer, Sylvain Giaume et Li Hua

Diffusion : JT 20h du 28/07/2009

L'inventivité diabolique d'un promoteur immobilier...

Sanxiang City Express, un quotidien régional du Hunan, a révélé au grand jour les méthodes secrètes d'un promoteur immobilier utilisées pour exproprier la famille Hu.

La maison des Hu, un pavillon de 5 étages, a été construite en 1997. Elle habite actuellement les trois générations de la famille qui exploite une petite clinique privée. Mais l'arrivée d'un avis d'expulsion en décembre dernier a brisé brusquement la quiétude du lieu...

Les Hu n'ont point l'idée de quitter leur petit domaine à moins qu'on leur verse une indemnisation colossale de 12 millions de Yuans (plus d'1,2 million d'euros)! Depuis, les cauchemars n'ont jamais cessé de frapper à leur porte.

Tout d'abord, en janvier, les Hu ont vu se dresser devant leur propriété un mur de dix mètres de long qui a bloqué leur entrée. Puis les fils électriques qui alimentaient la clinique ont été coupés, la serrure de la porte remplie d'une colle puissante.

Le 15 juin, Hu Yuejun, sur le chemin du retour vers la maison, a pu échapper aux coups de bâtons d'inconnus grâce aux cris des passants. Le lendemain, deux paquets de crottes ont été déposés devant la porte par deux motards. Le surlendemain, ce sont des serpents qui ont été déposés à l'étage...

Lors de la visite d'un reporter le 21 juillet, trois hommes étaient en train de remplir un étang avec l'eau courante, creusé au nord et à l'est de l'édifice, profond de plusieurs mètres."Nous allons élever des poissons, là-dedans" explique Luo Hongyuan, un responsable du chantier.

"Ils veulent inonder notre maison!" crie Mme Hu en voyant la scène, "ça fait cinq jours et cinq nuits qu'ils mettent de l'eau dans ce grand trou", un trou qui a été fait entre le 26 juin et le 17 juillet, "les travaux ont eu lieu dans la nuit, entre 2 et 4 heures du matin" ajoute-t-elle...

Traduction Enzo Tsai

La médecine chinoise contre la Grippe A

Au début de la pandémie, les autorités chinoises ont pris des mesures drastiques de mise en quarantaine, notamment  pour les touristes en provenance des zones touchées comme le Mexique.

Peu à peu, les mesures de prévention se sont également mises en place. Parmi elles, l'encouragement à utiliser certaines plantes bien connues des spécialistes de la Médecine traditionnelle chinoise.

Durant l'été, le gouvernement a même recommandé l'achat d'un cocktail bien spécifique au prix très modique, excellent rempart contre le virus parait-il...

Du coup, les producteurs et les vendeurs de ces plantes se frottent les mains, le marché risque de devenir très juteux au fur et à mesure que l'automne approche.

Reportage de Pascal Golomer, Sylvain Giaume et Chang Jing

Diffusion : JT 20h du 25/07/2009

Hasard du calendrier...

  

Plusieurs centaines de millions de Chinois viennent de suivre - avec plus ou moins d'attention - l'éclipse totale de soleil la plus longue du 21ème siècle.

Et les medias du monde entier ont rappelé le sens qu'en Chine, les anciennes générations donnaient à ce type d'évènement : par l'éclipse, les Dieux signifiaient à l'Empereur qu'il n'avait pas su maintenir l'harmonie entre la Terre et les Cieux. Mauvais présage donc, punition pour un mauvais gouvernement...

Aujourd'hui, il n'y a plus d'Empereur en Chine mais un Premier Secrétaire du Parti qui ne jure que par la Société Harmonieuse. Et l'éclipse survient au moment même où un scandale de corruption vient éclabousser sa famille!

Le fils de Hu Jintao, Hu Haifeng, a dirigé jusqu'en 2008 la société Nuctech, specialisée dans les appareils de contrôle aux rayons X. Une société en excellente santé : les contrats se sont multipliés ces dernières années, notamment dans des pays qui bénéficiaient par ailleurs de prêts au développement accordés par le gouvernement chinois. De la à parler de mélange des genres, il y a un pas ...Mais la Commission Européenne serait en train d'enquêter sur ces pratiques qu'elle juge anti-concurrentielles.

Le scandale est venu de la Namibie : les autorités ont passé commande de portiques de contrôle pour conteneurs et ont versé une première avance avec de l'argent prêté par la Chine. Mais cet argent - près de 10 millions d'euros quand même - s'est retrouvé en fait sur le compte d'une société écran. Trois responsables de cette société - dont le représentant Chinois de Nuctech en Afrique - ont allègrement vidé le compte pour leurs dépenses personnelles, ils ont été arrêtés.

Depuis 2008, Hu Haifeng est le premier Secrétaire du Parti Communiste (c'est-à-dire le vrai patron) de la holding qui chapeaute Nuctech, une émanation de la prestigieuse Université Tsinghua, à Pékin. Il est donc, à priori, à l'abri du scandale. La Procureure générale de Namibie est tout de même venue à Pékin demander à l'entendre prochainement comme témoin. Ca fait désordre...

Les medias officiels, en tous cas, n'ont pas dit un mot sur l'affaire Nuctech. Le nom est d'ailleurs devenu tabou sur Internet, impossible d'accéder à une quelconque information sur le sujet en chinois..

L'éclipse, en revanche, faisait la Une mais personne n'a voulu voir dans l'évènement le moindre message personnel adressé au fils des Cieux...

Les Ouigours d'Urumqi, une semaine après les émeutes

Une semaine après l'explosion de violence qui aurait fait, d'après les autorités, plus de 180 morts, la vie reprend dans la communauté ouigoure d'Urumqi.

Une communauté qui ne représente que 10% de la population de la ville et qui vit dans quelques quartiers bien distincts.

A l'heure où le gouvernement chinois continue de dénoncer quelques éléments séparatistes qui auraient manipulé la foule depuis l'Etranger, les Ouigours avec lesquels nous avons pu discuter expriment leur désarroi, leur colère à l'égard des Chinois venus d'autre provinces. Mais, la plupart du temps, ils préfèrent ne pas s'exprimer devant la caméra de peur d'être remarqué par la Police.

C'était déja leur réaction avant les émeutes du 5 juillet mais la méfiance s'est encore renforcée depuis. 

Reportage : Pascal Golomer, Sylvain Giaume et Enzo Tsai

Diffusion : JT de TV 5 Monde des 13 et 14 juillet 2009

Urumqi sous extrême tension après les émeutes

Lorsque nous sommes arrivés à Urumqi, trente-six heures après les émeutes, nous nous attendions à trouver une ville sous haute surveillance policière. Nous découvrons des groupes de manifestants de la communauté Han parcourant des rues désertes en criant des slogans nationalistes. Ils sont tous armés de bâtons et de barres de fer, comme d'ailleurs la plupart des rares passants qui circulent. 

Les forces de l'ordre sont là mais n'interviennent pas. Surprenant dans un pays où la moindre manifestation de citoyens est immédiatement interrompue...

Ces manifestants veulent s'en prendre aux Ouigours, par vengeance après les violences du 5 juillet. Nous assistons à l'une de leurs incursions dans un quartier musulman qui ne se soldera que par quelques échanges de coups. Mais d'après plusieurs témoignages, il y aurait eu dans d'autres quartiers d'autres affrontements plus graves.

Ni les autorités chinoises, ni les médias officiels n'ont fait état de ces incidents.

Reportage de Pascal Golomer, Sylvain Giaume et Enzo Tsai

Diffusion : JT 20h du 7 juillet 2009

Xinjiang : premières images de la tv chinoise

Quelques heures seulement après avoir annoncé que des violences avaient éclaté dans les rues de Urumqi, au Xinjiang, les autorités chinoises ont décidé de diffuser certaines images à la télévision.

A ce moment, les informations sont encore parcellaires, le bilan est passé brutalement de 3 à 140 morts. Mais le gouvernement accuse déja les organisations ouigoures basées à l'Etranger d'avoir préparé activement un complot destiné à déstabiliser la région.

A ce jour, aucune preuve d'un tel complot n'a encore été présentée mais des centaines de Ouigours ont été entretemps arrêtés. Le chef du Parti Communiste d'Urumqi a déja promis la peine de mort à ceux qui seront jugés coupables de meurtre.

Sujet de Pascal Golomer, Sylvain Giaume et Enzo Tsai.

Difusion : JT 20h du 6 juillet 2009. 

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